La Passion de Louis Marette (1)

 

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Le perroquet de Louis Marette – texte intégral

 

La Passion de Louis Marette (1)

 

La Passion de Louis Marette (1)

Aquí sí que se declaró bien la divina asistencia —ponderó Critilo— en disponer, no sólo los puestos y los centros de las cosas, sino también los tiempos. Sirve el día para el trabajo, y para el descanso la noche. En el invierno arraigan las plantas, en la primavera florecen, en el estío fructifican y en el otoño se sazonan y se logran. ¿Qué diremos de la maravillosa invención de las lluvias? Baltasar Gracían – El Criticón

 

Louis Marette connut d’autres perroquets. Outre le vert, dont il fut question plus haut, le rouge et son pendant le blanc, le noir même, avec ses reflets roses ou gris, le marron des jours de chiasse et le bleu du travail mal fait. On le vit dans le prisme de Newton comme dans celui de la perception.

Or un soir, de retour d’une virée providentielle qui provoqua maints agenouillements de la maréchaussée, Louis Marette regarda dans le prisme.

Et ce qu’il vit lui donna tant soif qu’il but.

Mal lui en prit ! Tant de voir que de boire !

Car Dieu, qui est toujours là quand il ne faut pas, lui révéla la vraie nature de son utilité (celle de Louis Marette) en ce monde qui ne peut plus s’en passer depuis que l’être humain a le choix entre le saucisson-beurre et le hamburger.

« Ma foi, se dit Marette (car il en avait une grande et une petite selon l’auditoire), ce que je vois doit bien exister puisque je le vois sous l’emprise d’une substance capable d’ouvrir les portes de la perception. J’ai pas lu Aldous Huxley, mais je l’ai rencontré dans un confessionnal… »

Il entendait même la voix de Jim Morrison qui lui disait ceci :

« Louis, tu es Louis !

— Mais c’est que je ne sais pas qui tu es toi-même ! Tu es bien chevelu comme Jésus, mais je crains de ne pas comprendre…

— Après Jésus, Louis ! Je m’appelle bien Jim ! »

Disant cela, sur le ton qu’on imagine sans plus de style, Jim se fraya un chemin dans le spectre qui apparaissait dans toute sa splendeur newtonienne. Marette recula, effrayé par cette soudaine déformation visuelle bien plus effrayante que celle qui affectait son pare-brise quand il rentrait chez lui après avoir levé le coude.

« La vérité n’affecte que les menteurs et les hypocrites, continua Jim. Voici ce qui est arrivé… »

Et Jim, qui n’était pas le nègre de Huck, mais celui de Dieu, ouvrit grand sa rabelaisienne braguette dont il exposa le contenu. Marette en perdit ce qui lui restait d’équilibre. Heureusement, la main de Dieu le sauva d’une chute à la renverse qui l’eût éloigné du prisme et mit fin à cette vision stupéfiante. Et l’œil de Marette, un instant séparé du prisme, se recolla dans sa lunette. Ce qu’il vit le remplit d’une foi comme il n’en avait jamais connu.

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