Louis Marette est un mauvais gaulliste

Un peu grand le képi de Louis Marette !

Un peu grand le képi de Louis Marette !


 

La charge de Rasco contre Louis Marette est un vrai plaisir à lire, mais ne croyez-vous pas que ce genre d’offensive nuit un peu quand même aux idées ?

 

Je suis mazérien depuis plus de dix ans. Louis Marette était déjà maire du village. On me l’a alors décrit comme un « valet » d’André Trigano (pas comme son « dauphin ») et comme quelqu’un de pas très intelligent, voire de complètement idiot selon certains.

Passons sur le reste… Rasco nous dit que Louis Marette n’est pas un gaulliste parce qu’il n’a pas participé à la libération de la France sous la houlette du général de Gaulle. Il se trompe. À l’époque, il y a le général de Gaulle et les « gaullistes », c’est-à-dire ceux qui l’ont suivi. Le gaullisme n’existe pas encore vraiment. Il faut considérer que le gaullisme, en tant que doctrine politique, est né officiellement avec la Constitution de la Ve République. Louis Marette a sans doute fait partie de l’immense majorité de Français qui l’ont votée. Et il l’a ensuite défendue, certes pas à un haut niveau, notamment en s’engageant dans la politique locale.

 

Cependant, il a trahi cette Constitution. Et ce, pour des raisons purement électoralistes. Cet égoïsme est tout simplement inacceptable et je ne l’accepte pas.

Je pense, avec beaucoup de Français, et avec tous les gaullistes « purs et durs », que cette Ve Constitution a sauvé la France du chaos qui marque son Histoire depuis toujours. C’est un texte intelligent et nécessaire. Et la moindre des choses de la part d’un gaulliste, c’est de ne pas en toucher les grands principes. Or, Louis Marette, sans doute parce qu’il n’est pas gaulliste et plus encore parce qu’il n’est pas capable de comprendre ce qu’est profondément le gaullisme, Louis Marette viole ces principes, non pas pour éventuellement en corriger les défauts, mais pour se faire de la place. C’est un petit ambitieux local que je dénonce à ma manière, c’est-à-dire comme homme de droite et… gaulliste.

 

La Ve Constitution s’est attaquée enfin, après mille ans d’Histoire souvent tragique, aux grands maux de la Nation. À savoir :

 

— L’Armée.

— La Magistrature.

— Les Autorités locales.

 

La question de l’Église de France est résolue depuis longtemps. Les monarchies l’ont d’abord maîtrisée et finalement la IIIe République lui a fixé des limites auxquelles son action est maintenant réduite dans le respect de la laïcité et de la foi. C’est très bien ainsi. Bien sûr, en tant que croyant, je suis extrêmement choqué par les exhibitions de Louis Marette en « chasseur catholique » et surtout par l’attitude provocante du curé de Mazères.

 

La question de l’Armée :

 

Elle est résolue par la Constitution qui l’écarte clairement du pouvoir. Et les militaires ont reçu une belle compensation en disposant du droit de vote comme n’importe quels citoyens. Quant à l’Armée elle-même, elle a obtenu un certain droit de regard sur la société civile en conservant sa Gendarmerie. Ce privilège est sans doute un problème. Le résoudre, c’est intégrer la gendarmerie à la police, nationale ou municipale. Cela viendra un jour. Il n’y a pas d’autre solution dans une démocratie digne de ce nom. L’Armée doit disparaître complètement de la vie civile au profit des autorités locales, voire nationales. Sans perdre de vue toutefois que seules les anciennes dictatures entretiennent une police nationale : Allemagne, France, Italie, Espagne…

 

La question de la Magistrature :

 

Les « Parlements », comme l’Armée, ont été un des plus graves fléaux de la Nation. Jusque sous l’Occupation où les comportements des magistrats n’ont pas été, c’est le moins qu’on puisse dire (mais on peut en dire autant de la gendarmerie et de la police nationale), ni clairs ni clairement engagés dans la Résistance qui était le devoir de tout civil à l’époque. Pour corriger ces comportements inadmissibles en démocratie, la Constitution supprime tout pouvoir à la Magistrature. Et c’est clair : la Justice est une administration comme les autres, les magistrats sont de simples fonctionnaires et c’est le Président de la République qui est garant de la Justice devant le peuple. En retour, les magistrats bénéficient d’un emploi et ils peuvent, comme les militaires, participer aux élections populaires. Dernièrement, les parlementaires ont eu raison de rejeter une proposition visant à interdire aux magistrats de recevoir des médailles que les Ordres (ce mot fait peur) octroient aux citoyens qui selon eux le méritent. Les magistrats sont des citoyens comme les autres.

