Philippe Calléja dans la tombe de Louis Marette

 

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La raclée infligée à la droite par le peuple français est une leçon de civisme. Leçon franchement administrée sur les traces de la philosophie, c’est-à-dire en dehors de tout esprit salaud ou pédant. Elle porte, comme en témoignent parallèlement les écrits publiés dans ce blog, sur les caractéristiques flagrantes et traditionnelles de cette Droite décidément barbare et inadmissible :

méchanceté, avec ce que cela suppose de peurs infligées ; on peut appeler ça pétainisme si on veut et que ça plaise ou non à la Justice ;

hypocrisie (terme entaché de pédantisme chrétien auquel nous préférons celui de « saloperie », dans le sens sartrien) ;

infantilisme (ou autrement dit désuétude des soi-disant récompenses étatiques ; encore mieux dit abêtissement par la reconnaissance mise en scène au sein d’ordres obscurs et obscurément constitués) ;

misanthropie (qui est le contraire du concept de charité ou, si l’on préfère, de la philanthropie, ou de l’humanisme qu’on est en droit d’attendre d’un élu).

Ici, en Basse-Ariège, la Droite d’André Trigano et de ses larbins est en train de faire long feu : Philippe Calléja, dauphin désigné depuis que Louis Marette donne des signes de sénilité, rentre dans sa niche avec les stigmates d’une défaite cuisante : il est châtié chez lui à Saverdun, chez son maître à Pamiers et chez son pépé à Mazères ! Quel naufrage !

Battue à plates coutures sur son propre terrain, une Nadine Morano déclare sans vergogne qu’il faudrait interdire aux humoristes de faire de la politique ! Caractéristique policière empruntée pour la circonstance au fascisme et à sa théorie du corporatisme. L’effet est d’un comique cosmique ! Il faut dire qu’elle a la tête de l’emploi ou qu’en tout cas son cerveau connaît ses grimaces et n’a pas trouvé les moyens de les soustraire à l’attention des médias.

Autre faciès particulièrement éloquent, Claude Guéant, extrémiste sans foi et maître à penser du mirmidon Louis Marette, s’expose à des représailles après avoir tenté de se mettre à l’abri sous le statut de représentant du peuple, lui qui n’a jamais rien représenté et tout dissimulé.

Du coup, les tenants de la soi-disant civilisation chrétienne se posent en humanistes, doctrine pétainiste n’ayant évidemment rien à voir avec la génération de l’esprit humain par la science et la littérature. François Fillon, bedeau poussif et carillon sans gloire, se fait d’ailleurs de gros sourcils en ce moment ; il a de plus en plus la gueule de son emploi apostolique.

Il faut dire que le mensonge gaulliste, qui ne vaut intellectuellement pas mieux que les pitreries des négationnistes, est loin d’être dénoncé comme une des pires révisions de l’Histoire, y compris par celle qui préside aux destinées des socialistes. Ses références constantes à la résistance font florès : d’après elle, à droite comme à gauche, excepté chez Le Pen, tout le monde il est gaulliste, tout le monde il est pas collabo.

Certes, les intellos du Front de Gauche n’ont pas convaincu la populace encline à gueuler avec les loups ; on n’attire pas les mouches avec le vinaigre. Avec moins de théâtralité et plus de preuves que la fiction est à la portée de tous, ce discours eût emporté l’adhésion de la douleur, la seule qui compte quand on n’a pas peur de la vérité.

Le Parti Socialiste lui-même ne l’emporte largement que parce qu’il s’est, sans doute savamment, approprié l’électorat du Centre, toujours à droite, et celui des « vrais gaullistes » qui signalent, de concert avec les « nouveaux communistes », que la Droite UMP est pétainiste, n’en déplaise aux cerveaux lacunaires et vicieux de l’arrière-garde moraliste installée dans la soute par le sarkozisme.

