French Theory à l’appui, la Droite est un tas de merde

 

Dans sa dernière [lettre], Johnny Rasco soulève à bout de bras la grande question de savoir ce qui, philosophiquement parlant, lie l’honneur à la saloperie, autrement dit ce qui explique l’un et l’autre.

Dernièrement, dans le cadre de la campagne pour les élections législatives, le candidat UMP de notre circonscription (Ariège Nord) a soutenu une manifestation sportive de troisième ou quatrième plan sous le prétexte que le « sport a une vocation éducative fondamentale… » Le sport ne sert pas seulement à muscler, il est capable de travailler l’intérieur de l’extérieur, prouesse, on en conviendra, remarquable et remarquablement gymnique.

Sans doute inspiré par le blason de Mazères, Philippe Calléja a déclaré solennellement, et avec une petite pointe de jalousie qui n’a pas échappée à Louis Marette, maire de Mazères, que « c’est notre fer de lance. »

« Ici, on vit rugby, on respire rugby, » on pense rugby, etc.

Heureusement, le tournoi a été gagné par des Basques. Sinon, on aurait douté de la hauteur du propos.

Gora Euskadi Askatuta.

Mais dans le canton de Saverdun, présidé par son conseiller Louis Marette, on ne se shoote pas au rugby, ni à aucun autre exercice de la musculation faite pensée par la pratique de l’introspection musculaire.

Une fois les médailles remises selon un protocole sévère et sévèrement mis en place par le tata qui s’en charge habituellement, on s’est retrouvé autour d’un vin d’honneur.

« Vin d’honneur » à Saverdun, car Philippe Calléja veut se distinguer de son concurrent intra muros Louis Marette qui, à Mazères, inaugure des « vins de l’amitié ».

Une analyse structuraliste s’impose.

Je rappelle que le sérieux de ce type d’analyse, d’invention française, et adoptée aux USA, est garanti par son expérience première : le mot insupportable contenant à l’évidence le mot suppositoire, on en déduit facilement que ce dernier ne l’est pas.

Ce rappel théorique (L’inconscient rhétorique d’Avital Ronell) étant fait, voyons ce qui structure la mise en concurrence de ces deux expressions désignant la même chose : un bon coup, celui-ci n’étant pas tiré derrière les fagots, mais directement à la futaille.

Louis_marette_vin

On voit donc ici clairement la place qui est accordée à l’honneur.

L’analogie avec la trilogie nationale frappe l’esprit plus qu’elle ne renseigne, mais il n’est pas mauvais de s’en approcher : un vin de liberté souffle sur l’honneur partagé en parts égales per l’amitié comme principe d’avancement. Devise qui pourrait inspirer l’héraldiste…

Le mot vin doit être pris dans son acception la plus large : l’idée d’ivresse aussi. Et non pas la plus longue, comme certains seraient tentés de le faire pour participer activement à la construction de la nouvelle Assemblée nationale qui sera de nature sportive si on a le sens de la longueur ou intellectuelle si on a l’esprit large.

Le mot honneur est mis en relation avec ce vin, passage obligatoire pour accéder à cette amitié qui est le ciment de toute relation humaine établie dans la louable intention de construire la société des hommes, de leurs femmes et de leurs enfants, soit dit en passant.

Dans l’autre sens, l’amitié n’atteint la dimension de l’honneur que par l’absorption de vin.

Ici, comme partout ailleurs, la modération est de mise. Le vin, insistons-y, est une façon de parler. Il n’y a que Louis Marette pour prendre ce mot au pied de la lettre.

Louis_marette_vin

Mais qu’est-ce que ces considérations morphologiques ont à voir avec la saloperie et l’honneur dont Johnny Rasco nous rebat les oreilles ?

Une simple substitution de termes, conformément à l’analyse de Rasco, nous éclaire d’avantage que ses chansons :

Louis_marette_vin

Certes, objecterez-vous, mais dans ce cas le mot vin n’a pas grande signification. On peut le remplacer par fornication, terme utilisé par Louis Marette pour décrire certains phénomènes politiques par lui observés, sans doute à travers le prisme constitué par un verre adéquatement placé dans sa main selon les usages en vigueur dans ce genre de rencontre.

Le mot pot serait moins prétexte à discussion devant une justice trop encline à donner son avis au lieu d’apprécier les faits comme c’est son devoir (son boulot). Familièrement entendu, ce mot désigne le postérieur, détail anatomique qui sert aussi bien le coup de pied que l’entourloupette. Nous n’irons pas jusque-là, relevant que l’association des mots corruption-copinage-merde est suffisamment révélateur pour ne pas nécessiter d’autres commentaires.

Louis_marette_vin

C’est la leçon de l’existence : prendre la vie comme elle vient, puis en tirer une conclusion qui ne soit pas trop bête.

Ainsi, le triangle signifiant vin-amitié-honneur se transforme, par la force des choses, en un autre qui signifie clairement que tout ne s’est pas passé comme le prétend l’analyse journalistique limitée, pour des raisons de déontologie, à l’examen des faits visibles à l’œil nu.

Seulement voilà : le philosophe enfile ses lorgnons. L’œil nu n’est pas son fort.

Et le simple spectacle électoraliste de quelques élus locaux accompagnés d’autres fonctionnaires au service de l’idéal gaullien se change en une analyse approfondie du phénomène.

Nous atteignons du coup les limites du système constitutionnel qui construit un État monarchique sur les fondements d’une Nation profondément républicaine. De quoi faire rêver les marchands de bananes et leur servir d’exemple.

Telle est la puissance de l’analyse structuraliste d’invention française et qui le reste !

On s’étonne moins alors que l’honneur soit comparé à de la merde.

Bien entendu, si l’esprit n’est pas en mesure, pour des raisons évidentes d’insuffisance cérébrale ou de domesticité active, d’entrer dans ce type de méthode, il y a peu de chance pour qu’on échappe à la qualification de droite. À gauche, on ne verra aucun inconvénient à traiter les crapules de crapules, les acolytes d’acolytes et les salauds de salauds.

Ce que c’est que la French Theory !

La même hypothèse vue à travers la lorgnette de Louis Marette n’aurait certes pas la même pertinence. Tandis que nos amis Américains ont décoré nos penseurs des meilleurs atours universitaires, Louis Marette est revenu de son voyage dans les colonies avec un diplôme arraché à une alma mater dolorosa, à l’âge de cinq ans à peine !

Louis_marette_licence-iv

 

Tu parles d’un « pétainiste diplômé » !

 

Publicités


Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s