Le 13 mai de la honte à Mazères avec Louis Marette le gaulliste approximatif et margoulin

 



© http://youpifrance.blogspot.fr/2010_10_01_archive.html (prescription)

 

À droite comme à gauche, on n’a pas honte de ce coup d’État. Mais personne n’a songé à en fêter l’anniversaire. Il est vrai que François Hollande se prépare à devenir le Roosevelt de l’Europe contemporaine. Un new dealer de plus ? Ça promet !

Avec la fin de la « traversée du désert » de de Gaulle, le 13 mai 1958 marque la fin de la démocratie en France ou, mieux dit, du rêve démocratique, sorte de cimetière de barricades et de maquis en tous genres.

La nouvelle constitution entre en vigueur le 4 octobre suivant.

Les Français ont renoncé à la séparation des pouvoirs. Il y a des raisons à cela.

De Gaulle, qui avait profité d’une mission confiée par Paul Reynaud pour s’enfuir en Angleterre, et qui avait fui le gouvernement provisoire de l’après-guerre, se prépare à trois autres fuites : celle de 1962, motivée par la peur d’être fusillé à son tour, celle de 1968, qui y ressemble et enfin celle de 1969 qui est son dernier naufrage moral, sans peloton d’exécution cette fois. Juste la décrépitude d’un esprit rongé par l’infidélité. Ce pitre de l’Histoire n’aura rien fait pour mériter qu’on le place au-dessus de la mêlée.

Mais, comme on nous propose d’ « oublier » que Jules Ferry fut raciste et colonialiste pour ne retenir que le meilleur de son action politique (sic), il s’agit aujourd’hui, à droite et à gauche, de reconnaître que la France assume plutôt bien l’équilibre précaire, du point de vue de la justice due à ses pays, imposée par l’organigramme de sa république.


Cliquez l’image pour l’agrandir

Liberté surveillée, égalité bornée par le droit et fraternité limitée au corporatisme. Le lit bien fait du fascisme, alors que les fascismes historiques n’avaient pas su, heureusement, faire les leurs. Fascisme moral aussi, selon l’analyse camusienne, éthique du mépris.

Le portrait que Bastien-Thiry trace de Gaulle, bien que servant de défense à une cause qui ne valait pas mieux, est sans doute juste : « C’est une vérité que l’homme contre lequel nous avons agi est, à tout moment, passible de la Haute Cour, et qu’il suffirait d’un minimum de clairvoyance et de courage de la part des parlementaires pour l’y traduire; le dossier de ses forfaitures, de ses crimes et de ses trahisons existe, et des milliers d’hommes sont prêts à témoigner de la réalité de ces forfaitures, de ces crimes et de ces trahisons. » Oops !

Au fond, ce pays est une république de salauds qui la sauvent. Deux périodes récentes de son histoire témoignent de la complexité de l’analyse : Vichy et les premières années de la Ve République. Paxton, Aron, Ferro à lire dans un même élan de curiosité avant de se prononcer. Entre le collaborationnisme pur et la « peur d’être fusillé » ou simplement condamné au chômage.

L’Histoire ne peut pas servir à modeler des idées nouvelles. Elle n’est pas même une idée. On s’y perd ou au pire on s’y retrouve. Et ça continue. D’ailleurs, alors qu’on s’« indigne » partout, en France on en est encore à essayer des solutions pacifiques ou courtoisement élaborées, quitte à renouveler le pacte social sans rien changer aux forces qui le portent, de part et d’autre du rêve commun, à bout de bras.

Le premier caractère distinctif du salaud, c’est qu’il raconte des histoires. Les grands salauds racontent de grandes histoires, ou plutôt des histoires agrandies pour la cause, et les petits s’enferment localement dans la médiocrité quotidienne, créant par exemple un musée là où un simple conservatoire, beaucoup moins onéreux et plus didactique, aurait suffit.

