Rencontre du troisième type (gonzo)

 


Il y a de certaines femmes qui ressemblent au ruban de la Légion d’honneur. On n’en veut plus parce qu’elles se sont salies à de certains hommes. Baudelaire.



Foix, 6 avril 2012. 10 heures du mat et des rinçures.

On n’est pas à Pédonzigue, mais ça y ressemble dès qu’on se rapproche du palais de justice. C’est tellement mouillé que ça a l’air sale. Les SDF font leurs lits entre les murs, sous le ciel. La halle peine à grouiller. On est vendredi saint et les gens se préparent à bouffer du poisson avec plus de conscience que d’habitude. Au pied du château, des touristes espagnols constatent avec aigreur qu’ils auraient pu garer leur voiture plus près, mais quand ils sont arrivés ce matin, la grille du palais de justice était fermée. Un panneau indique : « Parking privé ».

— C’est de l’anglais, dit l’un d’eux.

— On aurait pu se garer plus près si ç’avait été de l’espagnol, insiste un autre.

Ils montent.

Rien dans les poches, je vais rendre une petite visite de courtoisie au procureur de la république qui souhaite m’entendre à propos d’un de mes articles qui n’a pas plu, mais alors pas du tout ! à l’Ordre national de la Légion d’honneur.

Le lecteur qui veut en savoir plus le trouvera [ici], cet article, sinon la suite de celui-ci va très vite lui paraître obscure.

Je n’ai pas reçu de notification de la part du parquet, ce qui ne manque pas de m’intriguer. Je le serais moins si le procureur en personne n’avait laissé un message sur mon répondeur pour m’inviter à prendre rendez-vous. Putain ! C’est le procureur en personne qui veut me voir. Ça doit être grave. D’habitude, ce mec ne s’occupe que de ce qui a de l’importance aux yeux de la « société » dont il est un des représentants constitués. Les broutilles, c’est pour les délégués.

Sans notification en bonne et due forme, je ne sais même pas de quoi on m’accuse, ni comment, je veux dire dans le détail, parce que pour ce qui est de ce que j’ai à dire de l’Ordre de la LdH, je l’ai dit et je suis prêt à le répéter des fois qu’on m’aurait pas bien compris. J’ai même pas consulté mon avocat : il ferait quoi sans un papier officiel et officiellement remis ?

J’arrive pas les mains vides, toutefois. Dans ce genre de situation, je veux dire quand l’État français prétend me chercher des histoires sur ma terre romane, je transporte sur moi quelques épines et même du venin. On sait jamais ! J’ai même prévu des mots gentils au cas où je fasse mouche trop près du cœur. Je suis pas méchant, quoi ! Je vise que le cerveau. Pas létal !

Le type qui se présente à moi la main tendue est le procureur. Il a l’air sympathique. Il porte le blue-jean, cire pas ses pompes de trop et sa veste n’est pas taillée sur mesure. Sur Internet, on dit qu’il sort de Sciences-Po-Paris. On précise Paris, parce que Toulouse, ça fait moins chic. Pourtant, mon cousin Vivi sort de Sciences-Po-Toulouse et il a pas fini son existence dans un palais « à dimension humaine » (je cite Olivier Caracotch, c’est le nom du procureur).

Le bureau est vaste, mais meublé sans aucun goût. Je m’assoie sur de la paille. Le bonhomme, très ado d’allure, peut-être frais émoulu, s’installe dans son fauteuil et regarde tout de suite ses pompes. Il les a posées par terre et les voit entre ses genoux. Il lit ?

Voici ce qu’il m’explique :

(Je traduis dans ma langue, qu’elle est belle et mienne, parce que ce gonze fait des ronds dans l’eau et que ça me fait chier, littérairement parlant, de jouer avec ses vaguelettes… vous savez… J’m’appelle Patrick, app’lez-moi Bob…)

Ya pas longtemps qu’il est arrivé dans « son » tribunal et voilà-t-y pas deux fois qu’on s’est plaint de moi. Il explique aussi sec en se mordant la langue que c’est pas « son » tribunal et relève brièvement la tête quand je lui dis que je comprends, que c’est aussi le mien quoi ! Qu’on est plein là-dedans et qu’on se tient les coudes ! Une nation, quand même !

