Lettre ouverte à Jean-Michel Baylet de la Dépêche du Midi

 

« Avec François Hollande, c’est la République qui revient. »
Harlem Désir

« Louis Marette l’a dans le cul *. »
Patrick Cintas

 

Patrick CINTAS

Patrick CINTAS
©jcc-communication

Nous vous remercions d’avoir fait paraître en bonne place dans la Dépêche du Midi les infos concernant le conflit qui oppose notre directeur de la publication, Patrick Cintas, à Louis Marette, maire de Mazères.

Le procès continuera devant la Cour d’appel de Toulouse. Nous pouvons compléter votre information en précisant que le Tribunal de grande instance de Foix nous « autorise » à traiter Louis Marette de « cave », de « larbin » et d’« inculte », considérant qu’il s’agit de critiques et non pas d’insultes. Ce n’est déjà pas si mal ! Le débat se poursuivra donc au sujet des expressions « pour un gaulliste, Louis Marette est un pétainiste » et « salaud sartrien » comme vous l’indiquez approximativement, car le juge n’a retenu, allez donc savoir sous le coup de quelle inspiration régalienne, que les mots « pétainiste » et « salaud ».

 

Par contre, nous demeurons très perplexes devant l’image de crétins que la Presse diffuse à l’envi pour décrire les Mazériens et plus globalement la population rurale.

Déjà, le Nouvel Observateur avait publié un article documenté sur les activités de Louis Marette concernant son goût immodéré pour la délation et les atteintes à la vie privée.

L’article, toujours en ligne, s’intitule « A Mazières (sic), souriez, vous êtes filmés ». La mise en place de caméras de « vidéoprotection » et du programme « Vigilance Voisins » avait, c’est le moins qu’on puisse dire, inspiré l’auteur de cet article. Il concluait en parlant de nous, les Mazériens : « …le dispositif est complété par les Mazériens de bonne volonté qui surveillent, derrière leurs rideaux, les passants à la mine patibulaire.

» Trois "référents", avec un autocollant "voisins vigilants" sur leur boîte aux lettres, quadrillent leur quartier et signalent tout élément suspect au policier municipal ou aux gendarmes de Saverdun, la ville la plus proche. Ils sont rarement dérangés. Même celui du centre-ville, un brigadier-chef à la retraite, ancien employé de la fourrière de Toulouse. Récemment, on lui a signalé "un véhicule sur le parking du camping municipal" et une vieille dame qui s’est plainte d’une voiture garée devant sa maison. Le "référent" a prié le propriétaire du véhicule de le déplacer. »

On ne peut pas mieux se foutre de notre gueule. À cause de qui ? De Louis Marette le larbin inculte, Chucky territorial. Et de votre Presse qui se gratte le bide en attendant la retraite. Merde ! Il y a de vrais journalistes dans la rédaction de Jean-Claude Souléry. Envoyez-nous-en un !

 

Dans votre article intitulé « Trigano achète une vache aux enchères », vous décrivez la fatuité (pour ne pas dire plus et c’est justement ce que vous faites, ne pas dire) d’un homme capable de mettre la main à la poche pour financer ses campagnes électorales et celles de ses amis en politique ou dans d’autres domaines.

Vous en profitez pour tracer un portrait peu flatteur de Louis Marette en larbin inquiet de ce qui l’attend maintenant que la droite chère à ses espérances n’est plus tout à fait de ce monde. En effet, ses protections sont levées. Vous avez raison de le souligner entre les lignes. Vous laissez d’ailleurs entendre qu’il aurait des comptes à régler avec l’argent public qu’il a en effet dilapidé, mais en « comptant » dites-vous sans le dire.

Du coup, nous autres Mazériens nous sentons frustrés d’une enquête sérieuse que vous nous sucrez pour laisser toute la place à un humour certes de bon aloi et de style brillant, mais qui n’apporte rien de concret au moulin de la critique politique comme vous semblez pourtant vous y engager.

Au fond, vous faites de la politique sans en faire. C’est de la bonne littérature. Mais pour la publier, une revue littéraire nous semble mieux appropriée, comme la RAL,M.

Autrement dit, la Presse, et cette fois c’est la vôtre, cette Presse qui ne convainc que les convaincus au lieu d’informer sur la base de véritables enquêtes, cette Presse nous fait une fois de plus passer pour des cons, nous autres Mazériens qui demeurons le bec dans l’eau face à un hobereau qui se comporte en petit père du peuple et à un larbin qui serre les fesses parce que ça va barder pour son matricule.

 

Or, qu’est-ce que vous avez décrit ?

