Avec Louis Marette, Mazères est la ville du dilettantisme, du chômage et de la pauvreté en route

 

Patrick CINTAS

Patrick CINTAS
©jcc-communication

Selon les chiffres officiels (Insee, gouvernement…), Mazères est une petite ville relativement pauvre qui atteint à peine les 80% du revenu fiscal de référence et dont le taux de chômage est très au-dessus de la moyenne nationale (plus de trois points, 25% de plus que le taux national).

Or, Mazères s’est équipée d’installations couteuses qui ont au moins deux défauts :

1) Elles ne sont pas modernes et même plutôt désuètes, voire risibles.

2) Elles ne rapportent rien, ni en termes économiques, ni en termes culturels.

De ces deux défauts majeurs, on tire la conclusion que ceux qui en ont décidé la construction ou l’élaboration manquent de deux qualités au moins :

1) Ils sont retardataires, incompétents, et en cela, dangereux pour l’économie et la culture.

2) L’argent qui aurait été utile ailleurs a été dépensé inutilement par des inconscients ou des abuseurs quelquefois même.

On peut donc constater que Mazères s’est équipée de deux handicaps :

1) Le manque de cohésion avec le monde d’aujourd’hui.

2) La pratique de la dette au lieu de la rentabilité ou au moins du point mort.

Caractéristiques des dilettantes et, comme un train peut en cacher un autre, brèches ouvertes aux profiteurs.

Cette situation peut d’ailleurs perdurer sans affecter le confort acquis par une partie des habitants (majoritaires ?), mais il ne sera alors question que de cela, et pas de ce que les autres habitants exprimeront soit en donnant tous les signes et les conséquences de leur désespoir, soit en émigrant et en emportant à la fois leur chagrin et leur savoir-faire.

Autrement dit, le rassemblement voulu peut-être sincèrement par Louis Marette ne peut pas avoir lieu si nous le laissons continuer de pourrir nos jardins au nom de quelques principes qui condamnent la modernité et le monde où elle pourrait cultiver ses fruits.

Louis Marette n’est pas populaire, loin de là. Élu, si on peut dire, parmi les derniers de sa liste il y a six ans, il bénéficiera cette fois des nouvelles règles de scrutin et il nous sera impossible de mesurer sa véritable popularité, laquelle ne dépassait qu’à peine, en 2008, les 50% des inscrits votant pour une liste unique.

Nous n’avons donc pas affaire, comme il voudrait nous le faire croire, à un personnage issu de la volonté et de l’effort collectif. L’usurpation est bien sûr un mot trop fort pour avoir un sens utile. On se contentera pour l’instant de parler de cannibalisme, comme on parle de vampirisme en psychologie.

La Droite ariégeoise, sous la houlette du très vieux Trigano (au grand dam du petit cochon Louis Marette), a perdu toute velléité de discours. Elle compte donc sur la querelle Foix-Pamiers pour animer son propre débat. Et d’évoquer une révolte et même une indépendance qui ne sied évidemment pas aux entrepreneurs qui profitent le mieux de la situation et à tous ceux qui servent leurs résolutions sans trop se poser de questions.

Louis Marette tente le grand écart. « Un pied sur la rive gauche, l’autre sur la rive droite, comme disait Prévert, et le troisième au cul des imbéciles. »

L’imbécillité, contrairement à ce que me confiait un lecteur, n’est pas ordinairement collée à la jeunesse, mais à ses pères. Or, Mazères est une ville jeune, comme le sont d’ailleurs toutes les villes pauvres.

De cette jeunesse, Louis Marette pense rêver mieux que les autres, ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, qu’elle a pour destin le sport, l’emploi subalterne, pour ne pas dire pire, et les activités militaires. Et de s’échiner pour que le rêve devienne une réalité.

Or, la jeunesse française, si elle aime le sport et ne voit pas vraiment d’inconvénient à chanter en chœur, a d’autres rêves qui ne sont rien moins que les rêves de toute la jeunesse du Monde.

La logique et l’intelligence, qui vont si bien ensemble, demandent les installations où ces rêves pourraient, avec un peu de chance et beaucoup de travail, devenir réalité.

Mais de quoi peut-on rêver dans un camping, dans un Domaine des oiseaux, à bord d’une faucheuse ancienne, au fil de l’eau ou sur les sentiers de la gloire, battant la paille pour le spectacle, à l’intérieur d’un gymnase ou dans un collège pas exactement conçu pour rêver… si on n’est pas un dilettante ?

Il manque donc à Mazères les structures du rêve, celles qui servent de tremplin à une existence dans le monde du XXIe siècle, et non pas dans les choix arriérés et ridicules de Louis Marette et de ses basques.

Or, en est-il seulement question ?

Pas le moins du monde.

Si j’ai bien lu et bien compris, les deux candidats en lice se battent sur le même terrain.

À mon avis, ça ne va pas aller loin, tout ça.