— La première fois, qu’il dit, c’était vos histoires avec Marette, dont je me fous éperdument. J’ai d’autres chats à fouetter.

Là, il s’imagine que je suis trop con pour m’imaginer les chats.

— Mais maintenant, poursuit-il, c’est la société que vous faites chier avec vos écrits à la con, et la société réagit en ma personne que je suis confondu avec elle.

Jusque-là, rien que de très ordinaire dans la bouche d’un procureur. Il lui arrive même de s’écrier comme s’il avait lu Zola :

— Alors d’après vous on peut écrire « Sale Juif ! » en toute liberté !

Ça, ça mérite des claques, mais j’aime pas interrompre si c’est faire preuve d’impatience.

— Alors voilà, continue-t-il, je vais pas vous poursuivre, parce que j’ai des chats à fouetter, mais je vais vous… rappeler à la Loi. Vous méritez 12000 euros d’amende pour insulte à un corps constitué. On vous laisse circuler pour l’instant, mais si vous recommencez, on vous en mettra pour le double. Autrement dit, vous avez plutôt intérêt à comprendre ce que je suis en train de vous dire que c’est pas moi qui parle mais la société. Vous vous retranchez derrière une citation de Marcel Aymé, mais j’en ai rien à foutre… la société n’en a rien à foutre de vos citations que vous avez trouvées n’importe où mais certainement pas au bon endroit comme il convient.

Il a dit tout ça sans lever la tête, reluquant ses pompes comme un écolier.

— Maintenant, conclut-il, c’est à vous de parler.

Comme si j’étais venu pour manquer une bonne occasion de me faire remarquer !

Bien sûr, on est intimement installé dans un bureau. Pas de public pour m’applaudir. Il va me manquer. Je vais encore situer mon discours à la limite du supportable. Il s’énervera à un moment donné et j’en profiterai, en bon rhétoricien, pour lui faire mal par où que ça passe. C’est du moins mon projet. J’en rate pas une. En principe !

— Sur le fond, je dis, personne m’empêchera de citer qui que je veux et quand que je veux et à propos de ce que je veux. La Légion d’honneur a été conçue par son créateur, de son propre aveu, comme un hochet. On ne donne pas des hochets à des gens normaux. Ou alors c’est moi qui suis pas normal ! C’est-y des gens normaux ces vieux types de l’OAS que Sarkozy a ajoutés à la longue liste de ceux qui bafouent, comme dit un sénateur, la Légion d’honneur ? Oh ! Oh ! À d’autres !

— Je m’en fous de vos explications, rétorque l’homme de loi, rompant le pacte du débat contradictoire. Moi je dis que vous avez beau citer qui vous voulez, vous citez de l’insulte et donc vous insultez !

— Et bien moi j’en ai rien à foutre de ce que vous pensez à la place de la société sans lui demander son avis (c’est elle qui publie Marcel Aymé). Si z’êtes pas content, allez demander à un juge d’instruction de me mettre en examen !

— Je vous ai déjà dit que les faits sont pas assez graves pour ça ! J’ai quand même le droit de vous dire ce que je pense et de vous avertir que ça va mal se terminer pour vous si vous récidivez… euh… je veux dire : si vous réitérez !

— Mais de quel droit vous me menacez puisque les faits sont prescrits ? Le délai de trois mois prévu par la loi à compter de la date de publication de l’article est écoulé. Vous n’avez même plus le droit de me menacer de quoi que ce soit au nom de la société ou d’autre chose !

— Ah ! Non, monsieur ! Je connais mon métier ! Que je l’ai étudié ! Pendant des années ! Le délai court à partir de la constatation des faits. Il me reste trois jours pour vous mettre une contredanse.

— Et c’est qui qui est l’auteur de ces… constatations ?

— C’est le colonel Jean Mauger dans sa lettre du 9 janvier ! Non mais !

(Jean Mauger, c’est le patron de la section ariégeoise de je ne sais quelle partie intime de la Légion d’honneur. Il a des décorations partout, même sur les pieds. Il est très décoratif, quoi !)