Un André Trigano qui, comme il le fait souvent, surtout en période électorale, donne un peu de sa grosse fortune à ceux qui ne peuvent pas dire non parce qu’il faudrait être cons pour refuser d’améliorer le quotidien ! « ¡ A burro regalao, no le mire’ lo’ diente’ ! » En français : Si on te donne une vache, prends-la sans regarder les dents d’André Trigano !

En critiquant ce fait avec un humour intempestif, vous éludez le sarkozysme sous-jacent, c’est-à-dire le clair héritage de la Collaboration et du colonialisme.

Vous traitez, sans le dire, André Trigano de pétainiste, alors que cette appellation n’a évidemment plus cours dans les temps que nous vivons ensemble.

En somme, vous voulez nous faire croire à la justesse de votre critique et vous ne produisez que du vent.

Louis Marette ne s’y est pas trompé, qui nous a accusés, sans preuves, de l’avoir traité de pétainiste alors que nous ne le traitons pas d’autre chose que de sarkozyste, ce qui, à nos yeux, est autrement plus grave, sérieux, profond et surtout actuel.

Vous pensez bien que nous n’allons pas nous laisser accuser « de porter atteinte à la dignité humaine » sans réagir fortement à cette accusation qu’on réserve en principe aux… pétainistes, entre autres noirceurs de l’humanité. 

 

Et ne nous dites pas que le sarkozysme est mort ou qu’il n’a jamais existé, parce que justement, c’est une idéologie qui n’a pas fini de faire parler d’elle. Dix ans de pouvoir ont préludé à cet enracinement, notamment dans le terreau constitué des autorités judiciaires. Un humanisme est paraît-il en préparation à l’UMP. Il servira sans doute à embarquer les rats qui ont quitté le navire… Parions que Louis Marette sera de ceux-là. Et Tiffany.

 

Il y a une différence entre le journalisme satirique, que nous pratiquons dans ce blog avec un succès croissant (en partie grâce à vous) et le journalisme d’enquête et d’information dont vous êtes censé être un représentant notoire.

Nous forçons le trait, nous exagérons, etc. (voir notre « déontologie »). Ainsi, nous ne nous moquons que de Louis Marette, épargnant les Mazériens. Tandis que votre « prudence » vous conduit à finalement ne rien dire de compétent ni de vrai et même à faire passer des vessies pour des lanternes.

Qu’y a-t-il de mal dans le fait qu’André Trigano achète une vache ?

Et pourquoi on n’en sait pas plus sur les craintes de Louis Marette face à son avenir politique et civil ?

 

Notre travail à nous, satiristes, consiste à dénoncer la pourriture de l’héritage collaborationniste et colonialiste (le sarkozyzsme), ce qui suppose une prise de risque que vous devriez compenser par la pertinence de vos enquêtes et la justesse de vos analyses. Fire the Bastards !

Mais au lieu de ça, vous vous amusez pour amuser, vous faites des blagues à un André Trigano passionné et courtois qui n’en à rien à foutre parce qu’il a les moyens de vous prendre pour un con, et à Louis Marette, larbin ignare qui sait par expérience qu’il n’a rien à craindre de vous.

Au fond, vous donnez de Mazères et plus généralement de la ruralité une image dégradante et cela va, vous vous en doutez, tomber sous le coup de notre esprit satirique. En tout bien, tout honneur, cela va de soi (nous n’apporterons pas d’eau au moulin de la Droite).

L’avenir est à nous. Après 17 ans d’attente ! Nous ne voudrions pas qu’une fois de plus le destin nous échappe parce que la Presse de Gauche n’a pas fait son travail et que, ne se contentant pas de le faire, elle ait encore dégradé l’image des citoyens de la France profonde et l’idée qu’on peut se faire de la dignité humaine quand on a de l’éducation, autrement dit de l’intelligence et de la culture : quand on n’est pas un salaud !

 

* Mazères 54% – Saverdun 61% – Pamiers 58% – Aupa !

Agur, Panxoa !

Gabriel Aresti :

La maison de mon père
je la défendrai.
Contre les loups,
contre la sécheresse,
contre le lucre,
contre la justice,
je la défendrai,
la maison de mon père.

Je perdrai
mon bétail,
mes prairies,
mes pinèdes;
je perdrai
mes intérêts,
les rentes,
les dividendes
mais je la défendrai la maison
de mon père.

On m’ôtera les armes
et je la défendrai avec mes mains
la maison de mon père.
On me coupera les mains
et je la défendrai avec mes bras
la maison de mon père.
On me laissera
sans bras,
sans poitrine
et je la défendrai avec mon âme
la maison de mon père.
Moi je mourrai,
mon âme se perdra,
ma famille se perdra,
mais la maison de mon père
demeurera debout.

Traduction de Patrick Cintas

 

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