Le fait est qu’on ne songe plus à s’envoyer mutuellement dans des camps d’extermination et qu’il ne s’agit plus d’aller aussi loin dans la passion du pouvoir et de l’ordre. L’économie bridée par la consommation y est sans doute pour quelque chose, allez !

Et puis, ces agitations étatiques qui font trembler l’Europe ne sont-elles pas le signe que les peuples retrouvent au moins un peu de leur nature naturellement indépendantiste ? Oui, si l’Europe est aussi à la recherche d’une fondation politique où les partisans des drapeaux négocient enfin avec les adeptes de la terre dans un monde où la terre ne sert plus à planter des drapeaux et les drapeaux à orner les culs en vadrouille colonialiste.

Car il faudra bien négocier si l’Europe est une solution. Et retrouver l’esprit des lois, avec ce que cela suppose de séparation et d’équilibre des pouvoirs traditionnellement admis par la philosophie, auxquels il convient d’ajouter ceux que la pratique même de la réflexion inspire à l’homme moderne (la Presse mise en danger par la Publicité) et de retrancher définitivement ceux qui conservent, malgré des aménagements, quelques prérogatives qu’il convient de discuter âprement (Gendarmerie par exemple).

L’urgence, on le voit bien, consiste à se débarrasser des larbins et particulièrement de ceux que leurs maîtres entretiennent dans l’ignorance et la bêtise. Louis Marette est de ceux-là, qui n’ose même pas au moins assister au peu de manifestations culturelles dont Mazères est le siège tellement il a peur de passer pour un con. Il n’est jamais là pour présider, pour présenter, pour serrer les mains, pour pousser à se cultiver encore plus et mieux, sauf s’il s’agit de lever un verre à la santé des chiens qu’il prétend élever pour un usage contraire à ce que la pensée contemporaine est capable de produire dans un tout autre sens. Il n’est peut être pas fasciste, comme Lagaillarde le disait de lui-même, mais c’est un réactionnaire, un contre-révolutionnaire et par conséquent un anti-français. Et qu’est-ce qu’un anti-français ? Brrrr…

Commençons par faire le ménage sur nos terres. Ensuite, on verra. La révolution initiée il y a maintenant belle lurette, sans qu’on sache ce qu’est une lurette, mais conscient de ce que le peuple endure dans ce sens, se continue au fils de nos terres et de ce qu’elles produisent de créations et d’idées. Elle ne peut en aucun cas venir d’en haut, pas même de l’Europe qui n’est pas faite pour ça. Au lieu d’agiter des drapeaux, transportons un peu de notre terre à la semelle de nos souliers, surtout si nous avons un goût du voyage plus sûr et plus juste que ce de Gaulle qui ne sera jamais que l’expression du collaborationnisme et du colonialisme, les deux maux qui nous rongent plus insidieusement que le labourage et le pâturage qui nous sont si mal payés quand on y pense sérieusement !

 

oOo


 

Les frères ennemis se sont réconciliés depuis et ont échangé stèles et médailles constituées avec quelquefois l’intervention des autorités judiciaires sans doute chargées de troubler les eaux de l’Histoire dans de purs procès politiques. Difficile aujourd’hui d’y voir clair, mais en cette année du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (pour les uns) ou (et?) de la fin de la Guerre d’Algérie (pour les autres), une voix continue de parler clairement et de trouver écho de par le Monde, celle des 121 à laquelle il convient d’ajouter celles de ceux qu’ils défendent  :

Manifeste des 121 :

Un mouvement très important se développe en France, et il est nécessaire que l’opinion française et internationale en soit mieux informée, au moment où le nouveau tournant de la guerre d’Algérie doit nous conduire à voir, non à oublier, la profondeur de la crise qui s’est ouverte il y a six ans.