 

La question du pouvoir local :

 

Les pouvoirs locaux (mairies, conseils généraux et régionaux), substituts des institutions de l’Ancien régime, sont responsables de certains des pires tragédies et troubles que la nation ait vécus. La Constitution résout aussi ce problème :

 

— Le Peuple est représenté par les députés, responsables politiques qui portent sa parole au niveau du gouvernement et de l’État.

 

— Les pouvoirs locaux disposent, à ce même niveau, des sénateurs qu’ils élisent.

 

Dans un esprit gaulliste pur et dur, le Sénat (ce « machin » disait de Gaulle) est une compensation offerte aux pouvoirs locaux (ou « territoriaux »). Rien de plus. Et comme la Gendarmerie doit disparaître, le Sénat finira à la poubelle. Il demeure cependant aujourd’hui l’expression au niveau national de nos divers élus locaux, dont Louis Marette qui arbore la double casquette de maire et de conseiller général.

 

Alors en quoi Louis Marette est-il un mauvais gaulliste ?

 

Sur la question de l’Église, à mon avis secondaire (même si cela inspire à Rasco des rythmes bien français), Louis Marette se comporte comme l’idiot du village et cela ne lui fait pas honneur. Mais ce n’est pas grave. C’est simplement amusant. Il n’y a pas de quoi « s’indigner » de son comportement de chasseur tartarin. Il a le droit de se prétendre gaulliste et de se comporter comme un clown !

 

Sur la question de l’Armée, les accointances de Louis Marette avec elle, et notamment avec la gendarmerie, sont inquiétantes tout au plus. Il s’est emparé du « devoir de mémoire », oubliant un peu vite que ce n’est pas un devoir constitutionnel, mais quelque chose de purement familial et aussi de strictement historique. Là encore, vous avez raison de dire qu’il « ternit l’image de la France ». Il faudrait changer d’époque.

 

Sur la question de la justice, on signale de nombreuses violations du droit par Louis Marette qui se comporterait comme un fasciste. On en parle. Personnellement, je pense que cette regrettable propension au délit est la conséquence d’une intelligence limitée à quelques principes dépassés. La question est en suspens.

 

Sur la question des pouvoirs locaux, autrement dit de la réforme territoriale, Louis Marette apparaît clairement comme un antigaulliste. Alors que cette réforme tend à limiter encore le pouvoir territorial dans l’esprit de la Constitution, Louis Marette prétend se braquer contre elle pour « défendre l’intérêt des citoyens ». Mais les défendre contre quoi ? Contre le gaullisme ? Disons plutôt qu’il songe à lui, à la bonne place acquise par la grâce d’André Trigano, et à tous les avantages que cela suppose, notamment quand il s’agit de pistonner.

 

Non, Louis Marette n’est pas un gaulliste. C’est un triste produit de la vie locale, hélas. Et hélas, les principes de la Ve Constitution sont nécessaires. Dans quel sens évoluerons-nous ensemble ? En dehors de toute question religieuse, il faudra que l’Armée trouve sa place sans « surveiller » les civils, il faudra que les magistrats acceptent de se comporter en esprits indépendants et soient élus comme l’exige la démocratie, et il faudra que les élus locaux cessent de se comporter comme des pitres ou des brigands pour que leur participation à la politique nationale soit enfin un fait (un vrai et digne Sénat). Voilà comment la Ve Constitution replace la République française sur le chemin d’une Histoire qui est d’abord celle de la démocratie. Rasco et les autres ont raison de qualifier Louis Marette de pétainiste. Il l’est ! Mais, à mon avis, plus par bêtise que par véritable projet politique. En tout cas, l’Assemblé nationale n’en veut pas pour membre. Et on voit mal les instances nationales de l’UMP lui proposer un siège de sénateur ! Il ne manquerait plus que ça.

 

Je ne suis pas d’accord avec vos idées gauchistes. Mais elles secouent un peu le prunier, il faut l’avouer. En espérant que Nicolas Sarkozy sera réélu pour un deuxième mandat, et ce dans le droit fil des grands principes de la Ve Constitution.

 

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