Louis Marette chiale pour avoir des médailles

 

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Scarron, dans son Roman comique, nous apprend, si besoin est, que les Français, « s’ils n’inventent pas tant que les autres nations, ils perfectionnent d’avantage. »

C’est sans doute ce que veut nous pousser à faire le maire de Mazères, Louis Marette, héros d’une saga où il apparaît plus bête que méchant, quoique que Buffon, de son côté, fait apparaître en mains endroits de sa vaste étude que la méchanceté est surtout l’apanage des bêtes.

Restons français, au moins de culture, et ajoutons, pour achever cette scolaire introduction, que La Bruyère, en ses louables caractères, insiste sur le fait que le mérite doit être mérité, sinon il s’agit d’autre chose.

Louis Marette, fort de son expérience de larbin, notamment à la SNCF où il cultiva le fayot plus que d’autres industries que le cave met à l’honneur quand il n’en a pas, a l’art et la manière de s’attribuer les mérites des autres et d’en cueillir les médailles, si on peut appeler ça des médailles.

C’est ainsi, nous enseigne Flaubert, qu’on fabrique les héros de la France, surtout si, par leurs pratiques, ils ne sont pas chez eux où nous sommes chez nous.

L’idiot de service qui compose pour lui des piges dans la Dépêche du Midi pour servir son personnage et camoufler ce qui le crée, nous apprend, sans toutefois entretenir aucun lien avec Scarron ni La Bruyère, que Louis Marette n’a pas pu retenir ses larmes tant il avait les yeux mouillés par ce qu’il regardait.

Ce n’était point une adolescente en manches courtes, mais un fabuleux engin issu de la technologie rudimentaire qui tant affecta la vie sociale et entrepreneuriale dans ces années 20 où les Français se préparaient à une nouvelle défaite, qui cette fois fit écrouler leur Empire.

Fort de ses larmes, Louis Marette posa pour la photo, songeant que cette fois il faisait bien et tout pour sa propagande personnelle.

Or, que voit-on sur la photo ?

Un gros monsieur habillé en paysan d’une autre époque, un engin à vapeur qui est une honte pour la véritable ingénierie française et… Louis Marette en train de pleurer à chaudes larmes devant ces deux monuments d’une nostalgie héritée de l’Empire et plus loin de ses trônes percés.

Passons sur l’amour que Louis Marette porte aux hommes à travers, si l’on peut dire, ses activités sportives et religieuses, et examinons de plus près le rapport qu’il peut avoir avec une machine agricole de sinistre mémoire, car jamais on n’y vit à ses commandes qu’ouvrier au dos cassé et à la gorge en pente.

Fils de commerçant, Louis Marette n’a pas eu l’occasion d’apprécier la vie rurale. Quand il n’emmerdait pas ses petits compagnons, évitant les grands qui tenaient toujours leur promesse, il profitait du temps qui passe pour violer des mazériennes comme le dit la chanson tandis que son petit, très petit copain Dédé Trigano se gavait de bonbons et autres friandises dont le fils du métayer était soigneusement privé conformément à la doctrine en vigueur.

De plus, l’idée de restaurer ces vieilleries, qui n’ont de beautés que si on ne s’en ait jamais servi, n’est pas de lui et on le voit mal mettre les mains dans le cambouis si la bouteille n’est pas cachée dedans.

Mais ce n’est pas tout…

Le pigiste de la DDM veut nous faire croire que la présentation de cet engin provoqua un attroupement plus que populaire. Mais au lieu d’une photo en témoignant, on n’y voit que l’engin, son gardien costumé et… Louis Marette. Personne d’autre ! Pas de jeunes, ni de vieux, personne !

On en conclut sans difficultés que Louis Marette, toujours aussi prétentieux, s’est cherché un prétexte pour se montrer et piquer la vedette au véritable instigateur de cette sympathique trouvaille.

Certes, Mazères est loin d’être considéré par les Ariégeois comme un pays d’Ariège. Personnellement, tout quercynois que je suis, et andalou, j’ai été élevé au pays basque, terre de Gabriel Aresti. Les Ariégeois et les Basques n’ont pas la réputation d’être des mollassons ni des péteux. En principe, les stellionataires[*] comme Louis Marette ne font pas de vieux os devant ces pays, ou alors ils sont cassés à coup de bâton.

Car, au fond, le problème, c’est la médaille. Fut-elle si méritée que ça ? L’épisode relaté par la DDM tend à prouver que non.

Patrick Cintas.

 

Louis_Marette_air_con


* Terme que j’emprunte au Droit pour le placer dans le domaine de la Morale.

 

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