Fêtons le 14 juillet à Mazères en poésie et en chanson

 

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Et si le rêve révolutionnaire ne consistait que dans la reconnaissance de l’utilité et de la grandeur d’âme ? — Une révolution des médailles ! — avec une flopée de légionnaires en tout genre — de la piétaille exécutive et judiciaire — ceux qui méritent de l’être — et c’est leur seul mérite — et quelques gloires de l’aristocratie législative avec des marques plus ou moins profondes d’académisme et même de réelle ampleur humaniste — le tout couronné d’un panthéon à l’image de l’Olympe — les demi-dieux siégeant dans les académies — et les magiciens avec tout le monde — dans les bureaux et dans les tribunaux — la loi condamnant toute atteinte à leur dignité de domestiques — condamnant les analyses concluant au charlatanisme de ces thaumaturges zélés — révolution à l’abri de toute ressemblance trop frappante avec le fascisme uniquement parce « l’homme nouveau » est exclus du débat — qu’il est patent — qu’il hante même — et pas seulement la mémoire — traces indélébiles d’une droite qui a créé la révolution à son seul usage — tout le reste n’étant que rébellion inadmissible ou en tout cas utopique — prétextant la prépondérance de la réalité sur le rêve pour y installer le pouvoir et ses instances répressives — le rêve ne pouvant consister qu’en approbation et contribution — allant jusqu’à élever le malchanceux en contraste avec les règlements de compte internes — spectacle de justice — ni comédie ni tragédie — genres qui appartiennent au passé — alors que la fête est le meilleur argument pour réduire l’esprit à sa participation — à cette parodie de l’acte — réduisant ainsi la liberté à la permission — à ses rites initiatiques — éducatifs — instructifs — et si le rêve révolutionnaire ne consistait qu’en cette recherche sans pitié d’un équilibre entre le pouvoir et ses autorités d’un côté et la possibilité de vivre au plus proche de notre cerveau et de notre sexe ? — voyant passer les modes et s’installer les œuvres — allant même quelquefois jusqu’à saisir ces instances du bonheur — d’un bonheur d’homme libre par la force des choses — par manque d’héritage ou impossibilité de se vendre — assistant alors à ce qui n’est pas un spectacle ni une fête — ce qui n’est en rien une solution de droite ou de gauche — action d’instinct excluant toute éventualité d’esthétique — connaissance en mouvement libre de toute contrainte morale — avec cette perspective inouïe de l’acte terroriste — comme fonction non pas libératrice — mais conclusive.

Paru ce jour dans la RAL,M


 

Marette

Ça me fait des chos’

Mais je sais pas quoi

Et j’en suis tout chose

Ah ! Ça c’est tout moi

Je ne connais pas

Et je veux connaître

Je ne trouve pas

Alors je veux l’être

 

Je me demande parfois

Si je suis bien de Mazères

Si je suis fait pour vous plaire

Si je suis bien de chez moi !

 

Je suis comme avant

Et comme demain

Je n’ai pas la main

Mais je suis devant

On dirait que j’ai

Du poil au menton

Mais c’est le talon

Que j’ai dans le pied !

 

Je me demande parfois

Si je suis bien de Mazères

Si je suis fait pour vous plaire

Si je suis bien de chez moi !

 

Je me tourneboule

En buvant un coup

Et j’en perds la boule

En voyant le trou

Je ne sais plus si

C’est demain la veille

Je m’ fais du souci

En cueillant la treille

 

Je me demande parfois

Si je suis bien de Mazères

Si je suis fait pour vous plaire

Si je suis bien de chez moi !

 

À la fin je coupe

J’en ai par-dessus

Le dos de la coupe

Et du pied en plus

Je sors de la niche

Avec mon nonos

Ah ! Je suis fortiche

Quand je l’ai dans l’eau

 

Je me demande parfois

Si je suis bien de Mazères

Si je suis fait pour vous plaire

Si je suis bien de chez moi !

 

Chanson extraite de notre opérette Nous voilà ! dans la série L’Ariège a besoin d’un concept, ouvrage dont nous préparons la sortie en librairie à l’automne prochain.

 

Louis Marette voit toutes les couleurs le 14 juillet

 

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C’est l’été à Mazères.

Son maire, Louis Marette, ne se sent plus pisser comme on dit ici.

Et on sait bien ce qui le fait pisser… en dehors des causes naturelles et de la fatigue.

Ce retraité s’ennuie toute l’année dans sa mairie, sauf l’été.

L’été, à Mazères, c’est la fête ! Et Marette s’amuse !

Des touristes, il n’y en pas, ou peu, et ce sont rarement de vrais touristes. On ne vient pas à Mazères pour se cultiver ou faire la fête, hélas !

Question culture, à part un festival de saxo, rien ! La question n’est donc pas à l’ordre du jour. Marette étant un larbin inculte, il ne faut pas s’étonner de cette triste situation que personne n’est en mesure de changer car ce rustaud a du piston !

Annonçant les festivités de la Fête nationale au micro de Radio-Mazères (un système de fils et de haut-parleurs accrochés aux poteaux environnants), son animateur en chef, Louis Marette lui-même, a d’ailleurs oublié d’annoncer ce festival tellement il était excité par SON 14 juillet. Il s’est modiquement rattrapé en bafouillant des choses qui tenaient à la fois de son indifférence pour les Arts et de l’attrait qu’exercent sur lui les composants premiers de la fête.

On a eu droit il y a quelques jours à une fête des traditions qui nous a inspiré l’article précédent lui-même inspiré par les conversations que nous tenons tous les jours avec les vrais Mazériens, ceux qui en ont vraiment bavé à l’usine, aux champs et à la guerre. Et nous avons exprimé cette colère légitime contre les abrutis indignes qui se sont bien tourné les pouces pendant leur existence de planqués et qui maintenant, en retraite, prétendent donner des leçons de traditions sur des sujets qui doivent inspirer autre chose que le plaisir et le bon temps. Mais Louis Marette a fait joujou toute sa vie et il continue, allant jusqu’à se présenter comme l’exemple que la jeunesse doit suivre si elle ne veut pas sombrer dans… l’intelligence des choses de ce monde. Comme naufrage, c’est toutefois tentant, et nous invitons régulièrement la jeunesse de Mazères à secouer les plumes de ces Apaches sans honorabilité constante — ce qui ne veut pas dire sans zoneur, preuve que nous apprécions la nuance.

Et maintenant, au tour du 14 juillet ! C’est l’étape suivante et Louis Marette, grimpé sur son véloquipeine (istapekomaxina), donne le coup de pédale en direction de…

… On s’attend à une fête populaire, avec des rencontres sur les terrains où on a l’habitude de se voir tous les jours certes, mais sans esprit de célébration. Il est même concevable, ce jour-là, de se retrouver à l’église ou au temple. On souhaite aux cafetiers une bonne journée et à nos jardins un ensoleillement digne de nos parasols. Au fond, on reste simple, même dans la grisaille, mais pas plus loin, et les pas de deux giguent sur la place publique finalement illuminée par un feu d’artifice forcément de toute beauté. Telle est la tradition en France. Il n’y a qu’à Paris, et dans quelques autres villes françaises anciennement germaniques, que les chars d’assaut et les vols en formation viennent jeter le doute sur les intentions du gouvernement.

En conséquence, le véloquipeine de Louis Marette n’est animé que par les pédales qui l’éreintent en direction… du monument aux Morts. Morts avec une majuscule pour exprimer clairement la douleur des familles et pas autre chose ! Ces Morts ne sont pas forcément et indubitablement tombés pour la France : ils se battaient surtout pour la survie de leur terre, encore une nuance à enfoncer dans le crâne de ce Louis Marette qui ne se différencie du bobo que par la nature de la drogue dont il fait usage : la sienne est autorisée !

Voilà comment les pitres de la République nous sucrent une fête qui ailleurs, sauf en Chine, ne fait pas l’objet d’une commémoration militaire. Pour ce faire, le calendrier national a prévu d’autres dates. Voir, pour apprécier l’ignominie, les témoignages éberlués ou scandalisés des touristes étrangers à Paris.

Il est d’autre part évident qu’en terre occitane les clameurs nationales ne sont pas les plus appréciées par une population qui, par les temps qui courent, est en droit de se demander si Paris est un bon choix et si ses serviteurs sont dignes de confiance.

Il n’en reste pas moins qu’une fête est une fête, une occasion de se cultiver aux sources de l’Histoire de France et des non moins précieuses Humanités locales, ce qui échappe totalement aux responsables de… l’action culturelle à Mazères.

Mais quand Mazères reviendra-t-elle à ses bons sentiments ? Ils ne manquaient pourtant pas !

Ce maire affublé de médailles, d’écus et de tocs donne de Mazères l’image que le Parigo se fait des « trous du cul du monde ». Il ne perd pas le Nord, quoi !

Nous l’avons d’ailleurs surpris tout nu dans les fourrés du bord de l’Hers, comme en témoigne notre cliché pris sur le vif, écartant les feuillages avec son… petit bâton de marche militaire. Et nous avons clairement entendu sa chanson, dont nous transcrivons ici les paroles :

 

Je les aime pas trop marquises

Je suis un trop bon citoyen

Et si le vent tourne à la bise

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

J’en ai encor’ des chos’ à faire !

Des tas de chos’ et pas que bien

J’ai encore les pieds sur terre

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Monter la tente en liberté

Se coucher dedans en terrien

Et en toute fraternité

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Des avantag’ il y en a bien

Faut pas non plus exagérer

Que ce soit bien ou mal géré

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Je m’organise en bon pays

Ya de la plac’ pour tous les chiens

Ya même un coin pour les fusils

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Cert’ il arriv’ que d’aventure

J’ai l’occasion de fair’ le bien

Moyennant quelque alcoolature

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Je les aime pas trop marquises

Je suis un trop bon citoyen

Et si le vent tourne à la bise

Le camping c’est pas fait pour rien !

 

Chanson extraite de notre opérette Nous voilà ! dans la série L’Ariège a besoin d’un concept, ouvrage dont nous préparons la sortie en librairie à l’automne prochain.

