Qu’est-ce qu’un salaud ?

 

Louis Marette ne comprend pas un mot !

Louis Marette ne comprend pas un mot et sa langue claque !

Qu’est-ce qu’un salaud ?

Le tribunal de grande instance de Foix a été invité à en juger par Louis Marette contre Patrick Cintas. Voici ce qu’il en a dit :

« Quant au terme de salaud, il désigne selon le Petit Robert (sic) un homme méprisable, moralement répugnant. "Dis donc mon salaud" est une expression familière sans valeur injurieuse, qui signifie bien que toute (sic) autre usage constitue bien une injure. II n’y a pas lieu en l’occurrence d’invoquer une analyse sartrienne, hors sujet… »

Nous avions écrit : « salaud sartrien ». Ce qui sous-entend que si on invoque l’acception sartrienne à juste titre, voire à bon droit, « dans » le sujet, on peut le dire de Louis Marette. On imagine déjà le beau débat qui aura lieu à la Cour d’appel de Toulouse. Avec le… Petit Robert sous le bras ! Édité sans doute chez Dalloz comme tout bon outil professionnel !

Passons sur la logique étrange de la Présidente Michelle Salvan qui déduit de « mon salaud » la nature injurieuse de « salaud ». Ça ne s’invente pas.

D’ailleurs le débat aura bel et bien lieu à la Cour d’appel et non pas dans ce blog, du moins pas pour l’instant ; ce ne sera pas le même genre de débat…. La préséance veut que la justice passe avant la philosophie. Comme le monde est mal fait !

 

Nous avons posé la question à un enfant pas particulièrement doué pour la théorie saussurienne :

« Fredo, est-ce qu’un ballon rouge est un ballon rouge ou un ballon ? »

Sans hésiter, ce qui n’augure rien du futur universitaire de Fredo, il répond :

« Les deux ! »

Voyons ce qui s’est passé dans son cerveau :

Soit x et y deux morphèmes non nuls.

L’équation x + y = x est-elle possible ?

Oui, si y est égal à zéro.

Or, x et y ne sont pas nuls.

Qui est nul ?

À cette heure, nous ne sommes autorisés à utiliser que les termes de « cave », de « larbin » et d’« inculte ». Ce n’est déjà pas si mal.

« S’agissant des propos de cave, d’inculte et de larbin tenus contre le demandeur si ces termes sont critiques et méprisants, ils ne portent pas atteinte à l’honneur et à la considération de la personne visée et ne peuvent être entendus comme des injures stricto sensu mais comme l’expression d’une certaine licence accordée (sic, sic, sic !) à un journal satirique qui est celui « qui s’attaque à quelqu’un par la moquerie. »

 

Alors, qu’est-ce qu’un salaud ?

Pour le commun des mortels, en tant de guerre :

— Les Anglais, par exemple, se sont comportés en salauds en Irlande et en Palestine ;

— Les Français se sont aussi comportés comme des salauds en Algérie, torturant leur ennemi, massacrant des innocents, trahissant leurs amis, trompant leurs propres soldats sur la dangerosité des recherches atomiques à Reggane, condamnant des déserteurs et des objecteurs de conscience qui n’étaient pas des salauds, censurant et persécutant les intellectuels signataires de la Déclaration dite des 121 (nous y reviendrons), etc.

Il est juste alors de parler à propos de ces salauds de nazisme, de fascisme, de vichysme (qui est la conséquence de la collusion du pétainisme avec le nazisme), etc.

Puis, en d’autres temps, l’esprit salaud s’insinue dans la vie quotidienne. Par exemple : 

— bénédiction de chiens sur la place publique au détriment de l’esprit laïque et républicain ;

— consommation d’alcool offert au public ;

— exhibitions « commémoratives » sous des prétextes douteux du point de vue du respect dû aux familles des victimes de la guerre ;

— encouragement à la délation et à l’autodéfense dans la tentative de constitution d’une milice intitulée « vigilance voisins » ;

— abrutissement moral de la jeunesse dans des pratiques qui n’ont plus aucun sens dans notre monde moderne, comme la chasse, l’armée, les superstitions, etc.

Ces pratiques nauséabondes, qui veulent elles aussi et à tout prix « sérialiser ou atomiser » les hommes, ne présentent évidemment aucune ressemblance avec les fascismes, mais elles font voir des similitudes qui donnent à réfléchir. Les « souffrances, les fractures, les ruptures, les coupures, les blessures » qui ont marqué le régime sarkozyste sont les stigmates de cet état d’esprit qu’il convient mieux de qualifier de salaud, plutôt que de facho. Ils caractérisent toujours les traces laissées par la Droite dans l’existence de chacun. Jean-Paul Sartre n’aborde pas la question autrement.

Sans entrer dans les détails de l’analyse sartrienne, on peut dire que le salaud, selon Sartre, dont Michelle Salvan diminue l’influence d’une manière péremptoire, est caractérisé par deux traits :

Premièrement, il est celui qui aliène sa liberté en se mettant au service d’une entité. Pour ce faire, sa servilité construit une justification après coup. Par exemple, Louis Marette tire un coup de fusil sur un oiseau et il se justifie en expliquant à qui veut l’entendre que c’est bon pour la nature. Dans le même temps, il a satisfait son désir de tuer un animal. On en conclut aisément que son but n’est pas de sauver la nature, mais de prendre plaisir à faire le con avec un fusil. Il n’explique d’ailleurs pas sa servilité, il parle d’autre chose parce que c’est un… larbin (n’allons pas trop vite en besogne !)

