Louis Marette le « veinard » décore André Huertas le « miraculé »

 

Louis_Marette

Quelle suffisance ! Monsieur André Huertas, nous apprend la Dépêche du Midi, « pensait qu’il méritait la Légion d’honneur. »

Diable ! En voilà une belle pensée. Et utile avec ça !

Je sais bien que beaucoup pensent comme lui, mais en principe ces cabotins se retiennent d’évoquer en public ce sentiment d’autosatisfaction qui risque de prendre l’allure d’une bouffissure si l’impétrant n’y prend garde.

Monsieur André Huertas aurait bien aimé mourir pour la France, mais hélas pour lui, il est encore vivant. Comme il faut l’en plaindre, sans doute.

Ses « frères d’armes, » écrit la DDM, « l’appelaient le miraculé. »

D’après les quelques récits que Monsieur André Huertas dispense dans ces pages, il est en effet passé tout près de la mort.

Pas de quoi fouetter un chat… On a vu pire. Toutes nos familles ont recueilli les rares récits de nos combattants, lesquels se sont toujours montrés, pour les plus véridiques, fort avares de détails et de… complaisance.

Ainsi, ce… miraculé voulait la Légion d’honneur. Et il l’a eue !

Pour quoi faire ?

Et bien pour l’accrocher à son arbre, lequel ne se lasse pas de « s’effeuiller », dit-il, d’autant que bon nombre de ces feuilles sont « honorifiques ».

Pourtant, dit Marcel Pagnol, « l’honneur est comme les allumettes : ça ne sert qu’une fois. »

Mais celle-ci, cette croix, est « la plus honorifique » de toutes. Tiens donc !

Gageons qu’elle ne jaunira pas de si tôt, car Monsieur André Huertas ne boit que de l’eau bénite.

Ce qui me rappelle un de mes oncles, féroce soldat de Juin, qui lui ne buvait que de la gnole. Lui aussi a finalement bénéficié du miracle, malgré les os cassés et perdus, mais il n’a jamais, après de vrais combats au Mont Cassin, entre autres, estimé qu’il méritait plus que les autres. Il est vrai que les héros sont modestes, toujours. Ce qui me remet en mémoire une pensée de Balzac, au sein de sa célèbre préface : « Peu d’œuvres donne beaucoup d’amour-propre, beaucoup de travail donne infiniment de modestie. » Ce qui s’applique à la littérature ne s’applique-t-il pas à toutes les actions dont on meurt… ou pas selon allez savoir quel miracle ?

Patrick Cintas.

 

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