 

Mazères de Marette : un modèle dans le genre… péquenot

 

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À Mazères, la « foire al païs » agit comme les verres de Ricard de tournée en tournée : chaque année, son maire, Louis Marette, remet la main sur le comptoir et c’est reparti pour un tour. Vieilles charrettes, battage du blé ou du foin selon l’idiosyncrasie du spectateur, touristes médusés qui s’entretiennent en aparté, comme au théâtre, subventions associativement gaspillées en conneries, discours mi figue mi raisin, surtout raisin, de l’édile qui ne se sent plus pisser, on n’arrête pas le progrès !

Une poignée de retraités sans véritable expérience de l’existence est aux manettes. Ça ne schlingue même pas la couche-culotte et le pipi d’chat. Il ne manque pourtant pas la crotte des oiseaux du Domaine et les ânes qui y paressent à longueur d’année. Les commerces ouvrent leurs portes sans conviction. Un peu de blé circule, mais sans l’intérêt pourtant nécessaire du visiteur étranger qui se demande où il a foutu ses pieds aux semelles de vent.

Il faut dire que Louis Marette, comme retraité constitué, a traîné la savate toute sa vie le long de la voie unique et sans grands travaux qui passe au Vernet pour aller agoniser en pleine montagne. Jamais perdu sur le ballast, il ne se contentait pas, dit-on, de vérifier le calibre des cailloux et le serrage des tire-fonds.  Il accumulait déjà l’expérience des recommencements. Et il en tire même une fierté de dindon aux glouglous tellement répétitifs qu’on est en droit de se demander s’il a de l’imagination, autrement dit si ses visions du futur ne relèvent pas plutôt de l’hallucination.

Car quand on arrive à Mazères en plein été, on a l’impression de tomber dans une fiction mal fagotée et d’un autre âge, voire sans âge du tout, comme ces pages étonnamment désécrites par GP Gleize qui est aussi, comme ça tombe bien ! un historien…

C’est ainsi al païs : ils s’y connaissent, ces trophées locaux de la politique, de la littérature et même du droit. Ils te prennent la plume ou la charrue et les voilà lancés sur la voix publique pour montrer d’une part ce qu’ils savent faire aux autres et d’autre part ce qu’il convient selon eux d’imposer aux mœurs locales pour les élever à la hauteur du rêve constitutionnel. Ils ont passé toute leur vie à servir de paillassons aux activités douteuses de l’État et les voilà maintenant gallés en donneurs de leçon sur des sujets qu’ils ne maîtrisent évidemment pas : la mémoire collective blessée par les guerres, l’accueil de l’étranger, celui qui passe comme celui qui veut rester, la conservation des précieuses et savantes données de l’Histoire, la réalité du travail au champ, à l’usine et en cuisine. Et j’en passe des vertes et des pas mûres sur ces « activités traditionnelles » que ces feignasses n’ont jamais pratiquées à la place de leurs tournées en rond dans la domesticité et l’oubli à la biture quotidienne. Ah ! on les comprend, leurs polynévritiques randonnées dans les rangs de la fonction publique !

« Tu déconnes ! » me dit mon ami le poète toulonnais Robert Vitton qui est depuis longtemps un marin de Paris. Il n’y voit goutte, comme Homère, mais il me prend pour un farceur quand j’évoque à sa table les tribulations d’un troubadour en son propre païs. « Que veux-tu que je chante ! L’Église est partout ! À la mairie, au café, au stade et tout l’été dans la rue. On n’est plus chez soi, foi d’Occitan et d’Andalou ! »

Et ça bat du foin, ça bénit des chiens, ça lève des verres et des drapeaux, ça camoufle des crimes de guerre et des gravières, ça se donne en exemple à une jeunesse qui est en droit de se demander si le lard est plus cher que la côtelette et s’il faut payer avant d’entrer dans le club, qu’on soit mâle ou femelle d’ailleurs !

Mais l’été commence à Mazères par cette fausse nostalgie de foin et de « produits régionaux ». L’étranger est toutefois averti qu’il est filmé. Louis Marette se veut metteur en scène de la vie municipale. Il dispose d’un système de prise de vue à faire pâlir Coppola. Et attention que même les gendarmes n’on pas droit de regarder dans le viseur. Aux pieds, les gendarmes !

Un Anglais à qui je raconte ça me rit au nez : « Tuez-le ! Nous autres Anglais… » Mais chez nous, au pays du trobar, on ne tue pas les marionnettes : on les agite. On les agite avec du texte. On leur donne la parole et on les donne à voir. Dans le verre, on met du thé ou du sirop de grenadine, pour l’illusion. Et le Guignol n’est pas sympa, mais alors pas sympa du tout. On ne l’a même pas traité de pétainiste. « Un pétainiste, monsieur, ça a des couilles ! »

Mais qu’est-ce que c’est que cette France qui vient jusqu’ici — que c’est loin ! — pour battre du foin et répandre les gouttes de ses superstitions avec des bras aussi peu faits pour le travail que ceux de Louis Marette qui s’en sert comme il s’en est toujours servi : pour rien ?

Que veut cette France quand elle naît illégitimement sur nos terres et quand elle propulse ses larbins dans nos rues et nos chemins ?

Si c’est qu’on finisse par se foutre de nous en rigolant à perdre haleine, c’est gagné. Louis Marette y gagnera une rosette qui lui ira comme un gant. Nous, on rentrera à la maison avec le sentiment d’être passés pour des cons et pour rien. Le touriste y pensera en grignotant de la saucisse de foie faite à Mazères. Et le jeune Mazérien, quand il y songera avec nostalgie, écrira des pétitions pour qu’on efface des rues de Mazères les noms de Trigano et de Marette, règne et sur-règne que la mémoire retiendra comme un temps passablement perdu pour l’intelligence et la dignité. Ou dit à l’américaine : pour les sciences et les humanités.

Ah ! mon salaud !

 

André Trigano achète une vache et Johnny Rasco chante la Ballade de la vache à Dédé

 

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La vache de Dédé se promenait entière

Quand le vieux Louis Marette embrassa sur la bouche

Le non moins  vieux Tintin qui est de bonne couche

Si les gays vont voter ailleurs que sur la Terre.

 

« Par exemple mon vieux ! s’écria ce vieux singe,

On s’était mis d’accord toi et moi pour se battre

Comme au lavoir les meufs battent le sale linge

Que nous n’avons porté que pour nous mettre en quatre ?

 

J’étais loin mais alors très loin d’imaginer

Qu’un militairement médaillé d’la Légion

Utilisât sa langue à des fins d’ corruption

Parc’ que le temps est gris pour sa pomme et ses pieds !

 

Ah ! mais faudrait pas pou pousser le pion trop loin.

J’ai l’anus en caval’ mais c’est pour la bonn’ cause !

J’ suis pas un spécialist’ de ces drôles de choses

Comm’ le prouv’ la Justice appelée à témoin.

 

Renseign’-toi chez Michou qui fait des défilés !

Il te dira comment les jug’s j’ai convaincus

Que je suis un macho avec des preuv’ au cul,

Raison de pas tenter de me prendre aux filets !

 

J’suis un mec pas facile à enturlupiner !

Jamais je ne m’assois avant de vérifier

Si la chaise est percée à l’endroit où je pose

Les conditions sine qua non de mon osmose.

 

Retire cet organe et efface la scène

Avant que je m’énerve et que je prenne goût,

Espèce de pédé, à t’enfoncer des coups

Là où personne ira regarder si je t’aime ! »

 

A ces mots le gaullist’ se mit le nez par terre,

Comme dans le djebel du temps des bons supplices.

Il se gratt’ le caillou avec un doigt expert

Et lance au vieux Tintin un œil clair’ment complice.

 

« Dédé y veut m’aider, que j’ai rien demandé,

Que j’ai mêm’ pas prié pour qu’on me coupe pas.

J’ai mangé de la merde et ça me donn’ des dé

Des démangeaisons là où j’ai du mal à pa

 

À patauger dans la la merde où tu m’as mis ! »

Sur ce le vieux Tintin, qui n’entrave que dalle,

Découpe une médaill’ dans du papier à malle,

Des fois que l’vieux Marett’ se la faire il s’est mis

 

Mis dans la dans la tête après les élections

Qui  donn’ raison aux gays et à leurs défilés.

« Mon pot’ Loulou, allez ! On n’est pas des des des !

On est mêm’ des gros mâl’s qui font très attention

 

À pas se bécoter mêm’ politiquement,

Des fois que les bovins qu’ont toujours l’air de rien,

Se mett’nt pas dans la têt’ qu’avec des pots de vin

On peut vivre de ça décemment et longtemps.

 

On va te les mouiller avec du rince-l’œil,

Que j’en ai plein mes mall’s des fois que foutr’ le camp

Dans un train ou sous terr’ ça ne leur dis’ pas grand

Pas grand-chose de sain d’y aller en fauteuil.

 

Si tu parl’s, vieux crétin, met la langue au popo,

Au popotin des gays, des michous et des moi

Des moineaux de saison et des chanteurs de po

De polissonneries — Fais comm’ si j’étais toi !

 

— Mais t’es pas moi Tintin ! T’es pas même un zinzin,

Un zingueur de culott’ ou alors t’as rêvé

Que ma vie est un songe et ma passion des saints

Un’ vérité à mettr’ dans la bouche des enfants.

 

Mêm’ les gendarm’s nous trouv’nt vieux et bon à jeu jeu

À jeter aux poubell’s de la tronche à Dédé

Avec  le chocolat des médaill’s et des nœuds

Qu’on n’a pas pu défair’ tell’ment y en avait !

 

Moi j’en avais pas marr’ de toucher chez les primes

D’ fin da da d’ fin d’années — Ah ! Mon bon vieux Tintin,

Le monde est tout changé et on a plus la main

Sur notre trinité et sur le pain azyme.

 

Les jug’s nous donn’nt raison mais ça réchauffe pas,

C’est comm’ si on deux vœux devenait des pédés,

Toi et moi les neuneus de la raison d’éta

D’établir les limit’ à ne pas dépasser

 

Dans l’anus ou dans autre autre chose à penser.

Alors j’ai pas pu raie j’ai pas pu résister

À l’envie de mouler ma langue dans ta bouche

Des fois que la justic’ fasse la fine mouche

 

Au moment de changer le monde et ses patries,

Et le sens à donner à nos compromissions

Que c’est pluss’ des missions que des compro mimi

Promis mis et remis, commissions à l’envi ! »

 

Tintin et le Loulou tiraient la langue au bord

De l’Ariège en crue crue en recrutement cou

Courageusement vin vint ou revint le bo

Le bovin à Dédé découdre avec la mort.

