Louis Marette empoisonne Mazères

Louis Marette et le verre de l'amitié.

Louis Marette et le verre de l'amitié.

RADIO-MAZÈRES est diffusé dans les rues de Mazères par le moyen de haut-parleurs à chambre de compression. On y annonce les funérailles, les fêtes, les évènements sportifs et culturels. C’est pratique. Mais il arrive à Louis Marette, maire de Mazères et conseiller général, de détourner cet usage au profit de son goût immodéré pour ce qu’il appelle le « devoir de mémoire »

Mazères, qui est peuplé par 3000 citoyens de tous âges, ne compte pas moins de 50 associations festives et sportives. Le ratio Mazériens/Associations est exceptionnellement élevé, mais ne prête pas, pour l’instant du moins, à discussion. D’autant que Louis Marette n’intervient dans cette orgie associative que deux fois: dans la promotion du tourisme et dans celle du drapeau tricolore.

Le monument aux morts de Mazères est classé « monument historique ». L’engin ne mériterait pas qu’on s’y arrête tant il horriblement esthétique, mais la liste des morts est longue et la statue du soldat qui s’y dresse est plutôt réussie. Par contre, la soi-disant devise de Mazères, « Le bras armé pour te servir », surmonte ce déplorable gâteau d’anniversaire. Louis Marette, paré de son petit air garçon ou efféminé, s’y produit régulièrement, car il s’est ici promu garant du « devoir de mémoire »

Rappelons que la Constitution de notre république ne prévoit aucun devoir de mémoire. Dans ce pays qui survit tant bien que mal aux nostalgies de l’Ancien régime et aux forces secrètes de la « révolution nationale » d’inspiration pétainiste, il revient aux institutions civiques d’orienter l’esprit des Français vers la pratique de l’Histoire qui est une science humaine des plus appréciables et appréciées. En démocratie, à chacun d’étudier les faits et les personnages et de s’en faire une idée. À la place de cette pratique salutaire, Louis Marette veut imposer un « devoir de mémoire », prenant le risque d’empoisonner notre sérénité citoyenne avec des idées d’un autre âge.

Certes, ce pays doit beaucoup à tous ceux qui ont été traumatisés ou détruits par les combats où les gouvernements se sont engagés pour des raisons qu’il appartient à chacun d’apprécier en fonction, non pas d’un « devoir », mais de la curiosité et de l’honnêneté intellectuelle que l’Histoire inspire aux honnêtes gens que nous sommes.

Ainsi, à Chalabre notre belle voisine et dans tant d’autres cités, le monument aux morts est d’une simplicité esthétique exemplaire et ses inscriptions centrées sur cette parole profondément humaine: « À nos enfants, victimes de la guerre. » La France, en effet, n’est pas une nation de domestiques.

Mais Louis Marette, qui pratique la chasse aux petits animaux comme tous les imbéciles, ne l’entend pas de cette oreille. Et le voilà beuglant dans un microphone pour que son « devoir de mémoire » inonde les rues de Mazères à la date des journées commémoratives destinées à la fois aux familles qui se souviennent encore et à ceux qui ont assez d’imagination et peut-être d’expérience pour se mettre à leur place.

Et les haut-parleurs à chambre de compression, qui côtoient quelquefois les caméras de vidéosurveillance, crachent leur musique militaire qui n’a évidemment rien à voir avec le sang versé ni avec le deuil et les cauchemars.

Que sait Louis Marette de cette souffrance? Rien, sans doute. Car ceux qui savent se taisent toujours tant il est difficile de s’exprimer sur des sujets aussi tragiques.

Que ceux qui connaissent un véritable Résistant ou Combattant qui parle couramment de ses tragédies se lèvent! Il sera alors facile de démontrer preuves en main qu’il peuvent se rasseoir pour respecter au moins le silence que mérite la mémoire authentique de ceux dont l’existence a été gâchée par une guerre.

Sans oublier que le « travail » ne se montre pas moins destructeur sur tous les chantiers où on n’a guère le loisir de s’alcooliser…

Mais Louis Marette est un domestique zélé et particulièrement prompt à lever son verre. Il en sera question ici sous peu…

 

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