De plus en plus nombreux, des Français sont poursuivis, emprisonnés, condamnés, pour s’être refusés à participer à cette guerre ou pour être venus en aide aux combattants algériens. Dénaturées par leurs adversaires, mais aussi édulcorées par ceux-là mêmes qui auraient le devoir de les défendre, leurs raisons restent généralement incomprises. Il est pourtant insuffisant de dire que cette résistance aux pouvoirs publics est respectable. Protestation d’hommes atteints dans leur honneur et dans la juste idée qu’ils se font de la vérité, elle a une signification qui dépasse les circonstances dans lesquelles elle s’est affirmée et qu’il importe de ressaisir, quelle que soit l’issue des événements.

Pour les Algériens, la lutte, poursuivie, soit par des moyens militaires, soit par des moyens diplomatiques, ne comporte aucune équivoque. C’est une guerre d’indépendance nationale. Mais, pour les Français, quelle en est la nature ? Ce n’est pas une guerre étrangère. Jamais le territoire de la France n’a été menacé. Il y a plus : elle est menée contre des hommes que l’État affecte de considérer comme Français, mais qui, eux, luttent précisément pour cesser de l’être. Il ne suffirait même pas de dire qu’il s’agit d’une guerre de conquête, guerre impérialiste, accompagnée par surcroît de racisme. Il y a de cela dans toute guerre, et l’équivoque persiste.

En fait, par une décision qui constituait un abus fondamental, l’État a d’abord mobilisé des classes entières de citoyens à seule fin d’accomplir ce qu’il désignait lui-même comme une besogne de police contre une population opprimée, laquelle ne s’est révoltée que par un souci de dignité élémentaire, puisqu’elle exige d’être enfin reconnue comme communauté indépendante.

Ni guerre de conquête, ni guerre de « défense nationale », ni guerre civile, la guerre d’Algérie est peu à peu devenue une action propre à l’armée et à une caste qui refusent de céder devant un soulèvement dont même le pouvoir civil, se rendant compte de l’effondrement général des empires coloniaux, semble prêt à reconnaître le sens.

C’est, aujourd’hui, principalement la volonté de l’armée qui entretient ce combat criminel et absurde, et cette armée, par le rôle politique que plusieurs de ses hauts représentants lui font jouer, agissant parfois ouvertement et violemment en dehors de toute légalité, trahissant les fins que l’ensemble du pays lui confie, compromet et risque de pervertir la nation même, en forçant les citoyens sous ses ordres à se faire les complices d’une action factieuse et avilissante. Faut-il rappeler que, quinze ans après la destruction de l’ordre hitlérien, le militarisme français, par suite des exigences d’une telle guerre, est parvenu à restaurer la torture et à en faire à nouveau comme une institution en Europe ?

C’est dans ces conditions que beaucoup de Français en sont venus à remettre en cause le sens de valeurs et d’obligations traditionnelles. Qu’est-ce que le civisme lorsque, dans certaines circonstances, il devient soumission honteuse ? N’y a-t-il pas des cas où le refus est un devoir sacré, où la « trahison » signifie le respect courageux du vrai ? Et lorsque, par la volonté de ceux qui l’utilisent comme instrument de domination raciste ou idéologique, l’armée s’affirme en état de révolte ouverte ou latente contre les institutions démocratiques, la révolte contre l’armée ne prend-elle pas un sens nouveau ?

Le cas de conscience s’est trouvé posé dès le début de la guerre. Celle-ci se prolongeant, il est normal que ce cas de conscience se soit résolu concrètement par des actes toujours plus nombreux d’insoumission, de désertion, aussi bien que de protection et d’aide aux combattants algériens. Mouvements libres qui se sont développés en marge de tous les partis officiels, sans leur aide et, à la fin, malgré leur désaveu. Encore une fois, en dehors des cadres et des mots d’ordre préétablis, une résistance est née, par une prise de conscience spontanée, cherchant et inventant des formes d’action et des moyens de lutte en rapport avec une situation nouvelle dont les groupements politiques et les journaux d’opinion se sont entendus, soit par inertie ou timidité doctrinale, soit par préjugés nationalistes ou moraux, à ne pas reconnaître le sens et les exigences véritables.