 

Le baiser sous la lampe et la main au dédé

Au détour de la hanche et du manche à Dédé

Débandé comme l’arc de triomphe passé

Ces temps à découper une vache en p’tits dés.

 

Ah ! La vach’ que c’est bon ! Que c’est bon à dédé

À dépenser gratos au frais d’la Répubique,

Raie d’la pubiqu’ gratuit’ pour tous les bains publics,

Bambins publics et bancs bin de la rhétorique.

 

« C’est bon, dit le Dédé, c’est bon de s’embrasser

Entre hommes sur la bouche et avec de la langue,

De la langue en français et pas en pédédé

Comm’ Michou qui me fait du plat dessous la table. »

 

Mais la vache à Dédé voulait pas qu’on la crève.

Elle avait sous le coude un dossier sur la viande

Et sur tous les trucs mous que les enfants demandent.

Ce bon vin inspirait Louis Marette et ses rêves.

 

Il se voyait déjà debout sur de la trique,

D’  la tricolore en bit’ bitord de la balise

En commençant par le le bout d’ la queue en zique

En musique en fanfare, pantalon et chemise

 

Au milieu de la foire où l’ vin se boit cul sec

Secoué par la trouille et l’hallucination.

La vache avait un prix et Dédé s’mit à déc

À déconner tout seul sur ce sujet bâton.

 

Le bâton et Marett’ ça fait deux pistolets.

S’il s’agit de tirer, on peut compter sur lui.

Il  s’ met en position à deux pieds sur Dédé

Qui pouss’ l’encan à mort et emport’ le cuicui.

 

De loin Tintin se marre et secoue sa menotte.

« Ils m’ foutront en prison dans un cercueil en cuir.

Mais ces deux mecs à vache y zauront pas mes potes

Que c’est des mecs des vrais pas des bross’ à reluire.

 

Un coup d’ langu’ d’ temps en temps ça peut pas fair’ de mal.

La Droit’ ça a du goût, j’ suis pas gay à ce point.

Mais pour c’ qui est d’ la vache ils vont me la poinpoin

Poinçonner au zizi sans recours au mental.

 

Je suis la preuv’ vivant’,  preuve qu’on peut baiser

Et se faire baiser sans passer pour un mi

Un mich’ton d’ la démo démocratie en mi

En mineur et en do dodo sur l’oreiller. 

 

Pas plus haut que trois pomm’ et fier comme un balai

J’ai quand mêm’ réussi à écarter les fesses.

Du fait main et maison avec un bel aspect

D’ communiant qui revient qui revient de confesse.

 

J’ai un pied dans la tombe et le cucul à l’air

Mais faut pas en conclur’ que j’ai couché avec

Sans r’garder à deux fois si j’étais seul et sec.

D’ l’existence j’ai un’  co connaissance d’expert.

 

Allons, ma bonne vache à Dédé et Loulou,

Nous coucher dans le pré pour te sucer les os

Et jouir encore une fois d’être deux sans craignos

Pour gâcher le plaisir solitaire des mous.

 

J’ vais me mettre au poulet. Après tout ça peut pas

Être aussi dangereux pour la santé des vieux

Qu’un coup de pied au cul de la part d’un cagneux

Qui couche avec les vach’s de Dédé le papa.

 

Et puis Dédé y m’aime et il se cache pas

De le dire en public pour qu’on sache que moi

J’ai pas de haine aux yeux à la place du cœur.

De passer pour un’ tant’  Tintin il a pas peur.

 

Allez vient mon Dédé, viens toucher le grisbi.

Ya rien à espérer de la SNCF.

Viens voir comment en vrai on peut faire du bénef

Sans rien toucher aux vach’ et sans se faire pipi

 

Au froc comm’ ce ringard qui parle un autre idiome.

Allez Dédé, ma vache, mon ragoût aux oignons,

Fais la nique à Tintin et tintin pour les cons.

Marette il a dans l’ cul et nous on est des hommes. »

 

Ainsi Tintin sauva la vach’ d’un’ mort  aux cris,

D’un’ mort qui donne à bou à bouffer aux pupilles.

On becqu’ta du Marette en blog et en famille

Et on se sentit fort comme aux Hall’ à Paris.

 

Et en catimini Tintin s’ calta au large

Pour crever au grand air et rien devoir aux gays.

La vach’ reconnaissante écrivait dans les marges

Des trucs fabriqués pour pour donner des idées,

 

Des idées de révolte et de coups d’ pied au train

D’ ces vieux cons médaillés jusque dedans les glandes.

Ça saignait dans la rue , c’était du sang glin glin,

D’ quoi  donner du plaisir à l’offre à la demande.

 

Des cons pareils ça tue l’orgasme et les aco

À-côtés du cucul et d’ l’amour en tout’ li

Liberté de le fair’ sans signer au pipi

Des trucs que c’est vraiment papa leur ex voto.

 

 

 

Refrain

à placer où et quand on veut

 

Vive la vache et la Dépêche

Et vive la mort des zombis !

Marr’ de ces vieux cons riquiqui.

D’ la bomb’ faut allumer la mèche !

La vache à Dédé

À Dépêche-moi le

Veut un os à moelle

Dans le genre humain

Pour se le sucer

Et mettre la main

A la patte !

 

Johnny Rasco

 

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Louis Marette est le plus grand […] !

 

Le programme de combat contre les incivilités et les actes de délinquance n’a heureusement pas conquis le monde rural qui est le nôtre.

600 communes ont adhéré à cette entreprise fascisante. Soit 1,5% des communes de France. Ça fait peu de pétainisme, surtout si on retranche de cette statistique encourageante les adeptes qui ont perdu la boule en cours de route.

Mazères est de celles-là.

Louis Marette, maire de Mazères, accuse André Trigano et son autoroute « du Sud » :

« Depuis la mise en service de l’autoroute A66 en 2002, le nombre de délits a augmenté. En 2009, Mazères a enregistré 112 faits de délinquances, avec 27 cambriolages. C’était l’explosion. Il fallait réagir. » (La Croix)

Chiffres douteux venant de l’administration dont Louis Marette est encore, malgré sa retraite, un domestique zélé surtout en temps de barbarie sarkoziste. Les temps ayant changé, il tente une session de rattrapage et déclare à la Presse :

« L’effet dissuasif est évident, et pas seulement sur les faits de délinquance importants, mais aussi sur ces incivilités, comme le bruit la nuit, qui perturbent les habitants. Les choses se sont tellement calmées que j’ai supprimé le contrat avec l’entreprise de sécurité qui intervenait ponctuellement dans la commune. » (id)

En quelque sorte : mission accomplie, ce foudre de guerre, qui participa à l’éreintement des révoltés de l’Empire, lève le camp avec les zoneurs d’une barbarie qui aura fait long feu face à la réalité de l’esprit français dont il est un ennemi.

Mais, comme tout le monde le sait et surtout en parle depuis que MCM ne se gêne pas pour le dire, Louis Marette est un comique d’opérette comme son modèle. Non content d’avoir réduit les dépenses somptuaires relatives à la sécurité, le bougre veut rassurer la population. Parlant du QG des opérations, il se pose en commodore :

« Même les gendarmes doivent faire une réquisition pour regarder les enregistrements, qui sont effacés au bout de quinze jours »

Au fond, il offre deux garanties :

  • Le droit à l’image est respecté ;
  • Les gendarmes sont tenus à distance.

Il est vrai que ceux-ci peuvent être perçus comme des concurrents puisque leur arsenal professionnel peut très bien se passer de cette vigilance qu’il n’est pas bête de comparer à la constitution d’une milice, droit effectivement inaliénable aux USA, mais de sinistre mémoire en ce qui nous concerne.

Mais ces considérations d’ordre général ne sont que la forêt qui cache ce qui se passe derrière, aux frontières de l’honnêteté et de l’honneur.

Louis Marette n’a plus les moyens de confier sa propre image à des mains expertes. Il la travaille donc en solo. C’est désormais un produit maison, — du biologique sarkoziste en quelque sorte, spécialité qui donne lieu en ce moment à d’amères discussions, lesquelles présagent de gros ennuis civils et peut être même pire…

Nous reparlerons de la vache d’André Trigano, thème inauguré par la Dépêche du Midi… dans la perspective des prochaines élections municipales.

En attendant ce portrait-charge, ou en ne l’attendant pas, mais maintenant que c’est dit il va l’attendre, — Louis Marette veut affirmer que sa puissance publique est plus grande que celle du gendarme :

 

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Une comparaison sur le thème du plus ramolli ne changerait rien à l’affiche.

De cette comparaison, il suffit de retenir que Louis Marette est plus grand, plus ramolli si on veut et si on admet que plus ramolli qu’un gendarme, c’est possible. Louis Marette, qui ne démontre rien, dit que non seulement c’est possible, mais qu’il n’y a pas d’autres solutions.

 

Derrière cette plaisanterie de mauvais goût, s’annonce un débat de la plus grande importance. Plus grande que Louis Marette et un gendarme mis bout à bout. C’est dire !

Comme on le sait, les gendarmes en ont marre d’être pris pour des cons. Ils s’imaginent, majoritairement, que ces considérations sont à imputer à leur statut militaire. Même pour un soldat, un gendarme, après tout, ce n’est qu’un civil habillé en militaire.

Mais si la gendarmerie devient une autorité judiciaire civile et civilement organisée et constituée, qui c’est qui est le chef ? Louis Marette répond : « Moi, parce que je suis plus grand parce que je suis élu parce que je suis plus grand ! »

Il serait étonnant qu’une telle hiérarchie séduise l’esprit secrètement frondeur du gendarme.

Ce n’est pas que le gendarme conteste la grandeur de Louis Marette. Il n’en a rien à foutre.  Entre le rêve et la réalité, le gendarme choisit en général la réalité. Il en est autrement de ces retraités de la fonction publique qui envahissent nos conseils : ils continuent de rêver, coûte que coûte, même s’il faut élever un bruit de mobylette à la hauteur de la Cour d’Assises.

Du point de vue du béotisme, oui, c’est Louis Marette qui l’emporte, ce qui est bien pratique parce que le motif de l’affiche sert aussi à promouvoir sa grandeur.

C’est que Louis Marette, comme on le verra au sujet de la vache d’André Trigano (merci la Dépêche !), s’est lancé dans les économies : pour lui, ce terme n’a strictement rien à voir avec l’austérité de Droite ou la rigueur de Gauche ; la dissimulation de ses erreurs passe par ces manipulations à la fois de l’esprit et des comptes à régler.

