Louis Marette : « Ça s’arrose ! »

 

« On le voit moins sur les photos, le Marette, non ?

— C’est qu’en vieillissant, il est moins photohygiénique…

— Tu parles ! »

Conversation captée par une des caméras de sécurité du bourg. Un membre de MCM a trouvé le moyen de pirater le système, avec la complicité d’un autre membre de MCM qui connaît d’autres membres de MCM.

MCM, la liste pleine d’étiquettes collées partout qui va faire du bruit dans six ans, quand Marette ne sera plus là pour en témoigner.

On le voit moins sur les photos, le Loulou. En tous cas, on ne le voit plus recevant l’eau bénite jetée aux chiens, ni dans les draps du drapeau secoué pour des prunes, ni à la sortie des rituels occultes qui marquent les festivités non moins secrètes des Copains de l’honneur mis en conserve par les soins de l’État. Etc.

C’est que Louis Marette s’occupe de cohérence. Associer le Domaine des oiseaux, le camping municipal et autres imprudences inspirées par la fenêtre de son bureau, avec les questions plus délicates de l’aménagement du territoire, relève selon ce béotien de la culture française d’une signifiance à toute épreuve. Le mot « arroser » revient souvent dans les discussions que le brainstorming inspire aux esprits critiques bien placées pour, sinon ouvrir leurs gueules, du moins glisser sous la porte les informations qui donnent un sens à ce verbe d’action, lequel figure en bonne place dans le Petit Robert en usage dans les tribunaux de l’Ariège bien connus pour leurs compétences en sémiologie, ce mot étant appliqué tant aux pratiques médicales que linguistiques. Une maladie de la langue semble bien affecter en ce moment une magistrature dite du parapluie face une autre qui fait pleuvoir en toute dépendance.

Louis Lumière nous ayant offert le portrait représentatif du Français en la personne de l’ « arroseur arrosé », qui continue de faire le tour du monde comme si la vérité n’avait pas d’autre vocation, nous nous insurgeons contre cette satire de nous-mêmes quitte à ce qu’on en déduise que Louis Marette ne s’arrose jamais.

Le lecteur de MCM est habitué à retrouver Louis Marette dans les photographies de la Dépêche du Midi et dans les reproductions plus que fidèles dont nous alimentons régulièrement ce blog. Mais il arrive que Louis Marette ne soit pas sur la photo. La rédaction de MCM a trouvé que cela manquait étrangement de cohérence. Comment en effet expliquer que l’article place Louis Marette en son centre et que celui-ci n’apparaisse pas sur la photo à la place qui est la sienne d’ordinaire, celle du bouffon qui est venu pour déconner ?

Il n’y a qu’une réponse à cette question pas si ardue que ça : Louis Marette se fait arroser.

Cherchez l’arrosoir.

« Si une des traditions devait être soulignée, c’est bien celle des vœux du maire aux résidents de la maison de retraite Gaston-de-Foix. Louis Marette, très sensible au troisième âge, n’y déroge pas. Malheureusement absent cette année, il était représenté par son premier adjoint, Jacques Pujol, » écrit-on dans la Dépêche dans l’espoir insensé d’expliquer l’absence de Louis Marette sur la photo. Or, nous savons de source sûre que pendant que Jacques Pujol, qui appartient aux premiers âges de l’humanité, entretenait le troisième âge pour lui faire avaler des couleuvres longues comme son bras, Louis Marette arrosait ! Il n’était pas arrosé, pour une fois. Il arrosait parce qu’il avait trop arrosé. Et comme il ne pleuvait pas, nombreux furent les mazériens qui le virent arroser les plates-bandes des sous-produits de sa fermentation territoriale, en toute cohérence comme on voit.

louis_marette_retraite

Dans cet événement hautement médiatique, qui relève de l’usage d’un média à des fins électoralistes, c’est Marette qui arrose. Comme en général on préfère être arrosé qu’arroser soi-même, on ne s’en plaint pas vraiment. On pourra toujours prétexter, le cas échéant, qu’on ne savait pas qu’il est interdit de se faire arroser si on ne passe pas par là par hasard.

Mais il arrive aussi que Louis Marette se fasse arroser, comme en témoigne Jean-Philippe Cros de la Dépêche du Midi : « Au milieu des terres bien peignées, des bosquets, et des jolies fermettes, voilà Cachau : un corps de ferme tout en longueur : d’un côté Raymond Faural, dans sa partie, bien délimitée par un mur et un portail, de l’autre, un autre monde : une masure en ruine, au toit effondré devant lesquels s’ébattent des poules, trois chèvres, un bouc, des chiens. » Un texte qui témoigne assez de la prudence journalistique en usage dans nos contrées fortement arrosées. Et d’un talent de romancier qui a manqué sa vocation.

louis_marette_heros

Ariège-News ne manque pas de s’intéresser aussi à cet événement. Mais cette fois, on sent que c’est Louis Marette qui raconte. Son récit ressemble trop à un gros mensonge qu’on n’a pas le droit d’appeler mensonge, non pas parce que c’est interdit par le Livre de Loi du TGI de Foix (le Petit Robert), mais parce que c’est ce que font les petits enfants quand ils disent la vérité sans oublier d’omettre l’essentiel de ce qu’elle contient de faux : on appelle ça un « pieu mensonge ». Dans les affaires de cuissage, on parle de « pieu officieux », mais cette constante de l’esprit territorial tel que l’entend Louis Marette n’entre pas dans le sujet de cet article où il n’est pas et ne sera jamais question d’évoquer ce que la rumeur soumet à nos oreilles et seulement à nos oreilles. Nous les bouchons.

