Louis Marette fait chier

 

Exclusif !

Louis Marette et Johnny Rasco (dit JR, le personnage de Gaddis[1], pas l’autre !) ont dialogué devant
les caméras de MCM*.

L’entretien s’est tenu sous la halle Saint-Volusien spécialement aménagée pour la circonstance.

La lourde porte du Palais de justice venait de claquer dans le dos de Louis Marette, coupant le cri lancé de l’intérieur : « Vous me faites chier, Marette ! »

Happé par des circonstances inhabituelles pour lui, Louis Marette s’est retrouvé assis devant un micro à deux pas des reliques du saint.

Tout de suite, JR a attaqué, dans son style sans ambages :

JR — Sarkozy veut se faire passer pour un brave type, mais c’est tout le contraire !

Louis Marette — Je serais méchant moi aussi dans un lit aussi bien garni !

JR — Tu ne préfères pas qu’on parle d’autre chose que de cul ? Je te propose de ne parler ni de cul ni d’alcool. Sinon je vais t’insulter…

— En parlant de cul, vous m’avez traité de « cave » et ça, je ne l’accepte pas !

JR — Mais qu’est-ce que tu es bête, Loulou ! Le cave est au voleur ce que le gadjo est au Gitan, ou le goy pour les Juifs. Mais tu n’es pas assez cultivé pour le savoir. Oh ! La preuve de nos allégations ! Un cave, Loulou, pour la Coquille, c’est un type comme toi et moi. Non seulement il paye les filles rubis sur l’ongle, mais il est assez con pour honorer ses impôts sans broncher. Dans le genre larbin, on ne fait pas mieux. Enfin, c’est le point de vue du voleur, en argot. Mais ni toi ni moi ne sommes des voleurs. Tu devrais lire Henry-David Thoreau[2] pour te cultiver un peu à l’endroit de la liberté.

— Vous allez peut-être me dire que vous êtes moins domestiqué que moi !

JR — En tous cas, je n’ai pas sombré dans le droitisme. Tiens, comme on est bon chien, on te traite de kave, avec un k.

— Mais c’est pas dans le diksionnaire !

JR — C’est pour que tu puisses aller te plaindre.

« Madame la présidente, JR y m’a traité de kave !

— Ça veut rien dire avec un k !

— Si ça voulait rien dire, il m’aurait pas traité…

— Vous me faites chier ! »

Quel caca ! D’ailleurs, le Cave de Simonin[3], celui qui se rebiffe, n’en est pas un : il se rebiffe et c’est sa poule qui est gros jean comme devant. Il est sauvé par le Dabe qui en fait un voleur. C’est qui ton dabe, Loulou ? C’est qui qui te sauve de la domesticité mais pas de la naïveté ?

— Putain ! C’est compliqué la littérature !

JR — Si tu étais plus cultivé, Loulou, tu réfléchirais avant de te plaindre. Tu n’as pas pensé non plus aux « Caves du Vatican[4] » ?

— Qué ?

JR — Tu ferais bien de t’inscrire à la bibliothèque avant de sortir de chez toi, Loulou. Tu as l’air vraiment… tu vois ce que je veux dire ? C’est compliqué la vie. Faut pas croire tout ce que te raconte Sarkozy. C’est pas à droite que ça se complique. Et si c’est pas compliqué, Loulou, c’est que c’est con. Qu’est-ce que tu aurais dit si on t’avait traité de goy ? « Sales Juifs ! » ?

— Je suis pas raciste !

JR — Mais tu n’es pas intelligent non plus, gadjo.

— Vous êtes un… un… gringo !

JR — Ah ! ça, Loulou, c’est pas une insulte. C’est une erreur. Et j’ai même pas envie de la corriger tellement je suis pas sûr que tu comprennes.

— J’suis pas bête, je suis maire !

JR — Bon. Si tu n’as plus rien à dire…

— Vous m’avez traité de pétainiste !

JR — À aucun moment ! C’est Sarkozy qu’on traite de pétainiste[5]. Et on a le droit de te traiter de ce qu’on veut si tu continues de coller tes affiches sur les nôtres.

— Vous m’avez traité de salaud !

JR — Parce que tu nous donnes la nausée[6]. Et comme on n’a pas envie de se rendre malade, on rigole parce que t’as vraiment une tête à claque molle.