Et le grand Louis Marette, qui fait pourtant pipi au lit, de conclure en levant son verre :

« Peut-être certains sortent-ils très vite les caméras de surveillance pour calmer l’inquiétude, mais c’est à mon sens une réponse facile qui ne règle en rien le problème de fond d’une société de plus en plus violente, même dans nos petites villes. »

Sortir, comme on sort un joueur… Les métaphores de Louis Marette empruntent beaucoup au sport, bien qu’il manque totalement de fair play. Sinon il avouerait dans le cabinet du juge d’instruction que cette violence est le fruit de la politique qu’il soutient et qu’il a même contribué à enraciner dans la terre ariégeoise pour laquelle il semble n’éprouver aucun sentiment… encourageant.

 

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De la dictature gaulliste considérée comme un signe de trouille

 

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La Gauche, si tant est que ce concept ait encore un sens, c’est-à-dire s’il est capable d’inspirer des sentiments, a commis trois erreurs qui l’éloignent du peuple :

— Le choix de Mélenchon : discours qui associe le nationalisme, comme promesse de bien-être social, et l’internationalisme, comme morale humaniste ;

— La cible « fasciste » réduite au seul Front National ;

— Et, en ce qui concerne le Parti Socialiste, le choix de de Gaulle.

Il faut se mettre à notre place pour comprendre notre embarras, voire notre commencement de révolte.

 

C’est chez nous une disposition naturelle : nous considérons que la Droite est une adaptation adroite des dogmes de l’Ancien Régime. En effet, il n’est pas difficile de constater que la Constitution de la Ve République ne constitue pas une république, en tout cas pas une république comme les autres. Son appellation exacte et sans ambiguïté est : monarchie élective avec possibilité d’un recours justifié à une dictature « momentanée » ou, mieux dit, provisoire.

Nous n’acceptons pas d’être colonisés par un tel régime.

Nous nous tournons alors vers la Gauche. Il n’y a pas d’autre alternative : le Centre est de Droite et les quelques prétentions à l’indépendance d’esprit, voire à l’apolitique, relèvent aussi d’un comportement de Droite.

Nous ne prétendons pas autre chose que de lutter contre les maux qui affligent l’humanité dans son ensemble :

— Injustice ;

— Maladie ;

— Misère ;

— Guerre.

Nous sommes alors, qui que nous soyons, les bienvenus à Gauche. Il faut dire qu’on en a besoin. Il ne faut pas longtemps à l’analyste pour mettre en évidence l’influence des dettes et autres calamités sur notre mental et tout ce qui en dépend. Nous ne sommes pas des patrons ni même des larbins : pas des esclaves non plus, mais on veut vivre le mieux possible ; on est même prêt à défendre cette part de territoire si c’est rendu nécessaire par une invasion ou un renversement de la démocratie.

Bon. Voilà.

Il faut donc vaincre la Droite. Ceci suppose non pas une élimination, mais une réduction. Le secret de cette lutte, c’est la conviction. Il faut convaincre à Droite.

Bon, bon. On a compris.

Et comme on est des hommes modernes, on bâtit notre discours selon la meilleure des méthodes : partant d’un rêve, qu’on peut appeler hypothèse si on veut, on en démontre la pertinence face à la réalité du phénomène Droite.

Nous sommes à la fois constructeurs d’une idée de la vie sociale et critiques des doctrines qui visent à sa destruction.

Nous avons parfaitement conscience que les interprétations de l’Histoire sur lesquelles se fondent nos visions et nos espoirs sont sujettes à caution, d’un côté comme de l’autre.

Nous avons donc acquis un sens certain de la remise en cause systématique.

Notre choix est limité, ou mieux dit borné, par la négociation et la prise de pouvoir.

Dans certaines autres limites, la société nous garantit l’usage des moyens de négocier et éventuellement d’enlever des postes du pouvoir.

Il est vrai que l’angoisse des lendemains trouble fortement ces saines dispositions. Autant nous sommes prêts à nous mesurer aux causes naturelles du malheur, qui peut arriver à tout le monde sans distinction de classe sociale, autant il est difficile d’accepter de frapper à la porte du malheur parce que des injustices nous y acculent, le plus souvent sans aucun sentiment de compassion de la part des autorités qui les prononcent.

Cette dépression constante nous affaiblit. Il arrive qu’elle nous tue. Dans tous les cas, elle affecte notre dignité et nous contraint à la honte, une honte qui n’est pas celle du déshonneur ou de l’honneur des médailles : une véritable honte qui appelle la révolte ou le suicide.

Telle est notre liberté. Elle est évidemment différente de ce qu’on entend par ce mot dans les textes qui prétendent la définir et la garantir à tous les hommes.

 

C’est dans cet esprit que nous entrons à Gauche.

Forts d’un esprit républicain et démocrate et mentalement constitués pour réduire la Droite à ce qu’elle devrait être : une marginalité d’opposition.

Mais, comme on le voit, c’est plutôt le contraire qui se passe, d’autant que la nature politique du régime qui nous gouverne n’a pas d’influence sur la conduite générale d’une humanité encline à mettre en œuvre les principes de Droite : acheter et vendre.

Nous avons une utopie : construire et donner. Mais c’est une utopie. Même si nous réussissons à réduire la Droite à une curiosité touristique, nous ne construirons jamais dans la joie et nous donnerons toujours à bon escient. Nous ne sommes, de ce point de vue, guère différents de nos semblables. Mais nous sommes meilleurs, du moins le croyons-nous.

 

Alors on écoute le discours de Mélenchon : il nous explique que nous avons une vocation internationaliste, ce qui est franchement généreux, même si les textes universels qui fondent cet esprit nouveau ne sont plus sur notre table de chevet. L’internationalisme s’oppose fermement à la mondialisation. C’est clair. Nous sommes convaincus, même si, à Droite, on ne l’est pas, mais alors pas du tout !

Et puis, comme le travail s’en va, qu’il fout le camp dans des pays où la main d’œuvre est moins exigeante que la nôtre, pays de malheur ! Mélenchon plante le drapeau de la France à côté du drapeau rouge qui est le symbole de cet humanisme qu’est l’internationalisme.

C’est-à-dire que Mélenchon pique le drapeau à la Droite, ce drapeau symbolique qui n’appartient qu’à elle, et il en fait une… solution !

C’est ainsi, nous dit-il, que nous allons revenir de la Droite où on s’était réfugié parce qu’on n’avait pas d’autre endroit où aller.

Et que croyez-vous qu’il arriva ?

Nous ne vînmes pas. Nous demeurâmes à Droite, car si le drapeau est, selon nous, le meilleur moyen de protéger non seulement notre travail, mais aussi notre way of life, le drapeau rouge est à nos yeux exactement son contraire.

Alors n’allez pas croire que nous allons vous asséner du stalinisme et autres chinoiseries. Nous sommes des hommes de notre époque. Et puis ces références incessantes à l’Histoire n’ont plus de sens.

En réalité, le choix consiste à secouer le drapeau de la France ou à agiter non moins férocement celui d’une gauche traditionnellement fondée sur un humanisme, ce qui n’est pas le cas de la Droite qui a plutôt tendance à déshumaniser quand elle agit.

Du coup, Mélenchon est sommé de s’expliquer : il ne s’explique pas. Il agit.

Et il s’en prend au Front national, qui représente sans doute la plus grosse part de la droite, pour lui piquer le drapeau de la France !

Il ignore, parce qu’il n’est pas homme d’expérience, mais de laboratoire, qu’il n’y a rien comme un drapeau pour s’accrocher, surtout si c’est un drapeau capable de protéger notre travail quand on l’impose à ce monde internationalisé ou mondialisé selon les humeurs.

Résultat : Mélenchon ne réussit pas à piquer le drapeau à Le Pen.

Drôle de discours, celui de Mélenchon : non seulement il veut faire rêver en associant deux drapeaux aussi incompatibles que le tricolore et le rouge, mais en prime, il n’arrive pas à revenir de la campagne avec le tricolore — et le rouge reste tout seul, dérisoire et sans flammes, au beau milieu de notre angoisse qui a empiré, prometteuse d’une crise de nerfs que les fermetures d’usine n’enfermeront pas comme on enferme la folie. On s’angoissera dehors !

Mais ce n’est pas fini !

 

Contre toute attente, et nous attendons beaucoup de la Gauche, on se l’imagine, Mélenchon, peut-être pour raviver de vieux sentiments qui ont fait leurs preuves, accuse Le Pen d’être une fasciste.

Il ne fait pas de doute que cette oiselle de mauvais augure emprunte au fascisme quelques-uns de ces paramètres fondateurs. En cela, elle ne se distingue pas des autres vautours de la Droite tout entière. En effet, la Droite est un aménagement à la fois de l’Ancien Régime et du fascisme. Mais, comme les temps ont changé, à défaut d’avoir évolué, il n’est pas judicieux de tenter d’enfermer le gaullisme dans le monarchisme et le lepenisme dans le fascisme.

Une lecture de cet article paru dans la Presse il y a 20 ans et disponible aujourd’hui sur l’Internet renseignera efficacement sur ce sujet :

 

[Télécharger l’ebook ci-contre : Le Front National – fascisme et réaction ?
s’y trouve en annexe.]

 

Certes, le discours de Mélenchon est un fiasco qui a coûté la moitié de ses députés à un Parti Communiste qui n’en demandait pas tant.

Mais, contrairement à ce qu’on pourrait en déduire, ces sièges ne sont pas allés à Droite. Celle-ci, dans son ensemble, s’est rapetissée. Elle s’est aussi radicalisée, ce qui est un effet du rapetissement. Et moins elle occupera le terrain, plus elle se durcira : elle est déjà le terreau du terrorisme qui affectera les temps à venir. Mais n’anticipons pas.

Ces sièges encore brûlants de discours équivoques et sibyllins se refroidissent doucement sous les fesses d’élus socialistes.

 

Le discours de Mélenchon n’a pas convaincu, c’est le moins qu’on puisse dire, et on en est peiné, car, au fond, l’association de ces deux drapeaux traditionnellement antagonistes ne présentent que des avantages : une bonne conscience et un bon travail. Que demande le peuple ? Et bien ce n’est pas ça qu’il demande ! Un bon boulot suffira.

