Louis Marette viole un bœuf

 


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Que Mazères soit une petite ville triste et déserte n’est certes pas imputable à son maire ni aux conseillers municipaux.

Il en est ainsi de la plupart des 36000 et des poussières communes métropolitaines qui forment l’assise de la République et je ne doute pas que sur les 200 et quelques autres beaucoup sont aussi austères d’apparence et apathiques en dedans. Cela ne signifie pas non plus qu’on s’y abandonne, même si parfois on se sent sacrément délaissés. Heureusement, le tissu organique de la nation est conçu pour que rien ne tombe en désuétude. Et malgré des dehors un peu gris, Mazères, comme ses semblables, vit sa vie quotidienne sans se distinguer, certes, par aucun relief, mais avec le même bonheur, si on peut appeler ça du bonheur, que celui qu’on partage ailleurs.

À l’approche des élections municipales, ce sont les mêmes sujets de conversation qui reviennent exactement comme ils ont quelquefois passionné il y a déjà six ans. Et Louis Marette non plus n’a pas changé. Hélas. Il supporte moins l’alcool, dit-on.

Une deuxième liste semble se constituer face à l’éternelle liste unique dont Louis Marette a la vieille habitude de prendre la tête. Un lecteur maladroit de la Dépêche, avant de sombrer dans la critique la moins pertinente, et la plus jésuitique, se félicite d’un retour à la démocratie à Mazères grâce à cette nouvelle proposition. C’est un peu naïf, ou de mauvaise foi, car en effet une seule liste n’est en rien un défaut de démocratie. Mais enfin, il doute que des idées nouvelles nourrissent ce projet, alors…

On verra bien.

Il n’en reste pas moins que Louis Marette ne voit toujours pas, comme ses patrons en politique et autres loisirs divers, la nécessité d’être « coaché ». Il est tellement sûr d’être élu qu’il ne fait aucun effort pour améliorer la tenue des projets qu’il pousse plus qu’il ne les porte, car aujourd’hui les petits élus n’ont guère le choix de leurs actions sinon suivre ce qui se décide en région et au-dessus et même dans les conciliabules de familles plus fortunées que nous le sommes, n’est-ce pas ?

On le voit se livrer en tenue de week-end à des petites sorties médiatiques où il apparaît toujours un peu livré à son légendaire orgueil et à ses inévitables physionomies de comique troupier. Ainsi, son article inaugural, publié comme il se doit dans la Dépêche du Midi (d’où voulez-vous qu’elle soit puisqu’elle se dépêche ?), est typique de son laisser-aller habituel, pour ne pas dire de sa suffisance ordinaire. Les questions sont préparées en amateur, bien loin des principes journalistiques en usage chez les édiles moins sûrs d’eux et de leurs maîtres. On croirait un entretien avec une minette qu’on vient de projeter sur un podium et qui pense ainsi en avoir fini avec le travail scolaire.

Il s’agit, est-il écrit, de faire un « petit tour d’horizon avec le maire et conseiller général Louis Marette […] placé sous le signe des élections. »[1]

Le « grand moment », comme apéritif.

À la question de savoir quels événements ont le plus marqué le bienheureux, celui-ci répond sans hésiter (du moins imaginons-nous que sa réponse ne se fait pas attendre comme il arrive à ceux qui réfléchissent même avant de tourner la langue sept fois dans leur bouche) que c’est « le complexe sportif du Coulommier, inauguré en présence de Jean-Pierre Bel et tous nos partenaires financiers […] un grand moment. » Qu’il s’agisse d’un moment, nous n’en doutons pas, mais grand… ? Et bien Louis Marette a aussi la réponse à cette question de grandeur : « Ce n’est pas tous les jours que l’on inaugure un nouveau complexe sportif en Ariège. » Ce n’est pas non plus tous les jours que des français se distinguent par leur talent et on n’en fait pas tout un plat, surtout à Mazères où la culture se fait uniquement dans les champs et la cuisine dans le bureau du maire.

Coup de cœur et reconnaissance, pour servir de contenu et d’amuse-gueule.

Louis Marette a même eu un « coup de cœur » car il a rencontré « tous les grands spécialistes du monde entier de l’archéologie. » Diable ! Bénazet ! veux-je dire. Le monde entier de l’archéologie internationale a même « demandé » à venir. Qui dit mieux ? Personne, bien sûr. Et d’user et d’abuser des termes qui le flattent, à savoir « unanimité » (internationale), « chef-d’œuvre » (de qui ?), « la plus belle de France » (en quoi ?)… C’est qu’au « grand moment », qui ne fut en rien une reconnaissance, Louis Marette, peaufinant sa rhétorique de marchand à la sauvette, veut à tout prix ajouter cette « reconnaissance » dont Jean-Pierre Bel l’a privé (j’y étais) au profit d’André Trigano.

