Louis Marette voit toutes les couleurs le 14 juillet

 

louis_marette_14-juillet

 

C’est l’été à Mazères.

Son maire, Louis Marette, ne se sent plus pisser comme on dit ici.

Et on sait bien ce qui le fait pisser… en dehors des causes naturelles et de la fatigue.

Ce retraité s’ennuie toute l’année dans sa mairie, sauf l’été.

L’été, à Mazères, c’est la fête ! Et Marette s’amuse !

Des touristes, il n’y en pas, ou peu, et ce sont rarement de vrais touristes. On ne vient pas à Mazères pour se cultiver ou faire la fête, hélas !

Question culture, à part un festival de saxo, rien ! La question n’est donc pas à l’ordre du jour. Marette étant un larbin inculte, il ne faut pas s’étonner de cette triste situation que personne n’est en mesure de changer car ce rustaud a du piston !

Annonçant les festivités de la Fête nationale au micro de Radio-Mazères (un système de fils et de haut-parleurs accrochés aux poteaux environnants), son animateur en chef, Louis Marette lui-même, a d’ailleurs oublié d’annoncer ce festival tellement il était excité par SON 14 juillet. Il s’est modiquement rattrapé en bafouillant des choses qui tenaient à la fois de son indifférence pour les Arts et de l’attrait qu’exercent sur lui les composants premiers de la fête.

On a eu droit il y a quelques jours à une fête des traditions qui nous a inspiré l’article précédent lui-même inspiré par les conversations que nous tenons tous les jours avec les vrais Mazériens, ceux qui en ont vraiment bavé à l’usine, aux champs et à la guerre. Et nous avons exprimé cette colère légitime contre les abrutis indignes qui se sont bien tourné les pouces pendant leur existence de planqués et qui maintenant, en retraite, prétendent donner des leçons de traditions sur des sujets qui doivent inspirer autre chose que le plaisir et le bon temps. Mais Louis Marette a fait joujou toute sa vie et il continue, allant jusqu’à se présenter comme l’exemple que la jeunesse doit suivre si elle ne veut pas sombrer dans… l’intelligence des choses de ce monde. Comme naufrage, c’est toutefois tentant, et nous invitons régulièrement la jeunesse de Mazères à secouer les plumes de ces Apaches sans honorabilité constante — ce qui ne veut pas dire sans zoneur, preuve que nous apprécions la nuance.

Et maintenant, au tour du 14 juillet ! C’est l’étape suivante et Louis Marette, grimpé sur son véloquipeine (istapekomaxina), donne le coup de pédale en direction de…

… On s’attend à une fête populaire, avec des rencontres sur les terrains où on a l’habitude de se voir tous les jours certes, mais sans esprit de célébration. Il est même concevable, ce jour-là, de se retrouver à l’église ou au temple. On souhaite aux cafetiers une bonne journée et à nos jardins un ensoleillement digne de nos parasols. Au fond, on reste simple, même dans la grisaille, mais pas plus loin, et les pas de deux giguent sur la place publique finalement illuminée par un feu d’artifice forcément de toute beauté. Telle est la tradition en France. Il n’y a qu’à Paris, et dans quelques autres villes françaises anciennement germaniques, que les chars d’assaut et les vols en formation viennent jeter le doute sur les intentions du gouvernement.

En conséquence, le véloquipeine de Louis Marette n’est animé que par les pédales qui l’éreintent en direction… du monument aux Morts. Morts avec une majuscule pour exprimer clairement la douleur des familles et pas autre chose ! Ces Morts ne sont pas forcément et indubitablement tombés pour la France : ils se battaient surtout pour la survie de leur terre, encore une nuance à enfoncer dans le crâne de ce Louis Marette qui ne se différencie du bobo que par la nature de la drogue dont il fait usage : la sienne est autorisée !

Voilà comment les pitres de la République nous sucrent une fête qui ailleurs, sauf en Chine, ne fait pas l’objet d’une commémoration militaire. Pour ce faire, le calendrier national a prévu d’autres dates. Voir, pour apprécier l’ignominie, les témoignages éberlués ou scandalisés des touristes étrangers à Paris.

Il est d’autre part évident qu’en terre occitane les clameurs nationales ne sont pas les plus appréciées par une population qui, par les temps qui courent, est en droit de se demander si Paris est un bon choix et si ses serviteurs sont dignes de confiance.

Il n’en reste pas moins qu’une fête est une fête, une occasion de se cultiver aux sources de l’Histoire de France et des non moins précieuses Humanités locales, ce qui échappe totalement aux responsables de… l’action culturelle à Mazères.

Mais quand Mazères reviendra-t-elle à ses bons sentiments ? Ils ne manquaient pourtant pas !

Ce maire affublé de médailles, d’écus et de tocs donne de Mazères l’image que le Parigo se fait des « trous du cul du monde ». Il ne perd pas le Nord, quoi !

Nous l’avons d’ailleurs surpris tout nu dans les fourrés du bord de l’Hers, comme en témoigne notre cliché pris sur le vif, écartant les feuillages avec son… petit bâton de marche militaire. Et nous avons clairement entendu sa chanson, dont nous transcrivons ici les paroles :

 

Je les aime pas trop marquises

Je suis un trop bon citoyen

Et si le vent tourne à la bise

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

J’en ai encor’ des chos’ à faire !

Des tas de chos’ et pas que bien

J’ai encore les pieds sur terre

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Monter la tente en liberté

Se coucher dedans en terrien

Et en toute fraternité

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Des avantag’ il y en a bien

Faut pas non plus exagérer

Que ce soit bien ou mal géré

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Je m’organise en bon pays

Ya de la plac’ pour tous les chiens

Ya même un coin pour les fusils

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Cert’ il arriv’ que d’aventure

J’ai l’occasion de fair’ le bien

Moyennant quelque alcoolature

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Je les aime pas trop marquises

Je suis un trop bon citoyen

Et si le vent tourne à la bise

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Chanson extraite de notre opérette Nous voilà ! dans la série L’Ariège a besoin d’un concept, ouvrage dont nous préparons la sortie en librairie à l’automne prochain.

 

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