Pour la bonne conscience, c’est aux socialistes qu’il faut faire confiance.

Souvenons-nous (sans sombrer dans l’historisme cher aux contestataires aigris) : la Constitution de la Ve République fut longtemps considérée par les socialistes comme un « coup d’État permanent ». Appréciation abandonnée, avec tentative de la jeter aux oubliettes, par leurs auteurs dès qu’ils accédèrent au pouvoir voilà plus de 30 ans. Et depuis, ça continue : cette constitution, selon leur nouvelle conviction, n’est plus un coup d’État permanent ; elle convient, toujours selon eux, à cette France qui, par voie de conséquence, ne peut qu’en féliciter son représentant symbolique : le général de Gaulle.

Un hommage constant et appuyé lui est rendu par les éléphants du Parti Socialiste, relayés avec constance par tous les militants sans qu’aucune remarque désobligeante ne fuse hors de leurs rassemblements publics.

Il n’est plus question, dans leur esprit, qui est aussi l’esprit de la Droite (mais qui n’est pas celui de Mélenchon et de ses amis), de mettre fin au gaullisme national et nationalement accepté et même défendu.

Au contraire, les institutions qui découlent de cette doctrine sont dites représentatives de la volonté de la nation. Il n’y a donc aucune raison de s’en séparer. L’esprit de progrès n’exige qu’une évolution et toujours dans le même sens, cela va de soi. De mauvais esprit prophétisent que ça n’ira pas en s’améliorant puisque selon eux les fondements du gaullisme sont des fondations et non pas des projets de construction.

Le débat est technique comme on dit aujourd’hui quand on craint d’en éclaircir les zones fâcheusement sombres. En réalité, il est philosophique et par conséquent chacun peut y participer, à moins d’être pédants ou salauds comme le sont les larbins exécuteurs et les autorités qui leur assurent impunité et sécurité. On a même l’impression, mais encore faudrait-il en justifier les occurrences, que le pouvoir législatif est plus un spectacle de rue qu’une institution douée de vrais pouvoirs. Il faut dire que les médias et les universités sont tellement avares d’informations sur ce thème qu’il est devenu difficile de se forger une opinion pertinente en tous points. Il y a toujours quelque chose qui cloche dans nos pensées « et c’est tant mieux, disent les producteurs de spectacles, sinon il n’y aurait pas de spectacle, mais une œuvre commune, » ce qui, selon leurs maîtres, n’est pas souhaitable.

 

Le gaullisme fait donc florès au parti Socialiste.

Cette espèce d’ignominie cérébrale ne choque personne. Et personne n’a songé a déboulonner la ridicule statue de Jean Cardot dont nous avons donné notre interprétation :

 

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Des milliers de pages ont été écrites sur ce personnage historique. Et dans tous les sens. Il doit être aujourd’hui impossible d’en lire la totalité, ou alors il faut plaindre Bouvard et Pécuchet.

De Gaulle criminel, de Gaulle pantin, de Gaulle salaud, de Gaulle traître, rien ne manque au personnage à part les balles qu’il a évitées et la prison qu’il a craint toute sa vie. En dehors de toute considération sérieusement historique, tout est permis : le spectacle continue. Il ne prendra peut-être pas les dimensions du divertissement napoléonien, mais il n’est pas bête de se demander par quelle idée saugrenue le fou au bicorne sera remplacé dans la mémoire collective et dans les asiles psychiatriques, côtoyant d’autres interprétations imaginatives et historiques de la figure humaine.

Alexandre dans un lupanar, Napoléon et de Gaulle dans une maison de fous et Hitler dans son enfer. En trois mots, toute l’Histoire.

Sans aller jusque-là, jusqu’à approfondir en spécialistes les labyrinthes du Temps et de ses meilleurs acteurs , qu’il nous suffise de réfléchir le plus simplement du monde à la nature du gaullisme ou plus exactement de l’état d’esprit qui a pris ce nom.

 

Qu’est-ce qu’un gaulliste ?

Et bien c’est d’abord un démocrate, c’est-à-dire un partisan sincère de l’idée de pouvoir, et donc de gouvernement, par une majorité qui ne cherche en aucun cas à éliminer l’opposition, laquelle peut au moins s’exprimer et être entendue.

Ceci, en opposition avec l’acrate qui est considéré par le démocrate comme un organisateur du désordre et par conséquent de l’injustice et de tout ce qui s’ensuit.

Cependant, le gaullisme nuance sa prévision de bonheur collectif, car celui-ci est conditionné par l’ordre public.

Un défaut d’ordre public est l’effet d’une anomalie. Le rôle du pouvoir est de corriger ces anomalies, c’est-à-dire de les éliminer ou au moins les réduire à l’impuissance. Aucune anomalie ne peut exercer un pouvoir.

Du temps de de Gaulle, le communisme était considéré comme une anomalie monstrueuse qui appelait la démocratie à un combat sans retenue. À un moindre degré, l’esprit américain constituait lui aussi une anomalie qu’il convenait de corriger par une dose proportionnée d’antiaméricanisme. C’est de cette activité démocratique, dans le sens gaulliste, que découle l’idée de l’indépendance de la France. C’était d’autant mal parti qu’il s’agissait de se dresser entre les deux plus grandes puissances du Monde pour leur donner une leçon de démocratie. Heureusement pour les gaullistes, qui sinon
auraient été ridicules, l’Amérique a fait plier le communisme et celui-ci s’est désagrégé comme un ciment de mauvaise fabrication.

On peut en raconter d’autres vertes et des pas mûres, mais ce n’est pas le sujet de ce petit exposé.

Comme nous le disons plus haut, le gaullisme est une doctrine démocratique. Les gaullistes sont attachés aux valeurs démocratiques basiques. Mais ce n’est pas ce qui les caractérise, car en effet, certains musulmans ont eux aussi des principes démocratiques à défendre et pourtant, il n’est pas facile de vivre dans leurs États où on est, presque à tous les coups, un musulman.

L’esprit gaulliste est en fait une adaptation de l’esprit monarchique aux temps modernes qui sont ceux de la société de consommation.

Autrement dit, le gaullisme ne présente aucun danger pour la race humaine tant que celle-ci s’en tient à l’ordre établi.

Dès qu’un phénomène social met en danger cet ordre, la démocratie devient une dictature dans le but de le réduire en poussière.

Mais il ne s’agit pas là d’une dictature définitive ou qui prétend l’être et le demeurer.

C’est, au contraire, une dictature provisoire qui ne peut s’établir que sur des raisons valables et qui ne peut en aucun cas s’exercer au-delà de sa mission.

Cette dictature est donc une arme au service de la démocratie.

Comme on le voit, le gaullisme apporte une solution à la question de la monarchie. Il n’est pas autre chose que cette correction.

En Espagne, les franquistes, qui avaient l’amitié de de Gaulle, l’ont bien compris et ont été bien inspirés de passer de l’état de dictature fasciste à celui de démocratie conditionnelle à l’exemple de la France. Ces nouveaux afrancesados ont gagné la partie jouée de longue date contre leur propre histoire.

En résumé, le gaullisme peut se définir ainsi : « Tant que vous vous comportez bien, que vous ne provoquez aucune anomalie communiste, anarchiste ou américaine, on vous fiche la paix. Mais si vous nous faites chier, on vous casse la gueule. »

En 1968, de Gaulle recommença à mettre en application cette doctrine étrange. Mais une fois de plus, et sous la menace, il s’enfuit pour se mettre à l’abri et ce fut son premier ministre qui géra cette révolte populaire. Un an plus tard, ce général d’opérette s’enfuit une dernière fois, non sans rendre une visite d’amitié à Franco et un hommage appuyé à Pétain, deux dictateurs qui, selon certains, n’ont été que des dictateurs provisoires, chargés de maintenir l’ordre en exerçant un pouvoir autoritaire, ce qui est tout à fait dans l’esprit gaulliste, dans l’attente de jours meilleurs. Ils furent, avec Mussolini, deux des inspirateurs de de Gaulle, ou plutôt des Man In Black qui ont fabriqué ce personnage historique considérable à partir d’un ridicule aristocrate qui devint militaire et qui fut même soldat dans la première guerre.

 

Aujourd’hui, le communisme n’est plus un danger pour le capitalisme ambiant, qui est un empire de la consommation caractérisé par son emprise sur l’esprit et la chair de chacun par le moyen du divertissement. Les gaullistes se foutent bien de la présence du Parti Communiste dans la société française. Sa mission, aidée par un contexte historique complexe, est remplie. Le danger, s’il doit venir de quelque part, ne viendra plus de là, comme en témoigne la performance tragique de Mélenchon.

Il faut d’autres dangers au gaullisme pour continuer d’exister. Ils ne manquent pas, quitte à les inventer. Des petits personnages comme Claude Guéant, Brice Hortefeux, Nadine Morano et jusqu’à notre Louis Marette sont chargés de ces pratiques méprisables de l’imagination au service de l’invention, à proprement parler, d’un gaullisme lavé de tout soupçon de pétainisme.

Bien sûr, ces dangers supposés n’ont pas la force de remettre en cause l’ordre en général. Rien, aucune force physique, aucune idée marginale ne sont en mesure de déséquilibrer l’ordre établi au point de nécessiter l’application de la menace gaulliste : une dictature.

Alors, il faut créer ces peurs. Et le gaullisme s’y connaît en peur, comme ses sœurettes le pétainisme et le franquisme. Alain Badiou a cerné la question. Il semble actuellement impossible de le contredire. La barbarie qu’il décrit existe bel et bien. Mais elle ne s’applique plus à des forces anarchistes ou communistes ou par trop fascisantes. Et ce n’est évidemment pas du côté de Le Pen que les gaullistes se tournent pour se chercher des ennemis et justifier du même coup leurs idées dépassées et ridicules.

Il ne font pas face aux communistes, qui viennent d’ailleurs de perdre encore la face, ni aux socialistes, qui sont de vieux compagnons de route. Il ne s’agit plus de se dresser contre des groupes et des groupuscules comme ce fut le cas à la belle époque de la répression organisée par l’État.

Les nouvelles cibles sont sociales. Il n’est plus question d’appliquer la politique gaulliste contre d’autres applications politiques, mais de l’infliger à des dangers d’origine sociale.

Et c’est là que le Parti Socialiste se distingue de la Droite. Mais c’est là aussi qu’il est en passe de se contredire et par conséquent de se tromper.