Le récit proposé par Ariège-News est tellement troué que même la photo en devient abstraite.

ouis_marette_ariege_news

MCM est là pour corriger ces saintes erreurs.

Ce soir-là, Louis Marette était à la fenêtre. Il pleuvait comme vache qui pisse. Bobonne se faisait les ongles, qu’elle a coriaces comme on le sait, ce qui n’est un défaut que pour les chaussettes. Il pleuvait tellement que Dieu est apparu derrière le carreau en la personne du père Marc Prigent, exorciste et psychanalyste car il déteste la pédophilie. « Loulou, mon chéri (notons que les psychanalystes de l’école freudienne remplacent la lexie fils par chéri afin de lever l’ambiguïté des rapports père/fils) Dieu te commande d’enfiler ton treillis, de chausser tes ranjos et d’épauler ton fusil de sot !

— Et putain pourquoi ! rétorque Marette. Il pleut. J’ai pas envie de me faire arroser.

— Il ne s’agit pas de cela, chéri. Un toit va s’écrouler. Tu dois sauver ces vies, sinon elles seront écrasées. Et ça passera dans la Dépêche avec ta photo.

— C’est une menace ! grogne Marette.

— Va te faire arroser, Loulou, conseille Bobonne. Comme ça, MCM. ils l’auront dans le cul ! »

Louis Marette enfile son treillis satin 300, chausse ses ranjos et épaule son fusil de sot. Il a des doutes sur les intentions de Dieu, car il ne fait pas totalement confiance au père Marc Prigent qui entretient une relation douteuse avec le Diable déguisé en Freud. Mais enfin, pense-t-il, c’est moi que j’ai le fusil. Il se fait arroser par une abondante pluie. Le curé passe entre les gouttes, ce qui n’est pas un mince avantage.

« Je vais être sur la photo et je vais sortir aussi con que j’en ai l’air !

— Mais non, dit le curé. Dieu te fait transparent.

— Si je suis aussi transparent que Christine Boutin, ça promet. À MCM, ils disent que plus con que Bousquet, tu meurs. Et ils expliquent comme ça que je suis pas mort. Et pourtant Boutin est plus con que Bousquet. Dieu pourra peut-être m’expliquer pourquoi elle est encore en vie !

— Les voies du Seigneur…

— Du moment que c’est lui qui arrose… Non mais attends… »

Louis Marette s’arrête sous un arbre et le curé fait signe à Dieu de ne pas lancer un éclair à ce moment-là.

« Si Boutin est encore en vie, soyons cohérent, c’est que plus con que Bousquet, tu meurs pas. Ah ! Je savais que MCM ne dit pas tout le temps la vérité cachée ! »

Le curé s’impatiente :

« Ne conclue pas trop vite, chéri, car si Boutin n’est pas morte, c’est que tu es peut-être plus con que Bousquet. »

Du coup, Louis Marette se remet en marche. Il ne peut s’empêcher de penser que sans cohérence, le SCOT devient SOT. Un truc sémantique qui intéressera la justice un de ces jours. En attendant, qu’est-ce qu’il est arrosé le Marette !

Et en arrivant sur les lieux, le père Marc Prigent prend la photo qui est parue dans la Dépêche. Le profane n’y voit pas Louis Marette, mais il y est. Il croit d’ailleurs beaucoup plus aux miracles qu’à la cohérence. Il va en falloir, des miracles pour sauver l’économie mazérienne ! Et beaucoup d’eau pour arroser les plantes. Le truc, c’est de faire de l’ombre. On en fera.

Donc, Louis Marette sait arroser et se faire arroser, avec l’aide de Dieu et de ses représentants sur terre.

Il y a une troisième photo parue dans la Dépêche sans Marette en son sein. Le monsieur qui est dessus n’a pas d’importance. Il se réjouit de ce que la cohérence territoriale a gagné l’incohérence nationale. En effet, il semble bien que le projet d’aéroport est tombé à l’eau. Marette frémit. L’eau, ça arrose et ça sert à arroser. Il ne prend pas la parole, parce que sinon on le verrait sur la photo. Il ne propose même pas d’arroser ça. Pas un mot sur le pot. Il est pourtant revenu bien arrosé de cette réunion des plus beaux esprits de la cohérence territoriale.

louis_marette_aeroport

 

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