Louis Marette, violeur de faits

 

louis_marette_petain

Usages (républicains) d’origine monarchique

 

La bêtise n’est pas mon fort, dit monsieur Teste, ou peu s’en faut.

En l’absence d’ennemi, il est difficile de parler d’intelligence à propos de Louis Marette, maire de Mazères. On n’évoquera pas non plus à son propos une vénalité qu’il placerait sans doute au-dessous d’autres plaisirs ancillaires, car ce larbin n’est pas prince et le prince n’est pas encore passé de vie à trépas ; ce qui ne saurait tarder, mais n’assure en rien que Louis Marette est en posture de lui succéder. 

Non, l’intelligence n’est pas le fort de Louis Marette. La malhonnêteté non plus d’ailleurs, car, comme l’intelligence, elle n’est pas principe au point d’être facilement partagée. Les intelligences qui s’accolent donnent des écoles, les canailles des associations.

Il n’est nullement question de cela, on s’en doute, et s’il s’agissait malgré tout de s’y résoudre par souci d’honnêteté intellectuelle, la prudence nous inviterait à retenir notre voix dans les limites des conversations privées, tout au plus.

Avec Louis Marette, on est amené, par la force des choses comme on le voit sans éclairage supplémentaire, à limiter le débat public à la bêtise dont, en larbin inculte et cave de premier rang, il est le siège. 

Le mot siège n’est pas choisi ici par inadvertance. Louis Marette est en effet un des ces êtres particulièrement exemplaires de la bêtise humaine : il est en forme de siège et invite à ce qu’on s’assoit dessus. 

Certes, ne s’assoit pas qui veut. Ce tabouret de la pratique municipale est réservé à d’autres usages que ceux qu’on imagine quand on a l’esprit un peu grisé par les permissions de la liberté d’expression. 

Nous avions évoqué, au sujet de ce maire finissant, un Rambo pratiquant le culte du coup de feu, un chaperon rouge au panier plein de promesses de médailles, un seau au contenu difficile à évaluer tant la vie privée est intimement liée aux expansions publiques, etc. À propos du seau, nous avons bien reçu l’avertissement de ne pas le renverser sur la voie publique mazérienne déjà encombrée, pour ne pas dire maculée, de crottes présumées de chiens.

Voici le tabouret :

Louis_marette_tabouret

Comme on peut le constater sans avoir dépassé le niveau d’étude d’un garde-champêtre, rien n’indique dans l’apparence de cet objet qu’il contient les racines du mal ou, a contrario, celles de l’esprit. Un tabouret ne passera jamais, comme cela peut être le cas d’un seau, pour un symbole du mal ou de son contraire l’intelligence.

Tout est fait ici pour qu’on puisse s’asseoir dessus :

— trois pieds, au lieu de deux, en l’absence de système vestibulaire (preuve d’un commencement d’intelligence…) ;

— un réceptacle limité à la plus simple expression (autre commencement car, comme tout le monde le sait, qui vole un neuf vole un bœuf).

Il n’en faut pas plus pour que Louis Marette serve à quelque chose.

Rappelons, si besoin est, que Marcel Duchamp utilisa le tabouret pour « asseoir » l’inspiration d’une roue de bicyclette dont le roulement caractéristique calmait les migraines inspirées d’autre part par le monde lui-même, objectivisme avant l’heure qui a laissé ses traces, y compris nationales, n’en rougissons pas.

Mais Louis Marette ne se sert pas du tabouret : il EST le tabouret.

À proximité, fleurant le procès, on trouve une pétoire, une médaille, un chaperon et un seau. 

C’est en grands vernis que Louis Marette, « sentant sa fin prochaine », s’est livré à la cérémonie de l’héritage laissé à la population. Tous les maires ressentent finalement ce besoin de laisser quelque chose, les médailles et autres babioles n’intéressant plus vraiment ladite population à qui, à cause d’Internet et de ses inventeurs, on ne raconte plus des histoires aussi facilement qu’avant, d’autant que le mirage d’une république, aussi cinquième soit-elle, est mis à mal par l’évidence d’une construction monarchique de l’édifice national, ce qui, soit dit en passant, doit faire sourire Pétain dans sa tombe, ennemi ou pas ennemi.

louis_marette_violeur

Ayant fait porter le colis par des employés municipaux jusque dans la salle d’honneur du palais municipal, Louis Marette, photographié de près afin que la population ne se dispense d’aucun détail significatif, s’est transporté lui-même sur les lieux, ayant déjà commencé à fêter l’évènement car, précisa-t-il aux témoins médusés, « les fuites ont tendance maintenant à suivre des chemins détournés, alors qu’avant, on savait d’avance qu’on en avait pour son argent ! » Propos sibyllins qui en rappellent d’autres : « Donnons le canari à cette vieille sourde ; quand il la sifflera, elle croira qu’il chante pour elle. »

On n’ouvrit pas le paquet cadeau. « À ouvrir après mon décès, » précisa Louis Marette. On craignit le pire, mais pas un commentaire n’échappa des bouches présentes.

Louis Marette s’engagea dans un discours court. « Je ne fais jamais long, » soupira-t-il en lorgnant [censuré], « jamais large non plus ! » ajouta une voix non identifiée, « Ça se saurait ! » conclut un écho ostentatoire que tout le monde préféra ne pas entendre.

L’atmosphère était à l’hermétisme.

On en resta à cette géométrie philosophale plus que philosophique, comme le malade imaginaire qui ne se souvient pas si c’est en long ou en large que sa guérison est préconisée par la charlatanerie de ses investisseurs.

Le discours s’acheva sur une pénultième conclusion (« À bas Pétain ! Et vive Alexis Carrel ! ») car la dernière consista, comme c’est l’usage, en un verre de l’amitié, ou de ce qu’il en restait, car Louis Marette, en homme de progrès insatiable et récidiviste, avait pris de l’avance sur la longueur à parcourir pour ne pas être soupçonné d’avoir pris le large à temps. 

Plus tard, les mêmes employés municipaux remportèrent le colis mystérieux, lequel fut secoué pour constater qu’il émettait bien le bruit caractéristique que font les pétoires, les médailles, les chaperons, les seaux et les tabourets quand ils s’entrechoquent. La déception se lisaient sur leurs visages. On les comprend. Une atmosphère de braguette à Panurge, dirait notre ami Rasco.

 

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