 

La Droite veut punir la « racaille ». Elle ne fera plus appel à la possibilité de dictature, promis ! Mais il y d’autres moyens de punir et de réduire. Le régime sarkozyste, servi par des gaullistes mis en appétit par cette nouvelle perspective d’existence au-dessus de la Nation, ne s’est pas privé d’inventer ou d’emprunter des techniques d’épuration : voisins vigilants, délation, flics véreux, magistrats opportunistes, etc.

La Gauche socialiste veut se distinguer de ces signes apparents de fascisme.

Le problème, c’est la Constitution. La question de la séparation des pouvoirs, qui nous vient de Montesquieu et maintenant de cette Amérique triomphante, réduit en cendres le principe de dictature provisoire. Or, les socialistes tiennent à ce principe. Il est bon. Il est même catholique. On nous assure qu’il ne fera plus de mal à personne et qu’il faut considérer, maintenant, que le mal qui a été fait n’était qu’un péché de jeunesse. Rien n’est dit sur le mal que cela pourrait encore faire si l’occasion se présentait.

Pourtant, on a envie d’élire nos juges, nos fonctionnaires et d’augmenter l’aura de nos députés. On ne voit même plus la nécessité pour le roi de la république de décréter à notre place et de fausser l’esprit de nos lois en exerçant un pouvoir inadmissible sur nos juges qui n’y voient d’ailleurs pas d’inconvénients tellement la place est bonne.

 

On a envie de devenir un pays moderne. Un pays avec un drapeau rouge ou bleu ou caca d’oie, mais un drapeau qui ne soit qu’un message d’humanité, même si la réalité est dure pour nos enfants manipulés par ces bêtes qui organisent des fêtes pour noyer le poisson révolutionnaire dans une « débauche de musique », comme le promet à Mazères Louis Marette, mauvais gaulliste et larbin patenté.

Ce produit caricatural de la pensée gaulliste est actuellement en déroute : et pas seulement parce que son avenir politique est compromis et qu’il a passé l’âge de s’envoyer en l’air. Des rumeurs prennent la place du silence en attendant des analyses plus poussées. Mais aux potins, il convient, en attendant qu’ils s’avèrent, de substituer des faits capables de mettre à jour les anomalies véritables de la société française. Il en est une.

La bonne question est de savoir comment neutraliser cette engeance et l’empêcher d’exercer sur les esprits, et notamment sur la jeunesse, son influence de bâtard de la démocratie. Issu en effet de cette franche bâtardise qu’est le gaullisme, il symbolise cette déliquescence de la jalousie associée à l’hypocrisie qui fonde l’anomalie de Droite.

Regrettons que le socialisme, tel qu’il est conçu en France, continue de cultiver l’idée blanquiste d’une révolution entreprise uniquement par les déclassés, c’est-à-dire par les rejetons de la bourgeoisie auxquels il convient aujourd’hui d’associer les intellectuels et autres bibliothécaires en vadrouille. Réduire le peuple à sa fonction démographique et productrice revient à mettre en branle les principes gaullistes ou, mieux dit, les axiomes du néomonarchisme. L’idée de dictature salvatrice à la de Gaulle, Pétain et autres Franco est dans l’air. C’est une injustice faite à l’honnêteté et à la dignité humaine.

Il n’y a pas de solution dans le gaullisme. Il ne peut y avoir de solution dans un système policier à proprement parler :

— un système qui autorise, bafouant ainsi toute prétention à la liberté.

— un système qui distribue des privilèges au détriment du droit ;

— un système essentiellement fondé sur la récompense organisée alors que l’esprit moderne privilégie toujours l’invention.

Il va sans dire qu’ainsi les Louis Marette ne peuvent être que cloués au pilori.

 

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Louis Marette est-il un lepeniste ?

 

Louis Marette, c’est le cas typique d’un Français héritier du colonialisme et du collaborationnisme. Cas mental plus que politique, mais il est sans doute plus judicieux de parler à son propos de caractère comme le fit, au sujet des pédants et des salauds de son époque, l’illustre La Bruyère qui connaissait les mœurs de ses contemporains et sut avec maestria les soumettre à son style demeuré depuis lors un modèle du genre.

Ayant commencé sa « vie politique » dans le giron d’André Trigano, c’est-à-dire en eaux troubles, on l’a vu évoluer, au fil des ans et des mandats, d’une Droite apparemment modérée, ou plus précisément indécise, à un Centre qui, par sa nature, ne demandait qu’à être trahi. Ce fut chose faite, Louis Marette continuant sur sa lancée au sein d’une UMP d’abord « gaulliste », puis carrément sarkoziste, autrement dit pétainiste comme le souligne avec acuité  Alain Badiou.

La prochaine étape consistera pour Louis Marette non pas en une adhésion complète à telle ou telle doctrine fasciste, comme certains esprits critiques veulent déjà en témoigner, mais dans une sénilité bric-à-brac mental construite sur les ruines du nationalisme, du corporatisme et de quelques autres rêves de gloire qui, assez curieusement, et si j’ai aussi soigneusement que je l’ai voulu, parcouru le Journal de Goebbels lui-même, forment le lit desdites doctrines.

Ce processus dégénératif s’annonce déjà par des signes distinctifs dont nous avons touché deux ou trois mots (dont quelques-uns font l’objet d’un débat judiciaire) ici-même.

Plusieurs apparitions publiques de Louis Marette témoignent sans erreur possible qu’il a mal à la tête pour des raisons que l’on pourrait qualifier d’intellectuelles si le bougre était sensé et censé en avoir.

Ainsi, nous le vîmes, croix de bois, croix de fer, surgir dans la vie quotidienne des mazériens comme un de ces héros mexicains qui imitent leurs modèles marvéliens sans toutefois les égaler. Un Marette-Rambo fit irruption au Conseil dans cet état :

 

Louis Marette en loubard de la chasse

 

Les gendarmes de Saverdun peuvent témoigner, si cela leur est permis, que le même Louis Marette trottina en habit de Chaperon Rouge sur la voie publique, allez donc savoir pourquoi !

 

Louis Marette

 

Plus récemment encore, la mémoire collective fut frappée par cette autre apparition non moins exemplaire de l’état de déliquescence cérébrale qui préside à l’existence droitiste de Louis Marette. Coiffé du képi du « Général », il apparut sur la voie publique à l’aveuglette, prenant ainsi le risque de causer des accidents : comme on le sait, la règle veut que les chauffards meurent rarement dans les accidents qu’ils provoquent et les innocentes victimes se font toujours berner par une Justice qui hésite à donner raison à celui qui souffre, laxisme qui favorise l’abus des substances interdites et autorisées sans distinction, ni élégance d’ailleurs, et peut même faire de l’alcoolisme une prouesse digne de l’humain et par conséquent un exemple pour la jeunesse qui, par définition, n’en sait encore rien.

 

 

De deux choses l’une :

— ou bien la tête de Louis Marette enfle au point de remplir le képi sans inspirer la caricature aux observateurs critiques ;

— ou bien c’est le képi qui rétrécit pour s’adapter à la tête de Louis Marette, auquel cas l’observateur constatera que ce ne serait pas au profit du gaullisme et que cette adaptation ne changerait rien aux capacités intellectuelles de l’intéressé.

Grand képi et petite tête n’égalera jamais petit képi et la même tête. La tête de Marette étant une constante, les variations artificiellement opérées sur le képi, toujours dans le sens d’un rapetissement, ne provoquent finalement qu’une fort injuste interprétation du contenu du képi.

Et on peut constater en effet, à observer la gesticulation politique de Louis Marette, que celui-ci cherche à diminuer la grandeur du képi, ce qui constitue, tout compte fait, une trahison de l’esprit républicain tel que celui-ci est défini par la Constitution (en forme de képi, d’ailleurs).

Soumis à ces critiques, Louis Marette s’est mis en devoir de réfléchir à la question pour lui trouver une solution qui s’adapte aux constantes de sa tête sans toucher de près ou de loin à la dimension du képi.

Et voici ce qu’il a trouvé :

 

 

À première vue, c’est le premier signe trompeur d’intelligence donné par Louis Marette. La tête n’a pas changé, malgré les abus, et le képi demeure intact, pour le bonheur de tout ceux qui pensent que Louis Marette est décidément un mauvais gaulliste.

Seulement voilà, le képi est à l’envers. Est-ce que Louis Marette a l’air moins bête pour autant ?

Loin de nous l’idée d’un Louis Marette tricheur au point de paraître idiot sans que ça le gêne. Une sorte de Vautrin « qui fait l’âne pour avoir du foin » ne peut en aucun cas satisfaire notre soif de vérité.

Louis Marette n’a pas toute sa tête, ce qui expliquerait la grandeur du képi.

Et si ce képi est aussi grand que ça, est-ce qu’on peut légitimement penser que la tête de Louis Marette a fait l’objet d’un gonflement artificiel, sorte d’opération esthétique clandestine qui a dû coûter quelque chose, quand même !

Et qui a payé ces dépenses ? Quel maître nécessiteux a bien pu financer un pareil gonflement ?

 

 

Il y a fort à parier que Louis Marette emportera son secret dans sa tombe. Et personne n’ira y fourrer son nez pour voir si sa tête se dégonflera ou pas dans cette ombre définitive. Les secrets de Polichinelle ne franchissent pas la dose d’humour qu’ils inspirent. Surtout quand les idées ne viennent pas toutes seules :

 

 

 

Philippe Calléja dans la tombe de Louis Marette

 

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La raclée infligée à la droite par le peuple français est une leçon de civisme. Leçon franchement administrée sur les traces de la philosophie, c’est-à-dire en dehors de tout esprit salaud ou pédant. Elle porte, comme en témoignent parallèlement les écrits publiés dans ce blog, sur les caractéristiques flagrantes et traditionnelles de cette Droite décidément barbare et inadmissible :

méchanceté, avec ce que cela suppose de peurs infligées ; on peut appeler ça pétainisme si on veut et que ça plaise ou non à la Justice ;

hypocrisie (terme entaché de pédantisme chrétien auquel nous préférons celui de « saloperie », dans le sens sartrien) ;

infantilisme (ou autrement dit désuétude des soi-disant récompenses étatiques ; encore mieux dit abêtissement par la reconnaissance mise en scène au sein d’ordres obscurs et obscurément constitués) ;

misanthropie (qui est le contraire du concept de charité ou, si l’on préfère, de la philanthropie, ou de l’humanisme qu’on est en droit d’attendre d’un élu).