De plus, des traces demeurent de la barbarie sarkoziste héritière du colonialisme et du collaborationnisme. J’en veux pour preuve cette récente décision de la Cour de cassation du Royaume de France :

Le chef de l’Etat français peut agir en justice en tant que victime pendant son mandat, même s’il nomme les magistrats et bénéficie pour sa personne d’une immunité pénale, a dit vendredi la plus haute juridiction française. La Cour de cassation a donné ainsi raison à Nicolas Sarkozy dans le premier arrêt sur le sujet, appelé à faire jurisprudence, et qui concerne une affaire où il avait demandé réparation d’un piratage de son compte bancaire personnel. La juridiction a écarté l’argument soulevé par les auteurs de ce délit, qui estimaient que le président de la République ne pouvait pas se constituer partie civile contre eux car il nomme les magistrats par décret. « La seule nomination des juges par le président de la République ne crée pas pour autant une dépendance à son égard dès lors qu’une fois nommés, ceux-ci, inamovibles, ne reçoivent ni pressions ni instructions dans l’exercice de leurs fonctions », lit-on dans l’arrêt. (Presse)

Autrement dit : « Comme vous avez raison, messieurs les délinquants, et qu’on a le devoir de vous donner tort (encore heureux !) , on se donne raison. » Pratique perverse du jugement qui, en des temps moins heureux, favorise les émergences crasses de la trahison et de la délation, mais conforme à l’esprit gaullien qui se veut pragmatique et aussi peu visionnaire que possible.

Dépourvue de séparation des pouvoirs et de leur partage équitable entre les acteurs de l’ordre public, la France, monarchie élective plus que république française, entretient en son sein une magistrature qui prétend se nourrir, à l’abri des effets critiques qui menacent sa légitimité même, du beurre et de l’argent du beurre. Rien de moins ! La place est bonne en effet si l’on est à la fois indépendant et fonctionnaire à vie. Il faut constater que les ambiguïtés sont précieusement cultivées : l’inamovibilité est confondue sereinement avec l’indépendance, ce qui en dit long à la fois sur la médiocrité de la pensée et sur la duplicité des idées. Mais le peuple français lui-même n’entretient-il pas cette autre perle, héritage de ses fondations mérovingiennes, constitutive de la saloperie : le privilège à la place du droit ? et le piston à la place de la reconnaissance ? Quand l’exemple vient d’en haut, il se suit les yeux fermés.

En attendant qu’un véritable débat s’installe sur la perspective d’une Constitution digne de l’esprit républicain que l’actuelle bafoue sans scrupules au nom de l’ordre à établir coûte que coûte (bonne définition du gaullisme), réjouissons-nous tout de même de la victoire de la Gauche. On va pouvoir (peut-être) s’en prendre sans retenue aux fondements même de cette Droite qui ressemble à toutes les ignominies de l’Histoire : elle n’est jamais modérée.

Ici même , à Mazères, le programme de ce combat s’impose de lui-même, contre :

— l’hystérie justicière de Louis Marette, en relation avec la méchanceté dont il est question plus haut ;

— ses enfantillages, qui jettent à la fois le trouble et la risée sur les valeurs républicaines et la mémoire collective ;

— sa déloyauté envers l’humain ;

— son incivisme.

Sur ce dernier terme, et afin de lever toute ambiguïté, précisons que ce mot est pris dans son sens français et que, par conséquent, sa synonymie avec collabo, en usage en Belgique, n’est pas de notre ressort ; clarification qui sera utile, n’en doutons pas, à une justice quelquefois prise en flagrant délit, là encore, d’amphibologie et par conséquent d’activité politiquement, et non pas juridiquement, législative.

L’incivisme dont il est question ici est vu comme un défaut de dévouement du citoyen pour l’État et/ou de l’individu pour la collectivité.

Le dévouement pour l’État français étant peu compatible avec nos convictions territoriales ou plus exactement  terrestres, nous réservons notre jugement à des diatribes autrement combattives.

Par contre, la loyauté que chacun, indépendamment de ses convictions, de son attachement sentimental, voire de ses racines, doit à ses semblables est un sujet à la portée du débat municipal : les diverses applications de la barbarie sarkoziste par ce maire opportuniste et domestiqué ne laissent aucune place au doute.

Il convient donc de s’appliquer à gâcher sa retraite de riquiqui, terme beaucoup mieux approprié à son inculture que celui de pétainiste dont le sens a, à notre avis, fort mal vieilli, y compris dans l’esprit de ceux qui y perçoivent instinctivement, à défaut d’avoir les moyens de s’y pencher intellectuellement, une atteinte à la… dignité humaine. Idée sarkoziste par excellence.

 

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