Origine et attachement, comme plat de résistance et entremet.

Alors bien sûr (suivez le fil), « quelles ont vos perspectives d’avenir ? » (pléonasme de plus à mettre au compte du journalisme mal ficelé) Et le journaliste (s’il s’agit de cela, mais j’en doute de plus en plus) d’évoquer une « liste opposante » et même l’appréhension qu’elle cause inévitablement.

N’importe quel honnête homme, et j’entends par honnête aussi bien intelligent que loyal, eût répondu sur cette opposition et surtout sur ce qu’elle contient de menace potentielle, car les mazériens qui attendent la chute de Marette sont nombreux (trop nombreux pour faire la fête si cela devait arriver). Mais au lieu de cela, Marette évoque aussitôt sa naissance et son attachement ! Et il nous explique (ce qui provoquerait des rires relâchés dans n’importe quelle émission de télé conçue pour ça) que c’est parce qu’il est né à Mazères et qu’il y est attaché qu’il a « décidé » de se représenter « comme candidat », éludant pour l’instant (pourquoi ?) la question de la tête de liste, lui qui n’a jamais été le candidat le plus voté de Mazères.

On croit rêver et pourtant, on est en France ! Mais d’ajouter en suivant qu’une « seconde liste, cela me paraît normal ; les Mazériens choisiront, » on s’en doute un peu quand même.

Il est vrai que Marette a l’habitude de montrer du doigt les « étrangers », lui qui ne porte pas un nom du pays. Le journaliste de la Dépêche l’avait d’ailleurs piégé dans son article sur le fameux vol de la friteuse dont il n’est pas dit un mot ici car le sujet, s’il fâche les uns, amuse les autres et ce n’est pas ainsi qu’on entretient de bonnes conversations.

Tout cela sent l’ostracisme ou, pour le moins, l’exclusion. Évitons le terme aujourd’hui quasi désobligeant d’ « indésirables » qui appartient, souhaitons-le encore (bien que nous nous surprenons à faiblir de ce côté de la pensée) à un passé grossièrement taillé dans le mélange amer du socialisme et du nationalisme qui ne font pas bon ménage, c’est le moins qu’on puisse dire.

 

Ainsi, en trois coups de cuillère à pot, et non sans vergogne, Louis Marette nous apprend :

            — qu’il est le maître d’œuvre du nouveau complexe sportif,

            — qu’on lui a témoigné une reconnaissance internationale et scientifique

            — et qu’étant de Mazères, il est qualifié pour être réélu.

Je doute qu’un pareil raisonnement contienne une seule idée de la démocratie, un seul sentiment de la dignité républicaine ni rien d’honorable même sans trompettes.

Le dessert.

Et puis Louis Marette se lâche. Il est un des hommes qui « s’occupent des affaires du département ». Quel important ! Mais il l’est beaucoup moins quand, par curiosité, on parcourt les anales de l’activité politique ariégeoise où il ne brille que par des interventions dénuées de tout sens politique digne de ce nom. À part souffler dans un clairon et parader avec un verre de l’amitié dans la main, sans oublier la médaille, qu’a-t-il fait exactement pour l’Ariège ? On se le demande tellement qu’il n’en parle pas !

C’est d’ailleurs en toute justice que ni Louis Marette ni André Trigano ne se sont élevés bien haut, malgré leur suffisance respectivement de domestique et de fils à papa, sur l’échelle des valeurs républicaines, alors qu’Augustin Bonrepaux a présidé une commission parlementaire et que Jean-Pierre Bel est devenu le deuxième homme de l’État. Si, si, il y a une justice.

Le coup médiatique est raté. Ce n’est pas l’homme qu’on élit régulièrement depuis des années, mais le représentant servile d’autres intérêts moins avouables. Et c’est peut-être plus sage en effet.

Café !

(L’esprit de Marette est embrouillé. Il a abusé, comme d’habitude.)

Il est temps de passer aux « projets pour l’avenir de Mazères, » écrit le journaliste, s’il s’agit d’un journaliste, mais j’en doute si fort que je suis sur le point de penser que Louis Marette a fait les questions et les réponses.

Passons.

Et voici, pour terminer, le programme :

« L’emploi, la jeunesse et l’environnement. »

Hé bé !

Pas mal pour un retraité de la voie ferrée.

On ne peut pas dire que l’ensemble formé par ces trois thèmes relève de la cohérence prometteuse qu’on est en droit d’attendre de la part d’un candidat à la représentation populaire et étatique en usage en France. Mais cet idiot, au lieu de s’en tenir au vague de ces déclarations futiles, ânonnement du larbin en proie à la nausée qu’il inspire aux libres penseurs, veut à tous prix en illustrer la teneur, pour bien sûr faire valoir l’ampleur de ses mérites :

— Ainsi, la jeunesse est comblée par l’ « exemple » du nouveau complexe sportif et par le collège en quasi construction. Quel cadeau pour la jeunesse du XXIe siècle ! Un endroit pour trottiner et un autre pour bûcher! On voit là à quel point ce médaillé de l’honneur a compris la jeunesse d’aujourd’hui.