Ici, en Basse-Ariège, la Droite d’André Trigano et de ses larbins est en train de faire long feu : Philippe Calléja, dauphin désigné depuis que Louis Marette donne des signes de sénilité, rentre dans sa niche avec les stigmates d’une défaite cuisante : il est châtié chez lui à Saverdun, chez son maître à Pamiers et chez son pépé à Mazères ! Quel naufrage !

Battue à plates coutures sur son propre terrain, une Nadine Morano déclare sans vergogne qu’il faudrait interdire aux humoristes de faire de la politique ! Caractéristique policière empruntée pour la circonstance au fascisme et à sa théorie du corporatisme. L’effet est d’un comique cosmique ! Il faut dire qu’elle a la tête de l’emploi ou qu’en tout cas son cerveau connaît ses grimaces et n’a pas trouvé les moyens de les soustraire à l’attention des médias.

Autre faciès particulièrement éloquent, Claude Guéant, extrémiste sans foi et maître à penser du mirmidon Louis Marette, s’expose à des représailles après avoir tenté de se mettre à l’abri sous le statut de représentant du peuple, lui qui n’a jamais rien représenté et tout dissimulé.

Du coup, les tenants de la soi-disant civilisation chrétienne se posent en humanistes, doctrine pétainiste n’ayant évidemment rien à voir avec la génération de l’esprit humain par la science et la littérature. François Fillon, bedeau poussif et carillon sans gloire, se fait d’ailleurs de gros sourcils en ce moment ; il a de plus en plus la gueule de son emploi apostolique.

Il faut dire que le mensonge gaulliste, qui ne vaut intellectuellement pas mieux que les pitreries des négationnistes, est loin d’être dénoncé comme une des pires révisions de l’Histoire, y compris par celle qui préside aux destinées des socialistes. Ses références constantes à la résistance font florès : d’après elle, à droite comme à gauche, excepté chez Le Pen, tout le monde il est gaulliste, tout le monde il est pas collabo.

Certes, les intellos du Front de Gauche n’ont pas convaincu la populace encline à gueuler avec les loups ; on n’attire pas les mouches avec le vinaigre. Avec moins de théâtralité et plus de preuves que la fiction est à la portée de tous, ce discours eût emporté l’adhésion de la douleur, la seule qui compte quand on n’a pas peur de la vérité.

Le Parti Socialiste lui-même ne l’emporte largement que parce qu’il s’est, sans doute savamment, approprié l’électorat du Centre, toujours à droite, et celui des « vrais gaullistes » qui signalent, de concert avec les « nouveaux communistes », que la Droite UMP est pétainiste, n’en déplaise aux cerveaux lacunaires et vicieux de l’arrière-garde moraliste installée dans la soute par le sarkozisme.

De plus, des traces demeurent de la barbarie sarkoziste héritière du colonialisme et du collaborationnisme. J’en veux pour preuve cette récente décision de la Cour de cassation du Royaume de France :

Le chef de l’Etat français peut agir en justice en tant que victime pendant son mandat, même s’il nomme les magistrats et bénéficie pour sa personne d’une immunité pénale, a dit vendredi la plus haute juridiction française. La Cour de cassation a donné ainsi raison à Nicolas Sarkozy dans le premier arrêt sur le sujet, appelé à faire jurisprudence, et qui concerne une affaire où il avait demandé réparation d’un piratage de son compte bancaire personnel. La juridiction a écarté l’argument soulevé par les auteurs de ce délit, qui estimaient que le président de la République ne pouvait pas se constituer partie civile contre eux car il nomme les magistrats par décret. « La seule nomination des juges par le président de la République ne crée pas pour autant une dépendance à son égard dès lors qu’une fois nommés, ceux-ci, inamovibles, ne reçoivent ni pressions ni instructions dans l’exercice de leurs fonctions », lit-on dans l’arrêt. (Presse)

Autrement dit : « Comme vous avez raison, messieurs les délinquants, et qu’on a le devoir de vous donner tort (encore heureux !) , on se donne raison. » Pratique perverse du jugement qui, en des temps moins heureux, favorise les émergences crasses de la trahison et de la délation, mais conforme à l’esprit gaullien qui se veut pragmatique et aussi peu visionnaire que possible.

Dépourvue de séparation des pouvoirs et de leur partage équitable entre les acteurs de l’ordre public, la France, monarchie élective plus que république française, entretient en son sein une magistrature qui prétend se nourrir, à l’abri des effets critiques qui menacent sa légitimité même, du beurre et de l’argent du beurre. Rien de moins ! La place est bonne en effet si l’on est à la fois indépendant et fonctionnaire à vie. Il faut constater que les ambiguïtés sont précieusement cultivées : l’inamovibilité est confondue sereinement avec l’indépendance, ce qui en dit long à la fois sur la médiocrité de la pensée et sur la duplicité des idées. Mais le peuple français lui-même n’entretient-il pas cette autre perle, héritage de ses fondations mérovingiennes, constitutive de la saloperie : le privilège à la place du droit ? et le piston à la place de la reconnaissance ? Quand l’exemple vient d’en haut, il se suit les yeux fermés.

En attendant qu’un véritable débat s’installe sur la perspective d’une Constitution digne de l’esprit républicain que l’actuelle bafoue sans scrupules au nom de l’ordre à établir coûte que coûte (bonne définition du gaullisme), réjouissons-nous tout de même de la victoire de la Gauche. On va pouvoir (peut-être) s’en prendre sans retenue aux fondements même de cette Droite qui ressemble à toutes les ignominies de l’Histoire : elle n’est jamais modérée.

Ici même , à Mazères, le programme de ce combat s’impose de lui-même, contre :

— l’hystérie justicière de Louis Marette, en relation avec la méchanceté dont il est question plus haut ;

— ses enfantillages, qui jettent à la fois le trouble et la risée sur les valeurs républicaines et la mémoire collective ;

— sa déloyauté envers l’humain ;

— son incivisme.

Sur ce dernier terme, et afin de lever toute ambiguïté, précisons que ce mot est pris dans son sens français et que, par conséquent, sa synonymie avec collabo, en usage en Belgique, n’est pas de notre ressort ; clarification qui sera utile, n’en doutons pas, à une justice quelquefois prise en flagrant délit, là encore, d’amphibologie et par conséquent d’activité politiquement, et non pas juridiquement, législative.

L’incivisme dont il est question ici est vu comme un défaut de dévouement du citoyen pour l’État et/ou de l’individu pour la collectivité.

Le dévouement pour l’État français étant peu compatible avec nos convictions territoriales ou plus exactement  terrestres, nous réservons notre jugement à des diatribes autrement combattives.

Par contre, la loyauté que chacun, indépendamment de ses convictions, de son attachement sentimental, voire de ses racines, doit à ses semblables est un sujet à la portée du débat municipal : les diverses applications de la barbarie sarkoziste par ce maire opportuniste et domestiqué ne laissent aucune place au doute.

Il convient donc de s’appliquer à gâcher sa retraite de riquiqui, terme beaucoup mieux approprié à son inculture que celui de pétainiste dont le sens a, à notre avis, fort mal vieilli, y compris dans l’esprit de ceux qui y perçoivent instinctivement, à défaut d’avoir les moyens de s’y pencher intellectuellement, une atteinte à la… dignité humaine. Idée sarkoziste par excellence.

 

André Trigano se dépêche

 

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Depuis quelques temps, l’ambiance change en Ariège. La tristesse masquée qui servit de réponse à la barbarie sarkoziste  laisse la place au désir de vengeance qui est en fait une sorte de nez sur lequel il est de bon ton de déposer un loup.

Même la Dépêche se dépêche, elle qui s’empêche la plupart du temps. Timidement, car la parole n’y est pas donnée à la pensée et à ses travaux polysémiques. Le Dabe André Trigano en prend un coup. Pour l’instant, on se moque de lui. Il faut être prudent car, selon ses propres déclarations, il est en bons termes avec Augustin Bonrepaux qui, toujours selon la même source, le lui rend bien.

 

Ce qui laisse augurer (peut-être) d’une épuration en douceur.

D’ici, j’entends les cagnettes de Louis Marette jouer des castagnettes. Philippe Calléja, qui se prend une raclée monumentale, y compris sur son propre terrain, ne pourra pas faire usage de sa méchanceté légendaire. Voilà où on en est.

Il faut dire que le passage du vent sarkoziste a laissé des traces : un centre de Pamiers réduit à la mendicité au profit des petites affaires du clan Trigano en périphérie, la tristesse récurrente des rues de Mazères qui fait fuir les touristes, la mort quasi complète de Saverdun qui mourra la gueule ouverte si Philippe Calléja n’en est pas chassé, la musique militaire qui résonne sans raisonner, la méchanceté foncière des gens de droite qui s’applique aux pauvres, aux marginaux, aux déclassés même, voire à tout ce qui ne se laisse pas enculer par le drapeau national…

Oui, oui : ici, on dit enculer, madame la Présidente ; on se sent libre de choisir nos sens dans le dictionnaire de la langue française. On signale que Louis Marette préfère, en bon chaouch, le terme enculasser : mettre la culasse au canon d’une arme à feu, précise Littré. Louis Marette s’est fait bien enculasser, mais c’est en bon cave respectueux des directives du Dabe. Il lui est même arrivé d’enculasser, en période d’apyrexie, militairement parlant bien sûr : nous nous en tenons au sens propre, voire récur(r)é pour la circonstance.

 

Le temps de l’épuration est donc venu.

Bien sûr, des voix s’élèveront pour prévenir les abus, car en matière d’épuration, ce sont les abus qui donnent un sens à l’Histoire, et on sait à quel point celle-ci est un cauchemar dont il est difficile de s’éveiller.

Les pitreries gaullistes commencent à annoncer le matin, mais on est loin d’en être là quand on considère que le gaullisme est devenu, sous la houlette de la barbarie sarkoziste, un pétainisme, n’en déplaise à la justice provisoire qui s’exerce toujours un peu vite quand les chances d’être réélu sont encore prometteuses. Le Dabe n’y a-t-il pas cru dur comme fer quand il a invité l’ex-président Sarkozy a assister à une démonstration de la fidélité domestique du préfet de l’Ariège qui ne voulait à aucun prix qu’on l’ignorât ?