Les soussignés, considérant que chacun doit se prononcer sur des actes qu’il est désormais impossible de présenter comme des faits divers de l’aventure individuelle ; considérant qu’eux-mêmes, à leur place et selon leurs moyens, ont le devoir d’intervenir, non pas pour donner des conseils aux hommes qui ont à se décider personnellement face à des problèmes aussi graves, mais pour demander à ceux qui les jugent de ne pas se laisser prendre à l’équivoque des mots et des valeurs, déclarent :

– Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien.

– Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d’apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français.

– La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres.

Arthur ADAMOV – Robert ANTELME – Georges AUCLAIR – Jean BABY – Hélène BALFET – Marc BARBUT – Robert BARRAT – Simone de BEAUVOIR – Jean-Louis BEDOUIN – Marc BEIGBEDER – Robert BENAYOUN – Maurice BLANCHOT – Roger BLIN – Arsène BONNAFOUS-MURAT – Geneviève BONNEFOI – Raymond BORDE – Jean-Louis BORY – Jacques-Laurent BOST – Pierre BOULEZ – Vincent BOUNOURE – André BRETON – Guy CABANEL – Georges CONDAMINAS – Alain CUNY – Dr Jean DALSACE – Jean CZARNECEI – Adrien DAX – Hubert DAMISCE – Bernard DORT – Jean DOUASSOT – Simone DREYFUS – Marguerite DURAS – Yves ELLEOUËT – Dominique ÉLUARD – Charles ESTIENNE – Louis-René des FORETS – Dr Théodore FRAENKEL – André FRENAUD – Jacques GERNET – Édouard GLISSANT – Anne GUÉRIN – Daniel GUÉRIN – Jacques HOWLETT – Édouard JAGUER – Pierre JAOUEN – Gérard JARLOT – Robert JAULIN – Alain JOUBERT – Henri KREA – Robert LAGARDE – Monique LANGE – Claude LANZMANN – Robert LAPOUJADE – Henri LEFEBVRE – Gérard LEGRAND – Michel LEIRIS – Paul LEVY – Jérôme LINDON – Éric LOSFELD – Robert LOUZON – Olivier de MAGNY – Florence MALRAUX – André MANDOUZE – Maud MANNONI – Jean MARTIN – Renée MARCEL-MARTINET – Jean-DanieI MARTINET – Andrée MARTY-CAPGRAS – Dionys MASCOLO – François MASPERO – André MASSON – Pierre de MASSOT – Jean-Jacques MAYOUX – Jehan MAYOUX – Théodore MONOD – Marie MOSCOVICI – Georges MOUNIN – Maurice NADEAU – Georges NAVEL – Claude OLLIER – Hélène PARMELIN – Marcel PÉJU – José PIERRE – André PIEYRE de MANDIARGUES – Édouard PIGNON – Bernard PINGAUD – Maurice PONS – J.-B. PONTALIS – Jean POUILLON – Denise RENE – Alain RESNAIS – Jean-François REVEL – Alain ROBBE-GRILLET – Christiane ROCHEFORT – Jacques-Francis ROLLAND – Alfred ROSMER – Gilbert ROUGET – Claude ROY – Marc SAINTSAENS – Nathalie SARRAUTE – Jean-Paul SARTRE – Renée SAUREL – Claude SAUTET – Jean SCHUSTER – Robert SCIPION – Lonis SEGUIN – Geneviève SERREAU – Simone SIGNORET – Jean-Claude SILBERMANN – Claude SIMON – SINÉ – René de SOLIER – D. de la SOUCHERE – Jean THIERCELIN – Dr René TZANCK – VERCORS – J.-P. VERNANT – Pierre VIDAL-NAQUET – Jean-Pierre VIELFAURE – Claude VISEUX – YLIPE – René ZAZZO. Le meilleur de la Nation ! Et d’autres encore (voir le nº 173-174 des Temps modernes).

 

Patrick Cintas.

 

Publicités


Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s