— Quant à l’environnement, il faudra se contenter du Domaine des oiseaux. Quelle idée curieuse d’enfermer l’environnement dans un domaine ! Il est vrai que l’environnement, pour Louis Marette et ses complices, n’a rien à voir avec ce que nous, citoyens ordinaires, entendons par là. Celui qu’il défend n’est pas dans l’intérêt de tous. Le mot écologie n’est pas même prononcé, car il ferait voler en éclat ces clôtures fragiles.

Ici, notons-le, Louis Marette semble éluder la question de l’emploi, mais (ajoute-t-il en y pensant) « tous ces projets et réalisations font partie de l’avenir de Mazères ».

On imagine très bien cela : 4000 habitants et plus entièrement occupés à se faire les muscles, à étudier le programme officiel d’éducation, et à adhérer aux loisirs de la chasse et de la photo. L’idéologie de Marette est limitée. Ou alors il ne dit pas tout. Il nous cache des choses… Ou il est vraiment con. Mais pas mort. Jean-Louis Bousquet, jaloux, veille.

« Et l’emploi, Loulou ? » ne demande pas le journaliste.

Louis Marette n’en parle pas vraiment. On sent qu’il n’a pas assez travaillé la question. Alors il s’embrouille, ce qui lui arrive souvent, même sans verre de l’amitié.

La vérité.

« Vos vœux ? » demande le… journaliste pour conclure.

« Ils sont pour les Mazériens, » couine Marette.

Le journaliste serait-il un vrai journaliste ?

Et Marette de bafouiller lamentablement, encore piégé par un de ces maudits journalistes de la Dépêche dont il ne se méfiera jamais assez, mais qu’il prendra (comme je l’ai d’ailleurs ici fait un peu vite je l’avoue, mais moins vite que Marette) toujours pour des cons.

« Dire que la crise n’existe pas à Mazères, ça serait faux ; des entreprises souffrent, des gens sont en difficulté. Mazères n’est pas une ville préservée, mais elle a su conserver son dynamisme et protéger ses entreprises industrielles. Je souhaite qu’elles prospèrent car l’emploi, c’est la vie. L’inauguration des installations Denjean Logistique aurait pu être mon deuxième coup de cœur. »

On sent qu’il est là tout près d’un discours acceptable sur le plan des promesses à faire et à ne pas tenir, mais ça ne vient pas, la poudre est mouillée, le coup ne partira pas. Ce vieillard n’a pas fini de chercher ses mots. C’est un arbre sans fruit, étranger à notre époque, pas même une relique, un faussaire sans monnaie, une baballe à tonton Dédé.

Louis Marette ne se méfiera jamais assez de la Dépêche qui a pour vocation, entre autres coups bas, de tracer imperturbablement le portrait de ce passable candidat à l’avenir des autres auquel il ne ressemble décidément pas. Cette chronique territoriale dépasse même l’exécution politique pour atteindre l’homme et sa considération. Il en faut, du métier, pour en arriver là…

Alors nous attendons de jeter un œil sur le projet de l’ « opposition » qui, si j’ai bien compris, n’en serait pas une, d’après son chef de liste. Allusion au blog le plus lu de Mazères et sans doute de l’Ariège ?[2]

Tant il est vrai que sans Louis Marette, MCM n’a plus rien à se mettre sous la dent. Erreur, mes amis. Car si c’était le cas, Marette serait bel et bien responsable du triste état dans lequel Mazères ne s’agite même plus. Or, il n’est qu’un produit du système. Sa responsabilité se limite à ce qu’il estime être son honneur. Un autre eût signé exactement les mêmes contrats. De droite comme de gauche. Peut-être avec moins de flanc à prêter à l’humour décapant. Mais dans le même sens. Il va falloir qu’on se pose d’autres questions. Et pour l’instant, je n’ai rien entendu ni lu, dans la Presse ou ailleurs, rien qui ressemble à un véritable projet. C’est toujours ce qui arrive quand on confie les rênes à des larbins plus soucieux de loisirs que d’avenir. Et entachés d’une idéologie plus proche du fascisme qu’on a le droit de le dire.

 


1. Mazères. Louis Marette briguera un nouveau mandat – 08/01/2014.

2. Le décuplement des visites que reçoit ce blog est tout simplement dû à l’affaire Marette qui n’a rien à voir avec Mazères, mais c’est là un des défauts du Web et nous attendons que cela se calme un peu, surtout au niveau des commentaires hilares que nous ne publions pas pour éviter les procès en usage.

 

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