Louis Marette franchit le mur du con – Facebook, Wikimedia et Tupperware

 


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Coup pour coup ! On a entendu et vu il y a à peine quelques semaines un représentant du Syndicat de la magistrature, aux allures d’adolescent attardé, nous faire la leçon suite aux secouements dont a été « victime » le juge Gentil, tombeur potentiel de Sarkozy (¡Ojalá !). Le même messager, auquel il ne manquait cette fois que la barboteuse ou au mieux le costume marin adapté à l’âge de raison, s’est mis à bafouiller sur les écrans pour défendre le « mur des cons » dont il est un des auteurs potaches.

Certes, l’endroit est privé et rien n’interdit au citoyen de porter même les jugements les plus téméraires à l’endroit de ses édiles, surtout quand c’est absolument sans mentir. D’ailleurs, qui imaginerait qu’un magistrat, qui est d’après le gouvernement une « personne importante », puisse mentir même en chambre ? De fait, que ces « jugements » constituent de pertinentes observations ou au contraire des contrefaçons de la vérité vraie n’est pas le sujet.

Quelques magistrats sont même soupçonnés de se venger ainsi des camouflets que leur infligent régulièrement les institutions européennes les mieux placées pour estimer leur compétence et leur sincérité. Le mot « con » serait « banalisé » comme une voiture contenant la fine fleur de la pensée française, ce qui ne va pas chercher loin dans l’avancement des travaux consacrés à la modernisation de ce vieux, très vieux pays. Le mot « mur » n’est toutefois pas une allusion à Berlin. Il est emprunté au vocabulaire de Facebook sans aucune trace d’empire si ce n’est celui d’une certaine infantilisation de l’esprit.

Bien sûr, si cet amusement immature se limitait à Facebook et à la dégénérescence du niveau intellectuel et culturel de l’exécutif, dont la magistrature est partie prenante au mépris de toute indépendance (la paye est bonne !), il ne faudrait y voir qu’un miroir où ce qui ne ressemble à rien se reproduit à la virgule près.

Mais, les « analyses », les syntagmes produits sur ce mur témoignent que ce jeu de cons va plus loin que le mur et au-delà de la connerie qu’il prétend illustrer pour faire le lit de la politique qu’il ne dissimule plus désormais. Une véritable idéologie y prend racine. De gauche ? Certes.  Mais rien à voir avec Marx et ses élites. Il s’agit plutôt de Blanqui et de ses « déclassés », petits bourgeois « éduqués » seuls compétents selon lui pour faire la « révolution » à la place de la « racaille » qui, on le sait bien, ne vaut rien dès qu’il s’agit de construire une société républicaine sur les principes du privilège et de la recommandation, autrement dit, Clovis dixit, de la naissance et du piston. À quoi il convient, n’oublie pas George Darien, d’ajouter ceux de mouchardage et de fayotage, spécialités culinaires des larbins méritants.

Et ces pratiques inacceptables de la « démocratie » se retrouvent à tous les étages de la construction nationale. Spectacle affligeant de ces « élites » incapables de soutenir l’économie du pays ni même de faire honneur à son exercice de la justice. De vulgaires carriéristes, de haut en bas, du ministre au larbin municipal.

La pourriture serait une image judicieuse si le fruit avait mûri sans trouver acquéreur, mais ce n’est pas le cas. C’est l’arbre qui est mal conçu. À droite comme à gauche, si tant est qu’on soit assez informé pour distinguer clairement ce qui les sépare, option politique à mon avis improbable aujourd’hui y compris sous le sceau du discours élevé à la dignité de pensée.

L’impression qui demeure ne se détache pas du sentiment qui la fait naître. L’infantilisation des institutions est en marche, au service des mouchards, des pistonnés et des fils de famille. Le niveau baisse au point que le terme même d’ingénieur, que l’enfant que j’ai été se souvient aujourd’hui d’avoir rêvé au pied de la statue Riquet, n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’il a garanti à ce pays et tout avec ce qu’il annonce de médiocrité et de jeux d’enfant destinés à prendre le pouvoir pour en profiter un bon coup.

J’en veux pour preuve le portrait que nous traçons ici (depuis près de deux ans) de la « France profonde », épisodes d’une bouffinnerie municipale conduite non pas par un bouffon, ce qui l’eût honoré, mais par un camelot bouffi d’orgueil et de bêtise. Encore un exemple ? Mais, Madame, nous n’avons que ça dans notre corbillon. Et encore, on s’en tient à la geste publique, car si nous franchissions ce pas de porte… Allez ! Encore une !

 

La Dépêche du Midi, Louis Marette et Wikimedia

 

La banque de données libres Wikimedia Commons a décerné son Prix 2012 à cette étonnante photographie de Pierre Dalous, ornithologue et conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Toulouse. Associer l’art et la science n’est pas donné à tout le monde, même si monsieur Dalous s’en défend presque, attribuant sa réussite à la fois à un fin matériel de prise de vue et à la chance qui sourit quelquefois à la patience et au don de l’observation.

