André Trigano se dépêche

 

louis_marette_degaulle

 

Depuis quelques temps, l’ambiance change en Ariège. La tristesse masquée qui servit de réponse à la barbarie sarkoziste  laisse la place au désir de vengeance qui est en fait une sorte de nez sur lequel il est de bon ton de déposer un loup.

Même la Dépêche se dépêche, elle qui s’empêche la plupart du temps. Timidement, car la parole n’y est pas donnée à la pensée et à ses travaux polysémiques. Le Dabe André Trigano en prend un coup. Pour l’instant, on se moque de lui. Il faut être prudent car, selon ses propres déclarations, il est en bons termes avec Augustin Bonrepaux qui, toujours selon la même source, le lui rend bien.

 

Ce qui laisse augurer (peut-être) d’une épuration en douceur.

D’ici, j’entends les cagnettes de Louis Marette jouer des castagnettes. Philippe Calléja, qui se prend une raclée monumentale, y compris sur son propre terrain, ne pourra pas faire usage de sa méchanceté légendaire. Voilà où on en est.

Il faut dire que le passage du vent sarkoziste a laissé des traces : un centre de Pamiers réduit à la mendicité au profit des petites affaires du clan Trigano en périphérie, la tristesse récurrente des rues de Mazères qui fait fuir les touristes, la mort quasi complète de Saverdun qui mourra la gueule ouverte si Philippe Calléja n’en est pas chassé, la musique militaire qui résonne sans raisonner, la méchanceté foncière des gens de droite qui s’applique aux pauvres, aux marginaux, aux déclassés même, voire à tout ce qui ne se laisse pas enculer par le drapeau national…

Oui, oui : ici, on dit enculer, madame la Présidente ; on se sent libre de choisir nos sens dans le dictionnaire de la langue française. On signale que Louis Marette préfère, en bon chaouch, le terme enculasser : mettre la culasse au canon d’une arme à feu, précise Littré. Louis Marette s’est fait bien enculasser, mais c’est en bon cave respectueux des directives du Dabe. Il lui est même arrivé d’enculasser, en période d’apyrexie, militairement parlant bien sûr : nous nous en tenons au sens propre, voire récur(r)é pour la circonstance.

 

Le temps de l’épuration est donc venu.

Bien sûr, des voix s’élèveront pour prévenir les abus, car en matière d’épuration, ce sont les abus qui donnent un sens à l’Histoire, et on sait à quel point celle-ci est un cauchemar dont il est difficile de s’éveiller.

Les pitreries gaullistes commencent à annoncer le matin, mais on est loin d’en être là quand on considère que le gaullisme est devenu, sous la houlette de la barbarie sarkoziste, un pétainisme, n’en déplaise à la justice provisoire qui s’exerce toujours un peu vite quand les chances d’être réélu sont encore prometteuses. Le Dabe n’y a-t-il pas cru dur comme fer quand il a invité l’ex-président Sarkozy a assister à une démonstration de la fidélité domestique du préfet de l’Ariège qui ne voulait à aucun prix qu’on l’ignorât ?

Hélas pour ces ostrogoths, la République française revient à ses principes fondateurs. Ce qui me donne envie d’aller pisser au pied de la statue de Jean Cardot aussi mensongère que minablement sculptée.

En pissant sur la tombe du soldat inconnu, ce qui l’exposa à un rude passage à tabac, Jean-Pierre Duprey n’avait sans doute pas assez pensé que ce cadavre est peut-être celui d’un poète d’une race toujours maudite chez nous si l’on en juge par la persistance tenace de la propagande gaulliste encore vivace de nos jours parce que l’honneur dont il est question relève plus de l’action politique, toujours entachée de compromissions, que du courage et de la fidélité, valeurs qui appartiennent à tous les hommes, y compris les moins tenants de titres forcément désuets.

Les bavardages incessants des « anciens combattants » ne recouvriront jamais le silence têtu des véritables héros. Car s’il est bien une chose qui n’invite pas au bavardage, c’est le combat. Toutes les familles savent cela. Surtout dans ce pays où les victimes des guerres sont… légions.

Alors le temps est venu de promener les faux frères, à poil et fraîchement tondus, sur la place publique au milieu des hourras de tous ceux qui ont su retenir la violence légitime inspirée par la barbarie sarkoziste et par ses représentants locaux. Que cela se dépêchera, doutons-en, mais sait-on jamais ! Et si la justice s’en mêle, ce sera sans doute dans le style des lendemains de guerre…

Non. Ce temps de l’épuration sera négocié, comme il convient au conservatisme de cette nation domestiquée.

Aura-t-on accès aux dossiers ? Quelques débats publics auront-ils lieu pour nous éclairer ? La Dépêche trouvera-t-elle les plumes qui lui manquent ? Un professionnalisme probe va-t-il présider à des enquêtes enfin menées tambour battant ?

 

Allons ! Allons ! Le jamais vu ne se voit jamais, c’est la règle.

Il faudra se contenter des miettes tombées d’une longue période électorale qui a, dit-on, fort épuisé l’esprit et le corps des Français. Enfoirés de Français incapables d’apprécier le fond véritablement démocratique de leur existence quand il se manifeste aussi heureusement qu’aujourd’hui !

Et c’est dans cet état de consomption que les citoyens vont se jeter dans la marelle des vacances. Pas tous, loin s’en faut ! Il faut du privilège pour avoir le droit de secouer son plumier dans les vaguelettes du bord de l’été.

Le temps passant, on aura moins envie d’épurer. Après tout, ces trois rabougris promenés à poil et sans cheveux sur la place Milliane n’apporterait rien au moulin de la contestation.

Entre temps, Louis Marette aura encore soufflé un peu de son haleine chargée dans la baudruche municipale : âneries en tous genres destinées à amuser le rare touriste et quelques badauds qui autrement se font carrément chier, sans compter l’église en surproduction de vin de messe.

 

Il faut bien le constater :

En France, il n’y a pas d’extrême Gauche, la Gauche n’est plus populaire et le socialisme court après une  tranquillité de Droite sans s’essouffler. Il n’y a plus de Droite non plus : un Centre tente de rassurer pendant que la racaille d’extrême Droite, pétainistes de l’UMP et maurrassiens du FN confondus, avec ce qu’il faut de gaullisme décalé, recrée les conditions de la tragédie nationale dont il faudra songer à fêter l’anniversaire sans se faire enculer, prouesse mirifique qui appartient aux élus, si j’ai bien compris !

Ici, on n’épure pas : on encule toujours les mêmes et ça ne change rien alors que ça devrait !

« Élections, piège à cons ! »

« Le slogan dénonçait les traîtres, mais les cons, c’étaient nous, » écrit un professeur d’Université quelque part dans le cerveau envahissant de la blogosphère.

Pourtant, une odeur de démocratie se devine quand on écrase la merde gaulliste génétiquement modifiée par la barbarie sarkoziste. Oui, la France a aussi cette odeur. Mais il faut torcher avec vigueur, quitte à créer un style.

 

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