Le procureur brandit la lettre que je connais déjà, ce qui me produit l’effet d’un miracle inattendu, un peu comme Bernadette sur ses petits cailloux sucrés.

— Parce que vous pensez vraiment, beuglé-je, que la loi donne au plaignant le privilège de fixer lui-même la date de départ du délai de prescription ! Vous prenez nos députés pour des cons !

L’argument fait mouche. Le type s’immobilise comme si quelque chose lui arrivait. C’est pas qu’il a mal compté sur ses doigts : il s’est gouré juridiquement ! Et logiquement, ce qui est bien pire !

— Vous n’avez plus rien à me dire, conclus-je. Et je veux pas savoir pourquoi vous m’avez convoqué par téléphone ni pourquoi vous avez tellement tenu à me voir. J’écrirai ce roman à un autre moment. Je ne signerai donc pas un rappel à la loi ni à la raison d’ailleurs. Vous abandonnerez les poursuites de la manière la plus ordinaire qui soit et un point c’est tout !

J’aurais pu me casser sans autre forme, mais je suis pas juriste, moi, je suis un moraliste qui va toujours au bout de ses entreprises. Ni salaud ni pédant, simplement philosophe, comme tous les gens ordinaires qui se distinguent parce qu’ils ont le sens des solutions et non pas de l’opportunité. Non mais des fois !

— Revenons à la lettre du colonel Jean Mauger, reprends-je après avoir gueulé un bon coup parce que ce bon procureur voulait relancer son argumentation à la noix dans un sursaut plus d’orgueil que de véritable pratique de la sincérité. Vous pensez bien, monsieur, que j’ai pas pondu une petite critique salutaire de l’Ordre de la Légion d’honneur comme ça, sur le pouce, juste histoire de rigoler avec des amis qui pensent qu’à rigoler alors que je travaille pour eux avec ma plume. Ça me serait jamais venu à l’esprit, parce que ce corps constitué ou plutôt à reconstituer ne m’intéresse pas le moins du monde. J’ai pas le temps de m’attarder à vos « plaisirs élyséens ». Moi aussi j’ai des chats à fouetter. Sauf que je leur fais pas mal !

» Il se trouve que c’est Louis Marette qui a agité sa médaille (en chocolat, précise Geneviève de Fontenay, en hémorroïde, corrige Jean Yanne) devant mon nez qui supporte pas ces odeurs de hochet mâchouillé depuis plus de deux siècles par les mouflets de la République. Alors j’ai pensé, à tort ou à raison mais ça ne vous regarde pas, que j’étais en droit de m’exprimer sur le sujet. C’est moi qui décide d’exprimer mes opinions ou de les garder pour moi dans le secret de mes alcôves.

» Il se trouve que la lettre du colonel Jean Mauger est adressée à la présidente du TGI de Foix dans le cadre d’un procès qui m’oppose à Louis Marette, lequel veut obtenir au civil ce que vous, et le procureur général au-dessus de vous, lui avez refusé au pénal tout simplement parce que les faits (encore des articles) ne sont pas assez graves pour faire l’objet d’une instruction.

» Lisons-la ensemble cette lettre :

Madame la Présidente, J’ai été contacté par Monsieur Louis MARETTE, maire de Mazères, membre de notre section de la Légion d’Honneur, qui est, depuis plus de 6 mois, la cible d’un de ses administrés, sur un site Internet google: « Mazères contre Louis Marette », qui écrit tout un tas d’insanités sur lui. Monsieur MARETTE a porté plainte et l’individu a été identifié.

Mais là dernièrement, il vient de dépasser les bornes, comme on dit, en s’en prenant à la Légion d’Honneur, de façon grossière et inadmissible, comme en témoigne l’article que je vous joins.

Et c’est pour cette raison que je me permets de vous en parler. Que puis je faire pour prolonger et appuyer la plainte de Mr Marette, sachant que seul notre président national de la Légion d’Honneur peut ester en justice. Je lui ai passé le texte hier soir par mail et lui ai dit que je vous en parlerai aujourd’hui, en tant que membre de notre société: J’attends donc sa réponse, que je porterai à votre connaissance, dés que je l’aurai.