On va revenir, pour peu qu’on s’engage derrière ces mentors, sur les mêmes lieux, avec les mêmes difficultés à appartenir au monde d’aujourd’hui, s’enfonçant dans les dettes contractées pour acquérir de l’inutile, du désuet et du lamentable.

La pédanterie et la saloperie, qui hantèrent Jean-Paul Sartre, devraient pourtant nous inciter, sinon nous conduire, à prononcer sur nous-mêmes des jugements sagement équilibrés. Mais au lieu de ça, il nous faut, à Mazères, assister au spectacle d’un combat pour rien, pour la gloire, pour la domesticité qui va avec, et pour satisfaire les goûts douteux des moins capables d’exister aujourd’hui, qui sont aussi les plus féroces quand il s’agit de défendre des avantages acquis au prix fort de l’humiliation et du déclin cognitif.

Et pourtant, si l’on fait le choix de rayer Marette ou mieux de voter Lecerf, on tente au moins de changer la donne et d’entrer en vrai relation avec la jeunesse. Avec quelques bémols, il est vrai, mais Pascal Lecerf nous promet qu’il ne se comportera pas comme Louis Marette et qu’il saura installer à l’hôtel de ville une convivialité ouvrant même les portes les mieux fermées.

Pour conforter ce choix quelque peu hésitant, il suffit de comparer les deux pages internet que les candidats se sont employés à remplir de leurs propositions et même d’arguments ad hominem dont Louis Marette s’est fait le champion, fidèle en cela à lui-même.

Côté Marette, la page s’est emplie d’interprétations plus ou moins mensongères de son bilan, mais surtout d’injures, de dénigrement et de traces d’une méchanceté bien connue des Mazériens qui ont eu à l’essuyer. Puis, après une intervention salutaire, et un peu naïve, de Jean-Louis Bousquet, Louis Marette a conclu sa page par un discours aussi peu construit que sincère. L’ensemble forme un galimatias qui témoigne du manque d’expérience en matière de débat démocratique et de l’hypocrisie, que Sartre nomme saloperie pour ne pas donner raison à saint Augustin, qui traverse cette profession de foi complètement ratée. Dans cette liste approximative, on ne sait plus qui est qui et qui fait quoi ; ça sent l’improvisation et la défection.

Côté Lecerf, le discours est solidement construit. Il a été mûrement réfléchi et donc d’autant plus facile à construire. Il faut dire que Louis Marette, enfin soumis aux règles démocratiques, n’avait pas prévu d’avoir à s’expliquer clairement. Le projet Lecerf s’inscrit dans ce qu’on attend d’une équipe municipale soucieuse d’abord du bien-être des habitants ici appelés citoyens pour rappeler que nous sommes aussi français. Les bonnes intentions ne font pas le beurre, bien sûr, mais la promesse s’emploie à tenir compte de la réalité et nous n’avons pas l’impression de donner notre voix à des charlatans, mais bien plutôt à des citoyens authentiquement impliqués.

Il y a de l’espoir. Les jeunes, notamment, ne seront pas parqués comme des moutons au son du clairon et du sifflet. D’ailleurs, si la porte ne leur est pas ouverte, ils s’en iront…

Pascal Lecerf a ses chances. D’une part parce que son profil est tout de même plus engageant que l’image usée et passablement polluée que Louis Marette confirme dans les termes de sa campagne. D’autant plus de chances que Louis Marette n’est pas populaire, comme le prouvent les résultats des élections de 2008 où il n’arrive qu’en 18ème position :

1. Christian ESTRADE
2. Robert COTTAVE CLAUDET
3. J.Louis TURCO
4. Géraldine PONS
5. Philippe CUJIVES
6. Charles SERIE
7. Jacques PUJOL
8. Isabelle RAYNIER
9. Pierre PORTES
10. Paul MULLER
11. Daniel ZAMBONI
12. Gaston DEJEAN
13. Marguerite EYCHENNE
14. Josette GOURMANDIN
15. Josiane ZANIN
16. Jeanne DESAINT
17. Marie-Bernadette CHAMPEAUX
18. Louis MARETTE
19. Marcel FONTA
20. Joël DRAELANTS
21. J.Louis BOUSQUET
22. J.Maurice DARDIER
23. Christiane BERBON

 

Alors, rayer Marette ou voter Lecerf ?

Rayer Marette annulera le bulletin. À quoi bon ? Ce simple geste dont nous prive une entorse aux principes démocratiques ne sera pas même comptabilisé pour donner la mesure du rejet de Louis Marette au moins dans les marges de cette élection.

Voter Lecerf, c’est sans risque relativement aux décisions qui de toute façon se prennent au moins au niveau du Conseil général. Et c’est aussi ramener le projet municipal à sa véritable dimension, sans les appropriations abusives dont Louis Marette se rend constamment coupable. Et ce serait, si Pascal Lecerf est sincère car nous ne doutons pas qu’il soit compétent, ouvrir de nouveaux horizons dans la très claire intention de retrouver le bon esprit de Mazères dans l’état où Louis Marette l’a trouvé il y a 18 ans.

Patrick Cintas

 

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