Louis Marette sans la vache d’André Trigano

 

« Ce que j'ai dit est certes violent, mais c'est mon opinion, et jusqu'à nouvel ordre, le délit d'opinion n'existe pas. Sinon, on est plus en République… Personne ne doit pouvoir échapper à la critique. » Henri Gaino.

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Louis Marette, maire de Mazères, a passé le plus clair de son temps à ramasser les lauriers cultivés par les autres. Et c’est porteur de ces trophées qu’il s’est engagé dans la nouvelle campagne municipale. En effet, depuis le début de l’année, ou peu s’en faut, on le voit s’immiscer dans des activités dont il n’est évidemment pas l’inventeur et qu’il est incapable, par manque de professionnalisme et de sérieux intellectuel, voire d’intelligence, de partager avec ses véritables acteurs.

Ainsi de la foire agricole de Mazères.

Ce retraité du rond-de-cuir réussit encore une fois, grâce à la diligence de la Dépêche du Midi, à s’emparer de l’événement au détriment de ceux qui le créent non pas pour l’occasion, mais tous les jours de l’année, et quand on parle de tous les jours à propos d’un agriculteur, ce ne sont pas là de vains mots, mais une manière de rappeler que ce n’est pas un métier de tout repos comme peut l’être une activité d’ingénieur « maison » à la SNCF dans le cadre champêtre d’une voie unique.

Certes, cette année 2013, Louis Marette ne s’est pas fait voler la vedette par son maître André Trigano qui n’a même pas brillé par son absence. Il faut dire que l’année dernière, la Dépêche du Midi ne l’avait pas raté. Ce pou du ciel de la politique locale avait en effet acheté une vache et en avait fait l’aumône aux écoliers du coin pour qu’ils la mangeassent. Mais ce n’est pas ce qui avait motivé le style et le fond de cet article dans lequel le journaliste avait humoristiquement joué de la morgue du Parisien qui avait eu un mot « tangent » et de son larbin Louis Marette qui avait serré les fesses pour ne pas se faire dessus. Ce morceau de littérature locale a tellement indisposé le croulant maire de Pamiers qu’il n’a pas osé cette année se présenter devant ses anciens et encore souriants administrés.

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Du coup, et en l’absence à la fois de son supérieur hiérarchique et d’une plume taillée dans le bon sens, Louis Marette a desserré les fesses pour se laisser aller un peu au plaisir de recevoir son bon complice le préfet de l’Ariège qui ne risquait donc pas de se faire acheter par André Trigano, car c’est un animal qui tient à la fois de la vache et de l’âne. Louis Marette a même tenté de braire à sa place et le photographe de la Dépêche, habile observateur ou piètre chasseur d’images, en révèle une fois de plus, si c’est encore nécessaire, le côté asinien. Il faut dire qu’avant d’acheter une vache, André Trigano s’est fait connaître dans le métier pour avoir maquignonné quelques ânes domestiqués.

Je dis tout ça parce que le pigiste de la Dépêche a oublié de le redire.

Alors sur la photo, rien sur le contenu pourtant exemplaire de la foire. Un simple plan aurait offert au lecteur une image pertinente d’une profession qui est, tout de même ! le cœur battant de la vie rurale. Et des agriculteurs modernes, parfaitement en phase avec leur temps. L’installation est à la hauteur de leurs constants efforts. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas, qui vient « nombreux ».

Mais à la place des appréciations dignes d’attention qu’on est en droit d’attendre d’un représentant du peuple, Louis Marette, qui n’y connaît rien en exploitation agricole, trop inculte et trop paresseux pour cela, nous remet encore une couche de son discours passéiste sur l’ « authenticité » du travail des champs et des prés, oubliant que par le passé on y crevait plutôt et qu’aujourd’hui, l’exploitant agricole passe plus de temps à survivre aux difficultés économiques et aux situations dépressives qu’à se gaver de nostalgies mensongères et de promesses non moins hypocrites.

Il est sans doute significatif que ces propos démagogues sortent de la bouche de personnages complètement étrangers à la vie rurale. L’ « authenticité » que Louis Marette mélange allègrement à son vin est une injure au travail… authentique.

Il est vrai que l’insolence est une pratique constante chez ce larbin inculte, âne ou cave selon les circonstances. Nous avions relevé, au cours de nos recherches dans la Presse locale, des propos indignes d’un maire, lesquels avait inspiré à un de ses opposants une accusation claire non pas de nazisme, ce qui eût passé pour une exagération oratoire, mais de forfaiture la plus ignoble.

Nous n’avons pas été jusque-là, nous contentant de le traiter de salaud sartrien, catégorie philosophique dont la pertinence est universellement partagée au moins par les esprits honnêtement cultivés, même si quelques ânes prétendent en juger autrement. Par contre, nous avions repoussé le terme de pétainiste, le laissant à l’usage des gaullistes et des communistes qui ont leur point de vue là-dessus. Et lui préférant celui de « vieux con ».

À ce propos, il n’est pas mauvais de remarquer que la photo inadéquate de la Dépêche est cependant significative de ce qu’elle tente d’occulter ; non pas les mérites de l’activité agricole qui est une grande entreprise à Mazères comme partout en France, mais la dévotion sarkozyste qu’Alain Badiou propose, moins par esprit de polémique que par vision historiquement défendable, d’appeler pétainisme, ou « péténisme » comme le suggérait Pétain lui-même. Il manque à la photo le déserteur André Trigano, qui a payé de sa poche un parterre goudronné à son mentor pétainiste. Parterre sur lequel cet autre défenseur du devoir de mémoire, le préfet Salvador Pérez, a fait tirer des balles en caoutchouc sur de pacifiques manifestants. Le troisième homme de la photo est pour l’instant le manchot de cette équipée droitiste, mais il promet, paraît-il ! Le lieutenant-colonel Christian Devy, commandant le groupement de gendarmerie de l'Ariège, a eu le temps de se camoufler dans une botte de foin, sans doute pour éviter de s’expliquer sur le comportement de son subalterne l’adjudant-chef Lazzara qui a qualifié MCM d’ « escroquerie » auprès de son hébergeur WordPress pour lui arracher frauduleusement des informations protégées par la Loi et les offrir, par amitié ou proximité (qui sait ?), à Louis Marette lui-même. Manque peut-être Michelle Salvan, présidente du TGI de Foix, qui aime Mazères et son maire, et qui rêve d’un palais à la hauteur de ses prétentions immobilières. Et pourquoi pas cet insolent général rond-de-cuir, Jean-Louis Georgelin, qui sert de présentoir et de tapis à l’Ordre de la Légion d’honneur, lequel s’est permis de traiter d’ « indigne » un personnage universellement connu et reconnu et de plus détenteur de la Médaille de la Liberté, distinction qui ne sent pas sa monarchie comme celle qu’il contribue à appliquer abusivement à l’honneur, au courage et au génie, alors que le Mérite national est tout de même plus… digne de cette fonction.

Quel panier de crabes ! On pourrait ainsi allonger cette liste rurale et parisienne pour mettre en jeu les personnages typiques et typés d’une mascarade nationale qui menace non pas la république, mais la démocratie. Et s’étonner, ou pas, que les meilleures démocraties européennes nous soient dispensées par des monarchies… Les aristocrates auraient-ils compris la leçon de l’Histoire ? Les républicains conservateurs en sont toujours à réduire la démocratie à ce qu’elle a de plus mauvais : sa porte ouverte aux démagogies tangentes de l’autoritarisme et de la trouille.

Patrick Cintas.

 

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