Personnellement, je pense qu’il ne faut pas laisser passer ces insultes et je suis tout prêt à agir.

Je ne vous dérange pas plus longtemps. Je vous présente mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, pour vous, votre famille et vous souhaite de bien voir progresser ce dossier du nouveau Palais de Justice, qui vous tient à cœur.

Je vous prie d’excuser mon écriture à la machine, mais j’ai des problèmes de canal carpien, qui m’empêchent d’écrire correctement.

Je vous prie aussi de bien vouloir m’excuser pour cette liberté que je prends de vous importuner, mais je porte très haut la défense du prestige de la Légion d’Honneur, que je ne peux supporter de voir salie. En vous remerciant pour vos conseils, je vous prie d’accepter, Madame la Présidente, mes hommages respectueux.

» Cette intrusion dans un procès qui ne le concerne pas est une faute inadmissible de la part de l’Ordre de la Légion d’honneur qui ne prétend pas autre chose que d’influencer une décision de justice qui ne le concerne pas non plus. Cette attitude, monsieur le procureur, ça s’appelle de la déloyauté. C’est un manquement ignominieux aux convenances. Alors pour les leçons de morale, au nom de la société ou d’autre chose, cet Ordre national est bien mal constitué pour en donner qui soit utiles à tout le monde et même aux imbéciles.

» Je passe sur les familiarités avec la présidente du TGI. Ça frise le soupçon de déni de justice. Mais je préfère penser que le colonel Jean Mauger a un cerveau d’enfant qui secoue un hochet alors qu’il a passé l’âge de se faire les dents sur cet ersatz de glande mammaire !

» Comme il fallait s’y attendre, l’avocat de Louis Marette a écarté cet indice de faux témoignage des conclusions qu’il nous a régulièrement remises en vue d’un procès. Flattés par ce souci de s’en tenir à une stricte bienséance, nous avons nous mêmes, dans nos conclusions en réponse, et par courtoisie supplémentaire, accepté de ne pas parler de l’odieuse et lâche tentative de Louis Marette et de son complice Jean Mauger. Il était donc clairement convenu que l’incident était clos d’un côté comme de l’autre. On est des êtres humains !

» Mais c’était attribuer un peu vite à ces deux acolytes un sens de l’honneur dont ils s’étaient, au moins pour l’occasion, départis.

» Et voilà qu’au lendemain de l’audience, à peu de jours près, l’Ordre de la Légion d’honneur, trompé, je veux bien le croire, par ces comploteurs en retraite, portait plainte devant vous, monsieur le procureur, ajoutant à l’ignominie de la première injure qui était faite à la justice, une félonie, involontaire peut-être, mais bien réelle.

— Et bien portez plainte contre l’Ordre ! Qu’est-ce que vous attendez ?

— Ce n’est pas plainte que je vais porter ! Et certainement pas vous inviter à grailler gratos dans mon buffet ! J’informe, moi, monsieur ! Je me plains pas ! Et je travaille pas à me faire orner le derrière !

» Je vous remercie donc de vous être gouré dans le calcul du délai de prescription, car il ne permet plus à cet Ordre national de me chercher des poux dans la tête. Vous l’avez d’ailleurs peut-être fait exprès, l’Ordre lui-même y est peut-être pour quelque chose, je n’en sais rien, car la patate lancé par Louis Marette et Jean Mauger était très, très chaude. Vous avez l’habitude de ce genre de chose dans l’administration. Je vous apprends rien. Des patates et de l’herbe sous les pieds ! Une autre culture, quoi, et c’est pas la mienne. Encore heureux !

» En tout cas, je rentre chez moi la tête haute et en parfait état de santé judiciaire. Maintenant que vous savez tout, je vous salue bien !

À mon avis, en se levant ce matin, Olivier Caracotch n’avait pas ni la moindre idée de ce que j’allais verser dans son dossier mal ficelé. Il m’a fait pitié, ce mec. Voilà où on en était.

