Sarkozy est un pétainiste

 

C’est dans l’air. Il s’agit bien sûr de l’air nauséabond des périodes électorales quand elles concernent l’élection du président-roi des Français. Mathieu Kassowitz ne vient-il pas de déclarer que si Nicolas Sarkozy est réélu, ce sera la France des collabos néo-fascistes qui l’aura emporté.

D’où vient ce sentiment extrême et chaleureux au fond ?

On peut en dater l’apparition en 2007, quand Sarkozy est élu président et qu’Alain Badiou publie son essai-pamphlet « De quoi Sarkozy est-il le nom ? »

Grosso modo, il y traite Sarkozy de « pétainiste » et d’ « homme aux rats ».

Assez curieusement, on ne reprochera pas alors à Badiou d’avoir assimilé Sarkozy au pétainisme. Pas vraiment. Pierre Assouline s’indignera plutôt de l’homme aux rats, plus des rats que de l’homme d’ailleurs.

Aucune poursuite ne fut engagée pour contraindre Badiou à plus de… mesure. Au contraire, son ouvrage se vendit à 60000 exemplaires et continue de se vendre comme s’il venait d’être écrit !

Il est vrai que Badiou avait pris quelques précautions dialectiques. Il nous expliqua fort clairement qu’il n’y avait aucune « similitude » entre Pétain et Sarkozy, mais une « analogie formelle ». Il qualifia, dans la ligne du criticisme kantien, ce néo-pétainisme de « transcendantal ».

On lira ici la présentation de son ouvrage par l’éditeur, ainsi que quelques extraits. Louis Marette en fera un meilleur usage que du missel.

 

 

Pour illustrer le propos de Badiou, on pourrait dire que ceci

 

 

n’est pas un phénomène, mais un noumème. Lequel échappe à toute tentative d’analyse phénoménologique.

Une meilleure illustration consisterait en ceci :

 

 

Image certes un peu scabreuse, mais qui rejoint le pamphlet que Badiou place au bout de son analyse.

Autrement dit, mais dans la même optique, Gérard Miller, dont on peut lire ici

 

 

un article paru dans le Monde, Gérard Miller évoque ce qu’on pourrait appeler un « pétainisme béotien ». En voici une interprétation :

 

 

Tout cela est bien joli, et c’est sans doute vrai, aussi vrai que l’avertissement de Kassowitz, mais notre mouvement municipal, quoique très intéressé par la philosophie, n’y est pas tout à fait.

Notre objectif étant de ridiculiser Louis Marette autant que c’est encore possible, de fragiliser non pas son honneur, lequel ne vaut évidemment pas mieux que le nôtre, mais de mettre en évidence son orgueil, quitte à l’envoyer en Enfer comme le promettent les principes de sa superstition catholique. Des fois, on a vraiment envie d’y croire !

Pour ce qui nous concerne, nous n’adhérons pas tout à fait à la vision historique d’Alain Badiou, pas plus qu’à la tragédie nationale poussée devant par Gérard Miller.

Nous pensons, mais nous nous trompons peut être, que le pétainisme est un cadavre. Une sorte de ‘patamène.

Nous nous en expliquerons.

Mais si ce que nous pensons est au moins un peu vrai, voir réel, alors les pétainistes sont non pas des « transcendantaux », ni des « béotiens », mais ce qu’il convient d’appeler des « zombies ».

Ah ! Les films de George Romero nous reviennent en mémoire ! Notamment Dawn of the dead.

Encore qu’il soit juste de se demander si le « pétainisme zombie » est un pétainisme. Oui, s’il s’agit-là de réalisme, et alors Jean-François Khan nous explique que « le réalisme est un pétainisme »… Peut-être vaudrait-il mieux s’en tenir à la thèse de notre ami gaulliste (ce que nous ne sommes pas) dans son excellente intervention du 18 décembre 2011

Car, sadat ou sadati, que sont et que peuvent être ces « miliciens » qui s’expriment aujourd’hui dans des mouvement accessoires comme ces « Voisins vigilants » ?

Une Milice de petits vieux !