Deuxièmement, le salaud mystifie sa propre connaissance en la réduisant à son idéologie de la servilité, du conformisme et donc de l’opportunisme. Il est inculte par nature. On ne s’étonne plus de constater que l’intellectuel est toujours de gauche, jamais de droite. À droite, on préfère le maniement de l’insulte et de la calomnie, comme Nicolas Sarkozy et même Louis Marette (voir article précédent).

Au final, on peut dire, après avoir lu Sartre, ce que n’a pas fait la présidente Salvan si on en juge par ce qu’elle en dit elle-même (faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages), que le salaud sartrien est un larbin inculte, ce que ne contestera aucune éminence de la philosophie contemporaine.

Voyez la situation où vous nous placez, madame la présidente Salvan, vous et votre grande instance : vous nous dites qu’il n’y a pas de salaud sartrien qui tienne, que salaud ceci ou salaud cela, excepté mon salaud, ça veut dire salaud et puis c’est tout. On vous comprend. Mais, en même temps, vous nous dites que « larbin inculte » est une critique qui ne peut pas être considérée comme une insulte. Du coup, on se demande si ce n’est pas un piège, si vous n’allez pas lancer vos cerbères à nos trousses pour nous accuser, avec la voix cacochyme de Louis Marette doublé par André Trigano pour que ça fasse plus vrai, d’avoir dit « salaud » et d’avoir donc récidivé. Or, on ne veut pas récidiver si la Cour d’appel ne le veut pas…

Qu’est-ce qui nous reste ?

Il nous reste « cave ». Ce n’est pas grand-chose. Cave, ça ne veut pas dire grand-chose, d’autant qu’un salaud sartrien ne l’est pas, mais alors pas du tout. Naïf, le Marette ? Sans déconner ! Vous zavez pas vu le film de Grangier avec le Dabe et tout le toutim imaginé par Simonin ?

Voici notre requête :

Est-ce que on peut continuer de traiter Louis Marette de larbin inculte même si ça veut dire que c’est un salaud sartrien ?

Ou bien doit-on s’engager devant tout le monde à dire, au risque de passer pour des cons, que le salaud sartrien n’est pas un larbin inculte parce que vous l’avez dit et qu’un point c’est tout ?

Aurions-nous fait de longues études pour en arriver là ?

Ah ! Quel dommage que la loi ne vous oblige pas à participer aux débats de la Cour d’appel, un peu comme les jurés, naguère, étaient obligés d’assister à la décapitation de celui ou de celle qu’ils avaient condamné à cette peine infamante. Vous en auriez alors des choses à dire ! Et on vous écouterait avec attention, croyez-nous ! Ah ! Ce que la justice est mal faite ! À moins qu’elle soit bien faite…

 

Le mot de Patrick Cintas

 

Patrick CINTAS

Patrick CINTAS
©jcc-communication

Certes, on pourrait penser que nous sommes victimes d’un complot mené par la justice locale pour nous réduire au silence non seulement en faveur de Louis Marette, mais aussi des fils conducteurs de l’information médiatique locale. Ce serait en effet amusant comme perspective de révolte, mais nous ne sommes pas paranos et ne croyons absolument pas qu’un magistrat puisse se livrer à de pareilles malversations, à moins de relever lui-même d’un cas psychiatrique ou à la limite d’une ambition de carrière d’ailleurs incompatible avec la modestie du tribunal dont il a la charge ici, ce qui constituerait aussi une maladie cérébrale.

Nous penchons plutôt pour une méconnaissance de l’Histoire, de ses enjeux encore vivaces, pour un assaut de sentiments qui rend la pratique de l’appréciation, recommandée par la Loi, plus proche de l’opinion personnelle que de l’évaluation à proprement parler. Une foule de petits détails intimes relevant de l’intelligence et de la culture plutôt que d’une volonté de nuire qui serait fiction non pas de l’imagination, mais de la fantaisy (avec un y).

Bien sûr, la violence de la condamnation peut installer le doute. Assailli par sa propre conformation mentale, le juge aurait normalement décidé d’une leçon symbolique et certainement pas d’une lourde peine assortie d’un jugement infamant : l’atteinte à la dignité humaine.

Cependant, il convient d’admettre la possibilité que le juge est assez attaché à la liberté d’expression pour placer les parties devant le fait accompli : un salaud est un larbin inculte, semble-t-il dire, ce qui ne ferme pas les portes à la controverse à condition que les « noms d’oiseau » en soit écartés, ceci par pur souci de conformisme. Le choix de Bonaparte contre Montesquieu, un classique du cornélien français. Comme s’il était nécessaire d’appeler un chat un chien. Leçon maternante, mais alors, pourquoi cette accusation d’atteinte à la dignité humaine, carrément ? Qui aime bien châtie bien… ? Brrr, fait Clamence.

Astu Baou ! La Justice comme palladium des cultes civiques et des instances politiques… Point Godwin des usages chers à Philippe Calléja et ses coreligionnaires. La peur.

Ce ne sera donc pas sur ces vaticinations philosophiques que se constituera le procès en appel que nous formons contre Louis Marette. Le dispositif sera technique, c’est-à-dire incompréhensible pour le commun des mortels que nous sommes. On y évoquera d’obscures notions de droit à propos de qualification, de responsabilité éditoriale, de prescription, de présomption, d’exception, de censure, etc. La philosophie en pâtira. Mais n’est-ce pas son sort quand elle est attaquée par les ss… par les larbins incultes qui servent de paillassons autocratiques aux ubus de notre temps ?

André Trigano - Pluie acide sur Mazères

Le parapluie de l’escouade pét… sarkozyste en Basse Ariège

 

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