Pair_of_Merops

La photographie a été prise à Mazères, au Domaine des oiseaux où le passant oisif ne voit que des chemins jonchés de merdes d’oiseaux, identifiant aussitôt de vulgaires canards et des oies non moins communes. Cependant, les postes d’observation, fort bien conçus et construits, offrent à l’amateur éclairé des spectacles autrement gratifiants comme le prouvent les photographies publiées sur le site Web du Domaine et comme peuvent en témoigner quelques écoliers assidus. Il est vrai que cet endroit n’est pas un lieu de promenade ; ce n’est pas exactement le jardin où délasser les enfants borderline, ni le terrain des exercices modérés dont la vieillesse raffole avec précaution. Mais cet environnement excrémentiel ne dérange pas les oiseaux ; ils restent d’ailleurs sourds aux pollutions sonores de l’autoroute qui traverse ce havre de scrutation et de constance.

…Mais il n’en faut pas plus à Louis Marette, maire de Mazères en pleine campagne municipale, pour satisfaire à la fois son égolâtrie morbide et son image publique de Sauveur conservateur et chimérique. Sautant, avec la complicité amicale de la Dépêche du Midi, sur la moindre occasion de faire valoir ses mérites, il n’a pas pu résister à la tentation de distribuer une médaille, celle de la ville, à l’auteur de la photo primée par Wikimedia, lequel s’est prêté au jeu sans le commenter. On connaissait l’entonnoir en plastique de Louis Marette, son seau, sa pelle, son tamis et une flopée de jouets à usage dépublicain. À cette panoplie du ridicule, de l’enfantillage et de la mauvaise foi, il vient encore de lever son verre au plastique d’une médaille qui n’est pas faite pour faire avancer le Schmilblick[1], mais pour le dénaturer au profit de l’enrichissement personnel, celui-ci consistant, comme nous l’avons dit plus haut, à profiter du mérite des autres pour masquer la misère de ses entreprises de cheminot en retraite. Ne l’a-t-on pas vu et entendu s’en prendre vertement aux entrepreneurs de Mazères pour leur reprocher de ne pas accomplir les promesses que lui-même avait faites à propos de l’emploi ? Lui qui, ayant profité à plein temps des hauts faits de la SNCF, n’est évidemment pas compétent en matière d’économie d’entreprise. Pas plus qu’il n’est capable de mesurer l’effort de la tradition au battage du blé, tant il a préservé son échine de ces travaux véritables incompatibles avec sa notion de l’énergie et du don. Spectacles affligeants de confortables retraités venus exprès pour donner des leçons sur des travaux qu’ils ont soigneusement évités pour ne pas y laisser la santé !

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Toujours aussi con[2] quoi !

C’est qu’il est en campagne. Alors il distribue des médailles à tout ce qui peut servir sa cause extrêmement droitiste, voire fascisante, donnant ainsi à notre ruralité occitane des airs de France profonde. Il faut dire que le talent du photographe de La Dépêche n’est pas à la hauteur de l’événement. Ou bien l’ironie de ce quotidien est volontaire et on se demande bien pourquoi Louis Marette lui confie (à quel prix ?) la médiatisation de sa personne et de ce qu’elle contient à la fois de comique troupier et de domesticité immature et ignare.

Que monsieur Dalous, qui a reçu la « médaille de la ville de Mazères », se prête à ce jeu ne dénature certes pas sa science ni son talent, mais Marette ! Marette qui a passé sa vie à s’attribuer les mérites des autres pour se faire reluire, lui qui ne brille pas par son intelligence ni sa culture ! Quel mélange des genres ! Non, décidemment, les torchons et les serviettes ne peuvent pas servir la même table.

Et la tête de Jean-Louis Bousquet, qui est comme qui dirait le vizir du Domaine des oiseaux ! Même sa veste a rétréci. Et tandis que Marette détend sa peau couperosée pour les besoins de l’apparence photographique en élargissant un sourire auquel il ne manque que les oreilles (non, c’est pas au crack qu’il se pique[3]), le Bousquet semble faire tout ce qu’il peut pour sortir de cette photographie peu avantageuse à l’égard de ses figurants, mais tellement significative de la médiocrité qui s’installe chez nous chaque fois que les « maîtres » font occuper la place qu’ils estiment la leur par des larbins bouffis d’orgueil et de suffisance. Ce qui, on le voit, ne réussit pas à cacher le comique de la situation, ni le sentiment de tristesse qui affecte les véritables habitants de cette terre autrement chère que le drapeau qu’on y plante de force.

Dommage pour le Domaine des oiseaux qui perd en gravité ce qu’il gagne en ridicule. Mais, comme on dit, le ridicule ne tue pas. C’est dommage, parce qu’il vaudrait mieux tuer Louis Marette que l’élire une fois de plus ou plutôt, puisqu’il n’est pas le plus voté de la liste unique, que le mettre en position d’être automatiquement élu par ses complices. Quelle leçon de démocratie au pays du pétainisme zombie !

Ah ! Encore une contribution au Mur du con que nous avons l’honneur de franchir autant de fois que le spectacle nous en donne l’occasion. Sur le dos de Marette, bien bâté ! car il n’est pas de bête de somme sans avoinée.

 

Et bientôt le Chapitre II des Huniers où on en dit long sur le degré d’assimilation « constituée » d’une domesticité coupée d’infantilisme et de dissimulation.

 


1. Celui des frères Fauderche évidemment.

2. Note à l’attention des dames du TGI de Foix : certes, la définition du Petit Robert qui vous est cher…. Mais à Toulouse, « on se traite de con à peine qu’on se traite ». C’est con, hein ? L’infantilisme ne sied pas la maturité, exactement comme le Petit Robert ne convient pas au bon usage du Français…

3. …car, on en conviendra, il faut être un âne pour se piquer…

 

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