Vieux et cons à la fois, ce qui constitue la condition suffisante pour quitter ce monde sans inspirer le regret à qui que ce soit !

Des vieux qui carburent un peu au Ricard, certes, mais pas trop parce qu’ils n’ont plus la santé, n’est-ce pas ? On trouvera dans leurs verres plutôt des traces de Témesta, de Diazépan, de bêtabloquants, de diurétiques, de vasodilatateurs et autres anticoagulants !

Les néo-pétainistes de nos villages agissent derrière leurs fenêtres sans mettre le nez dehors !

Et au lieu de téléphoner à la gendarmerie dans l’instant même où ils sont (seraient) les témoins d’un délit ou d’une incivilité, ils se « réfèrent » à un autre âne de leur espèce.

Certes, il leur arrive de recruter de ces jeunes paumés qui pour un bout de pain ou d’ « honneur » sont capables d’aller trop loin dans leur sens. C’est arrivé plus d’une fois à Mazères. Mais globalement, ces miliciens sont des petits vieux sans avenir. Il ne serait sans doute pas difficile de démontrer qu’ils présentent les quatre critères sur sept qui définissent la psychose paranoïaque !

Du coup, voici le Louis Marette à qui nous avons affaire :

 

 

Imaginez l’effet au sein de l’église !

Quelle frayeur il inspire le papi en décomposition ! Rien à voir avec Darnand, en effet !

*

Après deux ans d’existence, il apparaît clairement que cette opération uèmpiste est un échec. Les Français ne sont plus pétainistes. Et quand ils le sont, jeunes ou vieux, ce sont des zombies dont il n’est pas interdit de se moquer ouvertement, histoire de les obliger à exhiber leurs médailles en chocolat, leur honneur de pacotille, alors que les uns sont tout simplement des malades de la tête et quelques autres, dont Louis Marette, des orgueilleux qui se prennent pour des soldats et qui ne sont que des cadavres.

Dans cet accoutrement, il leur sera difficile de donner raison à Mathieu Kassowitz et la tragédie nationale crainte par Alain Badiou et Gérard Miller fait un bide dès son lever de rideau.

Mais tous les petits vieux ne sont pas des cons. Au contraire, et particulièrement à Mazères, ils ont la tête sur les épaules.

On voit bien ici qu’une augmentation du nombre de petits vieux zombies pose le problème de leur gestation : avec quoi se reproduirait-ils ? Avec des conneries pour meubler leurs conversations indignes de leurs petits enfants ?

Certains, peu enclins à donner à l’esprit de collaboration, préconisent une augmentation des effectifs de la gendarmerie. Sage naïveté !

Jouer sur ce critère, même en salle d’expérimentation, révèle

— qu’une augmentation des effectifs de la gendarmerie abaisse le niveau cérébral de la Nation, c’est bien connu, et que c’est mauvais pour le capitalisme qui a plutôt besoin d’énergie créative.

— qu’une diminution entraîne une forte croissance démographique et que c’est bon malgré tout pour le capitalisme.

Forcément, dans ces conditions, le cœur balance. Et c’est là que tout se joue.

Mais plutôt que de jouer avec les hommes secoués dans un cornet, n’est-il pas plus judicieux de revenir aux principes de la Philosophie ?

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire, » écrit Voltaire.

Et c’est bien tout le fond de notre pensée :

— Les superstitions religieuses, trop souvent appelée croyances, et particulièrement le catholicisme, constituent une marque flagrante d’inculture ; la preuve en est que quand elles se confrontent, on assiste à des débats aussi vaseux que ceux proposés par Nicolas Sarkozy et ses « rats » sur des sujets qui ne regardent pas l’État.

— La peur diffusée par ces « pétainistes », qu’ils soient transcendantaux, béotiens ou zombies, finalement se traduit par un marketing sécuritaire qui constitue une
grosse saloperie comme on en avait plus observé d’aussi basse depuis la Libération.

Au fond, c’est la lutte de l’esprit philosophique contre la connerie considérée comme le nœud gordien de l’intolérance. Rien de très nouveau.

 

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