— On va pas se quitter comme ça, qu’il me fait, d’un air de dire : je vais me faire taper sur les doigts et en plus je vais passer pour un… vous savez ? On n’est pas d’accord vous et moi, je le reconnais, et on va certainement pas devenir des amis, mais…

— Mais quoi ?

— Exprimons-nous ensemble dans un petit papier qui me sera bien utile quand je vais devoir annoncer à l’Ordre qu’il a tort et que vous avez raison. Après tout, je ne fais qu’exprimer mon opinion, enfin… celle de la société… ah ! de l’État si vous voulez ! Je ne vous juge pas !

— Et je vous empêche pas d’exprimer votre opinion. Il ne manquerait plus que ça !

Il y tient à son rappel à la loi. Il en écrit un de complètement farfelu à mes yeux. J’y connais rien, mais je parle français ! Je sais même pas si j’ai le droit de le publier. L’affaire est suffisamment futile pour que ça n’inquiète personne. Le nez de Cléopâtre…

— Signez ici, fait-il au cours d’un autre sursaut, le dernier. Si vous récidiv… réitérez, je vous coince ! On est d’accord. Mais je vous oblige pas à retirer votre article.

— Ah ! Vous recommencez ! Vous pouvez pas m’obliger puisqu’il y a prescription ! Ah ! Je signe rien du tout, tenez !

— Ouais, mais vous pouvez itérer ! Rendez-vous compte ! Vous pouvez itérer ! Que je vous dis !

Ah ! la gueule ! Il veut convaincre ! Il me fait penser à un portrait de Francis Scott Fitzgerald par Ernest Hemingway. Un peu comme s’il avait le profil grec, mais de face. Genre vendeur à la sauvette. Avec un parapluie et de la poudre d’escampette. Qu’il serait même pas capable de me dire ce qu’est la poudre d’escampette si je le lui demande. Voilà à quoi je pensais en ce matin de vendredi saint-frusquin et des poussières d’étoiles.

— Que je vous dis ! Itérer ! Ah ! Itérer ! Vive l’itération !

Au fond, il a raison. Il est grassement payé pour aliéner sa liberté, mais pas chiant en matière de connerie. Sans doute moins tripant si c’est pas des conneries. Pressé. En accélération constante parce que l’heure tourne et que les chats attendent. Et puis soyons pragmatiques à défaut d’être justes. Je peux pas réitérer, certes, mais comme mon article demeure où il doit être, bien en vue en public et sans une rature, c’est une itération que je me dois d’apprécier. Mon article peut tourner en boucle et comme il constitue le point de départ du délai de prescription, je vais pouvoir itérer autant que je veux, ce qui est tout de même mieux que de se limiter à une ré-itération, c’est-à-dire deux tours de manège et puis c’est fini la rigolade. Je vais pouvoir me poiler à l’infini avec le pompon ! Quel progrès ! Qu’est-ce que j’avance ! C’est pas un cadeau d’ailleurs ! Ou alors je viens de me l’offrir. Avec un peu de chance, je dois l’avouer. Allez hop ! Je suis pas superstitieux, mais avec la chance, on sait jamais. Elle peut me quitter à tout moment. Hue ! Je vais signer à la fois pour ne pas réitérer et pour itérer autant que ça me chante. Il y a une justice ! Tournez manège !

Je fais semblant d’hésiter pour l’emmerder un peu plus. Il grogne. On arrive au bout du plaisir.

Aaaaaaahhhh !

L’idéal selon le professeur Kinsey.

Je signe ! Il fait une fausse tocopie qu’il me remet. On se serre la pince. Et avant de sortir, je peux pas m’empêcher de lui signifier : « À une autre fois ! » Je me casse sur ce. Il a à peine gémi. Les secrétaires (enfin un public !) n’applaudissent pas, mais c’est tout comme. Enfin, j’imagine.

Dehors, les touristes espagnols sont redescendus.

¡Que raro ! dit l’un d’eux. Pas de café, pas une boutique de souvenirs. C’est pas très touristique ici.

Ouais mais alors, je pense, qu’est-ce qu’il y a comme touristes ! Et sans faire exprès encore !

Patrick Cintas.

 

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