Louis Marette ternit l’image de la France

Les chiens de Marette (et non pas de Mazères) sont-ils racistes ? On peut en effet se poser la question.

Mazeres - chasseurs à table

Mazeres - chasseurs à table

Bouteilles d’eau – rouges les verres

Mazères vit depuis de nombreuses années sous l’influence des chasseurs, ou plus précisément d’un groupe de chasseurs menés au front par Jean-Louis Bousquet, maître d’école en retraite et conseiller (de mauvais conseil du point de vue du civisme moderne) municipal.

Ces chasseurs espèrent centrer la vie sociale mazérienne en entretenant un soi-disant « domaine des oiseaux » où les oiseaux sont aussi rares que les visiteurs. En effet, ceux-ci sont d’abord frappés par la pauvreté de la faune et de la flore de ces anciennes gravières qui ont participé à la construction de l’autoroute et qui d’ailleurs se répartissent de chaque côté d’une nuisance qu’on imagine peu compatible avec l’accueil d’oiseaux à la recherche de la tranquillité. La sécurité y est assurée (que les oiseaux et les passants se rassurent) par l’interdiction de chasser.

Ce « domaine » est, selon les édiles chasseurs, le « fleuron de Mazères ».

Et non contents de le gérer en dépit du bon sens, ces édiles chasseurs ont instauré, au beau milieu de l’été, une « fête du chien » qui n’est pas, on s’en doute, une fête du chien, mais une célébration de la chasse.

LES FAITS :

C’est donc le jour de la saint Hubert, patron des chasseurs et des forestiers, que des chiens de chasse sont réunis sous la halle de Mazères, laquelle est accolée à l’église dans un ensemble déplorable du point de vue architectural, ce qui est bien dommage pour le petit couvert médiéval, magnifique lui, qui les jouxte dans leur ombre.

Jusque-là, il n’y a rien d’extraordinaire. D’ailleurs, certains éleveurs connaissent leur métier et suscitent la curiosité du quidam. Pourquoi ne pas en profiter pour s’instruire sur ce cas particulier du chien qu’est le chien de chasse ?

Mais arrive Louis Marette et son curé. Ou l’inverse.

Mazères - Le curé bénit des chiens

Mazères - Le curé bénit des chiens

Nous n’aurons pas le choix, qu’on se le dise, entre le verre de l’amitié et le calice dont on ne sait toujours pas s’il contient du sang ou du vin tellement cette histoire est alambiquée. Globalement, il y a du pinard dans l’air et peu importe le contenant.

Le curé est en habit de cérémonie, ce qui est strictement interdit par la Loi républicaine. Mais, dans un esprit de tolérance, il est juste de permettre aux religieux, quelle que soit leur doctrine, de paraître de temps en temps en dehors des locaux qui leur sont en général réservés et dont ils ne doivent en principe pas sortir sous peine d’amende.

À ce sujet, il serait peut-être bon de pratiquer la tolérance jusqu’au bout comme le faisait l’envahisseur civilisateur en Andalousie et jusqu’en Septimanie. C’est un autre sujet…

Voici donc réunis sur la place des chiens, des chasseurs et des hommes, des femmes et leurs enfants.

Louis Marette prononce un discours décousu, avec des arguments de chasseur « attaqué de toute part » et une langue française peut-être estropiée par Jean-Louis Bousquet qu’on soupçonne d’être l’auteur des allocutions officielles.

Rappelons que l’association de chasseurs qu’il préside n’a pas d’autre objectif que « d’aménager le territoire, favoriser le développement de la biodiversité pour permettre la pratique d’une chasse durable. »

Jean-Louis Bousquet en chienchien

Jean-Louis Bousquet en chienchien

Nous en reparlerons…

Puis le curé se redresse, sort son goupillon non pas de sa braguette, — car depuis Panurge on ne se sert plus de cet endroit pour ranger les choses, surtout quand on est curé et que l’on ne s’en sert que pour pisser — mais de son calice ou autre engin servant à chasser les démons.

Et l’eau, préalablement bénite par des paroles dignes de Harry Potter, retombe en gouttes « sacrées » sur le pelage de ces animaux qui, on s’en doute, ont apprécié la douche.

Le touriste et le citoyen ordinaire assistent à cette caleçonnade en se disant que la France des campagnes est encore un peu anachronique, mais que ce ne n’est au fond pas bien grave, car c’est vraiment très rigolo.

CONCLUSION :

Dans un récent discours, Louis Marette, maire de Mazères, reconnaissait qu’il fallait « redorer l’image du chasseur ».

Passons sur la confusion entre blason et image. Louis Marette n’est pas un homme de culture. Ses imitations sont involontairement comiques, comme il sied à un chasseur, surtout quand il emprunte à l’aristocratie ce qu’il ne possède évidemment pas.

La neuvième Fête du Chien, de la Chasse et de la Nature de Mazères a été l’occasion, pour le touriste surtout, de se faire une idée de « l’image du chasseur » telle qu’elle est retournée par l’actualité.

Deux loubards à la dérive

Deux loubards à la dérive

Voici, micro en main, le président, Jean-Louis Bousquet, et, les bras croisés, Louis Marette lui-même. Petits gabarits mal fringués pour la circonstance. Ils sont « attaqués de toute part » et ils vont, c’est juré, « redorer l’image du chasseur ». Allez Hop ! Un verre de l’amitié… puis deux… puis trois…

La dégaine de ces deux « résistants » prête à rire, mais ce n’est pas cette apparence qui ternit l’image de la France.

La bouteille d’eau qui sépare ces deux édiles est un leurre.

Pourtant, ce n’est pas sur le verre de l’amitié que se porte alors l’attention du visiteur médusé.

Pauvre gosse de Mazères

Pauvre gosse de Mazères

« A propos de relève, la motivation est déjà là… » nous annonce Louis Marette.

La bouteille aussi est déjà là.

Elle n’y serait pas si le verre si cher à Louis Marette était enfin jeté aux oubliettes au nom de la modernité et du civisme.

Seulement, Louis Marette tient à son verre.

Il doit contenir de la dorure « spéciale chasse » en plus de ce qu’il contient, ce qui ne le rend pas indigeste, nous assure Louis Marette.

Au pays du Boucher de Montaillou et du Camp du Vernet, on a du souci à se faire.

Si la France change, il est évident que ce n’est pas à Mazères.

Et si Mazères veut changer, il faut inviter certains chasseurs à boire en famille sans répandre leur vomi sur la place publique, même pour bénir des chiens.

 

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