Louis Marette, clown au service de la littérature

 

Le tragique de la condition bourgeoise est qu’elle reste attachée à certains avantages, qu’elle a mérité une fois peut-être, mais qu’elle ne mérite plus. Les bourgeois sont donc obligés aujourd’hui de se prouver à nouveau, par un sursaut d’activité, qu’ils ne sont pas indignes de leurs privilèges : d’où un certain « fascisme ».

RamuzTaille de l’homme.

 

Ce blog conçu à l’origine pour un usage modestement local prend des proportions inattendues.

 

Justice et littérature

En effet, dépassant peut-être notre propos, nous voilà auteur d’un volume qui, à peine né, passe les soixante mille mots et les quatre-vingt illustrations (voir ci contre). Et non content de cela, l’été nous a inspiré un autre ouvrage, sous forme d’opéra-bouffe, qui sera bientôt proposé à l’attention du lecteur sur l’Internet et en librairie.

Vu l’ampleur et la qualité du travail, nous nous croyons à l’abri de toute accusation de vengeance ou même de justice envers notre cible. Notre objectif est bien de témoigner et de donner à ce témoignage un style littéraire destiné autant à amuser qu’à renseigner… ut doceat, ut moveat, ut delectet.

Il va sans dire que l’objectivité n’est pas de mise.

Affecté d’une hypersubjectivité sans masque, ce travail pourrait être qualifié de gonzo (1) mais, de par nos origines, nous préférons nous associer à la Basoche (2). Le qualificatif de Sot nécessite une rénovation complète de ses acceptions. N’en déplaise à la Justice qui s’est exprimée à Foix, les mots « salaud » et « pétainiste » appartiennent au vocabulaire de la critique sociale (tradition de la farce), de la satire des superstitions et autres convictions (dont les plus touchées : la Justice et la Religion ) et bien sûr de la satire politique dont l’origine nationale est la sottie. Toute déviance de l’intelligence et de la culture est ici fustigée avec les moyens des grosses ficelles et des sabots lourds de sens.

 

Expansion du domaine du blog

Notre réputation a même passé la frontière de nos chères Pyrénées. Des amis de Cardona, en Catalunya, nous font part de leur intérêt pour le divertissement satirique que nous avons le plaisir de diffuser au détriment bien sûr de l’image de notre maire et de quelques-uns de ses… coreligionnaires !

Blague mise à part, le nouveau maire de Cardona a rendu visite à Mazères. Sans faillir à nos habitudes de bienvenue, Louis Marette l’a accueilli dans un esprit, n’en doutons pas, de convivialité sans lequel l’échange culturel peut rester lettre morte.

 

louis_marette_cardonna

 

Pour prouver que nous ne racontons pas d’histoires sur notre pouvoir de communication, le maire de Cardona a offert à Louis Marette une copie de sa célèbre effigie. À en juger par la tête qu’il fait, on peut considérer que le maire de Mazères est l’auteur de ce joyeux montage photo et que ça lui donne envie de se faire dessus !

Cette effigie, et d’autres encore de notre cru, circulent à Cardona pour que ses habitants mesurent la médiocrité culturelle de Louis Marette et ce qui le différencie clairement de ceux qui travaillent honnêtement à la conservation des traditions et à l’avant-garde de nos arts.

Au lieu de ça, Louis Marette, roi pour rire, fait le singe sur des outils dont il méconnaît la véritable histoire sociale et tout ça pour tenter d’amuser des touristes médusés et quelques faux nostalgiques d’un temps dont ils n’ont pas connu les duretés.

Ce Philocléon de l’honneur et de la médaille est aussi un Sosie de la barbarie sarkozyste (3) et de ses effets justiciers sur l’emploi des mots qui conviennent malgré les coups de piston et le droit de cuissage ; en termes mérovingiens : le Privilège et la Recommandation.

Deux principes peut-être soigneusement effacés dans le « Musée barbare »… non… Louis Marette est trop ignare pour y avoir songé. Ce n’est qu’un valet soucieux de loisirs douteux (doutons de la chasse et de la délation) et d’une postérité à laquelle nous participons nous aussi pour… l’améliorer un tant soit peu.

Le manque de courage intellectuel de Louis Marette l’a conduit, suivant l’exemple de ses maîtres fascisants, à porter ce simple blog en justice pour, croyait-il, créer la polémique. Il n’en est rien. S’il avait un sou de cette intelligence et de cette culture qui lui manque devant les autres et en compagnie de ses complices, il aurait su qu’une satire ne peut en aucun cas être transformée en polémique par un coup de baguette judiciaire.

Les agissements de son camp demeurent sans effet sur ce qu’il convient d’appeler la réalité. Certes, quelques esprits fatigués d’avance en sont éprouvés au point de ne pouvoir mener la lecture au-delà des bulles et des légendes. Grand bien leur fasse ! Nous ne nous en portons que mieux !

La profusion de documents de l’époque vichyste dans les médias, et notamment à la télévision, nous renseigne assez sur l’état de la pensée dans une France enfin libérée des contraintes de la peur. Mais, comme nous le disions précédemment, il reste des zombies. Ils ne sont pas dangereux, car vieux et cons à la fois. Ils sont jeunes quelquefois, et immanquablement cons.

 

Triboulet fut le bouffon, et ami, de François 1er. Celui-ci, pour des raisons sans doute judicieuses, lui avait interdit de se moquer des Grands. Triboulet, bien entendu, n’en fit rien. Il se moqua et fut donc, comme le voulait la Loi, condamné à mort. Son ami le roi, ne voulant pas d’une séparation aussi nette, lui accorda le privilège de choisir sa mort.

— De quelle mort veux-tu mourir, mon ami ?

— De vieillesse, sire !

Le roi, hilare, ordonna qu’on ne tuât point son ami le bouffon. Pouvait-il faire moins que le bannir ?

 

________________

 

1. « L’objectivité du journalisme est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles les politiciens Américains ont été autorisés à être si corrompus depuis fort longtemps. On ne peut pas rester objectif en parlant de Richard Nixon. » Hunter S. Thompson. Et cette excellente définition rencontrée sur Wikipédia : « Le parti pris par le journaliste gonzo est d'informer le plus possible son lecteur sur la nature et l'intensité des facteurs « déformant » son point de vue. Ainsi il peut, en faisant appel à son sens critique, recomposer ensuite une image vraisemblable de la réalité. Décrire les ondulations d'un miroir aide à retrouver la forme réelle du reflet anamorphosé qu'il projette. Il s'agit, pour l'auteur, d'assumer jusqu'au bout la subjectivité de son propos. »

 

L’anamorphose n’est pas une figure de rhétorique tant le gonzo est éloigné de tout art du discours et, au contraire, bien proche de cette « dissociation d’idées » dont Rémy de Gourmont a laissé la trace indélébile.

 

2. En écho à notre fameuse Fête des Fous, cette célèbre réplique de Macbeth :

— She should have died hereafter;

There would have been a time for such a word.

To-morrow, and to-morrow, and to-morrow,

Creeps in this petty pace from day to day

To the last syllable of recorded time,

And all our yesterdays have lighted fools

The way to dusty death. Out, out, brief candle!

Life's but a walking shadow, a poor player

That struts and frets his hour upon the stage

And then is heard no more: it is a tale

Told by an idiot, full of sound and fury,

Signifying nothing.

Enter a Messenger.

Thou comest to use thy tongue; thy story quickly.

 

3. …yste… comme dans vichyste… pour forcer l’analogie… formelle !

 

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