— C’est compliqué, la philosophie, mais je suis cultivé !

JR — Les patates aussi sont cultivées, mais ça les rend pas intelligentes[7].

— Je sais des choses que vous savez même pas ce que c’est !

JR — Que si on les sait pas, Loulou, c’est tu es le seul à les savoir, comme font les patates, qu’elles sont tellement bêtes** qu’on sait même pas à quoi elles pensent.

— Et que je suis le larbin de personne en particulier !

JR — Et que tu l’es en général ! Conformiste, banal, noumène[8] ! Tu n’as pas que des qualités. Et tu recouvres à peu près tous les sens accordés au mot (sauf le Littré[9] qui n’en sait rien parce que c’est pas, encore, un mot français). Ce qui en fait des nuances ! Mais tu es tellement bête que tu ne saurais pas le déconstruire, ce mot ! Alors tu te plains et tu te rends encore plus bête que tu n’es !

— Et le campin ? Et le Domain ? Et le musé ? Et le RSA ? Vous n’en parlez jamais, preuve que vous êtes de mauvaise foi !

JR — Si tu savais lire, Loulou, tu saurais déjà que le travail du satiriste, œuvre littéraire et non journalistique, est un pont jeté entre l’existence de tous les jours et l’image que nous renvoie la Dépêche, entre autres quotidiens. On n’est pas des journalistes. Mais si on fait bien notre travail en attirant leur attention sur ta personnalité troublente[10] alors ils seront peut-être intéressés par une petite enquête sur tes activités, des fois qu’ils y trouvent à redire. Nous n’avons pas d’autre ambition. Tu ne sais pas qu’elle est la différence entre une œuvre littéraire et une enquête ? La même qui existe entre ceci[11] :

 

Premier usage du drapeau

 

et ceci[12] :

 

Autre usage du drapeau

 

À Mazères, souriez ! Vous êtes filmé ! Sauf que notre film à nous, Loulou, n’a rien à voir avec la délation que tu prétends inspirer à nos enfants. On t’a pas demandé de toucher à leurs cheveux. Et gare à pas nous faire passer pour des indésirables ! Pour paraphraser notre Justice nationale, que tu n’as pas consultée avant parce que tu ne sais pas te cultiver à l’heure de notre temps, ce qui est un signe de grande foutaise de la part d’un politicien, nous dirions que notre blog « ne repose que sur une présentation générale [te] tournant en ridicule à travers le prisme caricatural d’une vision orientée et partiale de [ta] politique locale ou de [ta] personnalité sans imputer spécialement au maire, ou au candidat, de faits précis de nature à porter, par eux-mêmes, atteinte à [ton] honneur ou à [ta] considération.[13] » On n’est pas si con que ça !

Sortie de Louis Marette qui quitte la halle Saint-Volusien, semble vouloir pénétrer dans les lieux saints, se ravise visiblement en se grattant le cul et s’engouffre dans les locaux de la préfecture où nous ne le suivons pas à cause d’une sentinelle rougeoyante comme un gyrophare ou un feu de bivouac selon l’idiosyncrasie de chacun comme il est dit pour conclure Paludes[14] sans conclure.


 

* Mouvement Contre Marette.

** À Mazères, on se traite de bête à peine qu’on se traite. C’est d’ailleurs le titre d’un roman d’André Trigano, La traite des bêtes, qui se passe en Basse-Ariège. Il écrit pas bien, le Dédé, mais il sait de quoi il parle, Hu !

NOTES pour aider Louis Marette à se cultiver.

[1] Chez Plon, traduction de Marc Cholodenko (idée pour la bibliothèque municipale).

[2] Chez Mille et une nuits…

[3] Chez La manufacture.

[4] Chez Gallimard.

[5] Alain Badiou chez Nouvelles Éditions Lignes.

[6] Gallimard.

[7] Aucune référence sérieuse, avouons-le.

[8] Kant.

[9] Chez Murielle Descerisiers – http://dictionnaire-le-littre.googlecode.com/

[10] Contraction de trouble et de lente. Voir Lewis Carroll et James Joyce.

[11] Frédéric Laurent (sur Internet).

[12] Dans une poubelle, avouons-le.

[13] Jurisprudence…

[14] Gallimard.

 

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