Hélas pour ces ostrogoths, la République française revient à ses principes fondateurs. Ce qui me donne envie d’aller pisser au pied de la statue de Jean Cardot aussi mensongère que minablement sculptée.

En pissant sur la tombe du soldat inconnu, ce qui l’exposa à un rude passage à tabac, Jean-Pierre Duprey n’avait sans doute pas assez pensé que ce cadavre est peut-être celui d’un poète d’une race toujours maudite chez nous si l’on en juge par la persistance tenace de la propagande gaulliste encore vivace de nos jours parce que l’honneur dont il est question relève plus de l’action politique, toujours entachée de compromissions, que du courage et de la fidélité, valeurs qui appartiennent à tous les hommes, y compris les moins tenants de titres forcément désuets.

Les bavardages incessants des « anciens combattants » ne recouvriront jamais le silence têtu des véritables héros. Car s’il est bien une chose qui n’invite pas au bavardage, c’est le combat. Toutes les familles savent cela. Surtout dans ce pays où les victimes des guerres sont… légions.

Alors le temps est venu de promener les faux frères, à poil et fraîchement tondus, sur la place publique au milieu des hourras de tous ceux qui ont su retenir la violence légitime inspirée par la barbarie sarkoziste et par ses représentants locaux. Que cela se dépêchera, doutons-en, mais sait-on jamais ! Et si la justice s’en mêle, ce sera sans doute dans le style des lendemains de guerre…

Non. Ce temps de l’épuration sera négocié, comme il convient au conservatisme de cette nation domestiquée.

Aura-t-on accès aux dossiers ? Quelques débats publics auront-ils lieu pour nous éclairer ? La Dépêche trouvera-t-elle les plumes qui lui manquent ? Un professionnalisme probe va-t-il présider à des enquêtes enfin menées tambour battant ?

 

Allons ! Allons ! Le jamais vu ne se voit jamais, c’est la règle.

Il faudra se contenter des miettes tombées d’une longue période électorale qui a, dit-on, fort épuisé l’esprit et le corps des Français. Enfoirés de Français incapables d’apprécier le fond véritablement démocratique de leur existence quand il se manifeste aussi heureusement qu’aujourd’hui !

Et c’est dans cet état de consomption que les citoyens vont se jeter dans la marelle des vacances. Pas tous, loin s’en faut ! Il faut du privilège pour avoir le droit de secouer son plumier dans les vaguelettes du bord de l’été.

Le temps passant, on aura moins envie d’épurer. Après tout, ces trois rabougris promenés à poil et sans cheveux sur la place Milliane n’apporterait rien au moulin de la contestation.

Entre temps, Louis Marette aura encore soufflé un peu de son haleine chargée dans la baudruche municipale : âneries en tous genres destinées à amuser le rare touriste et quelques badauds qui autrement se font carrément chier, sans compter l’église en surproduction de vin de messe.

 

Il faut bien le constater :

En France, il n’y a pas d’extrême Gauche, la Gauche n’est plus populaire et le socialisme court après une  tranquillité de Droite sans s’essouffler. Il n’y a plus de Droite non plus : un Centre tente de rassurer pendant que la racaille d’extrême Droite, pétainistes de l’UMP et maurrassiens du FN confondus, avec ce qu’il faut de gaullisme décalé, recrée les conditions de la tragédie nationale dont il faudra songer à fêter l’anniversaire sans se faire enculer, prouesse mirifique qui appartient aux élus, si j’ai bien compris !

Ici, on n’épure pas : on encule toujours les mêmes et ça ne change rien alors que ça devrait !

« Élections, piège à cons ! »

« Le slogan dénonçait les traîtres, mais les cons, c’étaient nous, » écrit un professeur d’Université quelque part dans le cerveau envahissant de la blogosphère.

Pourtant, une odeur de démocratie se devine quand on écrase la merde gaulliste génétiquement modifiée par la barbarie sarkoziste. Oui, la France a aussi cette odeur. Mais il faut torcher avec vigueur, quitte à créer un style.

 

Aimé Césaire – Discours sur le colonialisme

 

Aimé Césaire

 

Une fois l’an, il n’est pas mauvais de relire d’un trait le Discours sur le colonialisme d’Aimée Césaire (Éditions PRÉSENCE AFRICAINE). La question y est tellement bien posée qu’il est difficile d’y répondre quand on est un salaud ou un pédant. Aimée Césaire, grand homme dans le sens où de Gaulle ne l’était pas, associe en lui-même le poète et l’homme d’action. C’est évidemment de ce côté de l’humain qu’il faut rechercher l’exemple à suivre et non pas dans le panthéon de la République qui, en comparaison, a des airs de poubelle avec des choses encore bonnes à consommer et d’autres qu’il faut absolument jeter. Une instruction civique digne de ce nom devrait s’inspirer de cet homme le plus simplement du monde : en enseignant son œuvre de poète de génie et son discours d’homme politique de premier plan. Au lieu de ça, les caves locaux et leurs dabes en déroute, autrement dit la racaille UMP et Cie, continuent de propager autant les saloperies de leurs actes que le pédantisme de leurs projets. Parallèlement à cet esprit an 40, l’été 42 qui s’annonce paraît bien diaphane. Nos Américains de circonstance n’ont pas l’intention de toucher aux sacro-saintes institutions et surtout pas de retirer les cadavres discutables que l’Histoire reconsidère cette fois sans retenue, comme il sied à une science. Le débarquement entrepris par cette gauche a des airs de déjà vu. On tourne en rond. Pourtant, nous ne manquons pas de matière à discuter et même à mettre en application. Mélange d’inculture flagrante et d’intentions malveillantes,  larbins et fils à papa nourrissent ce retour d’histoire qui n’a pas fini d’occuper nos veillées. Relire le Discours sur le colonialisme, c’est se préparer à changer radicalement le sens à donner à l’action politique. 

Dans un de ces trop rares reportages auxquels la télévision préfère depuis belle lurette le discours propagandiste des images montées et commentées [139], de jeunes Saoudiens s’exprimaient devant la caméra, accroupis en demi-cercle devant elle. C’étaient des pauvres, des êtres sans avenir professionnel ni social, condamnés de surcroît à la virginité ou au viol. Renvoi de miroir, non reflet dont le Royaume ne sait pas se passer malgré des pratiques judiciaires despotiques et cruelles. Misère des profondeurs de l’âme dont la civilisation arabe, mère de tous les contrastes et de toutes les beautés tangentes qu’il a été donné à l’homme de haïr et de contempler, possède le secret bien gardé malgré le spectacle des sacrifices punitifs. Ces jeunes n’envisageaient pas de devenir autre chose que ce à quoi les destinait leur condition à la fois d’Arabes et de pauvres. Ils maniaient des téléphones portables pour se gaver de séquences pornographiques avec l’assurance de ne pas pécher puisque, selon les données du mulla, les femmes en question n’étaient pas des Arabes. Un racisme abouti accompagnait leur perdition religieuse savamment mise à la place de la conviction, toujours plus acceptable, et mêlée à un discours clairement orienté vers la lutte contre tout ce qui n’est pas donné à Dieu ou donné par lui. Cependant, ces jeunes ne cultivaient pas l’illusion. Il voulaient simplement se donner l’air de se soumettre. Leur existence était celle de chapardeurs, en attendant des délits plus sérieux et, au bout d’un voyage qu’ils prévoyaient court et agité, le crime qui les conduirait à la potence après des mutilations codifiées. Ces images m’ont immédiatement rappelé cette séquence du « Trésor de la sierra madre [140] » où les bandits mexicains sont fusillés par l’armée nationale mise à la place de la police. Le chapeau d’un des bandits s’envole, le bandit demande à le récupérer, ce qui lui est consenti, il le replace sur sa tête, et la fusillade envahit l’espace sonore de la poussière soulevée par le vent. Pas un cri, pas une plainte, pas une revendication, ni un reproche. La mort était attendue depuis longtemps, comme chez ces jeunes Saoudiens que la nation a condamnés d’avance. Le racinement [141] n’a guère consisté qu’à ne pas chercher à échapper aux données d’un destin annoncé par la filiation. Ceci, en pays souverain et immensément riche.

Il en va autrement en pays conquis. Dans « Le problème du colon » tel que le pose et le résout Boris Vian, le vieux colonial, « poussé à bout, ne manque jamais de s’exclamer : Enfin, Monsieur, nous leur avons apporté la civilisation à ces gens-là ! Sur quoi un titi se lève dans l’assistance et s’écrie d’une belle voix de contralto : Si vous leur avez apporté la civilisation, faudrait peut-être les traiter comme des gens civilisés. Et le colon, superbe, répond d’une voix ample : Il n’y a rien à faire avec ces brutes ! [142] »

N’oublions pas, tout de même, que les grandes voix de la littérature française, pour être revendicatives, et quelquefois avec une hargne exemplaire, n’en sont pas moins celles de personnages qui eussent vécu comme leurs semblables si la mélancolie, la colère ou la maladie ne les avaient emportés au large de leur port d’attache. Ces appareillages horizontaux ont leur lyrisme, certes, mais sont-ce des voix du siècle ou seulement du choix opéré d’en haut par la magistrature du bien ?

Le mal est ailleurs. Et nous le savons bien.

Tout autre est le portrait d’Aimé Césaire qu’André Breton trace comme l’écriture même dans ce décidément bon livre qu’est Martinique, charmeuse de serpents [143]. Il m’a toujours semblé, mais depuis le temps a passé et c’est maintenant une quasi-certitude, que ce portrait est plus généralement celui de l’écrivain idéal selon Breton. En huit points :

 — 1. Cet écrivain est « engagé tout entier dans l’aventure », il dispose « de tous les moyens capables de fonder, non seulement sur le plan esthétique, mais encore sur le plan moral et social, que dis-je ? de rendre nécessaire et inévitable son intervention. »

 — 2. « C’est la cuve humaine portée à son point de plus grand bouillonnement, où les connaissances, ici encore de l’ordre le plus élevé, interfèrent avec les dons magiques. [144] »

 — 3. « J’ai été confirmé dans l’idée que rien ne sera fait tant qu’un certain nombre de tabous ne seront pas levés, tant qu’on ne sera pas parvenu à éliminer du sang humain les mortelles toxines qu’y entretiennent la croyance – d’ailleurs de plus en plus paresseuse – à un au-delà, l’esprit de corps absurdement attaché aux nations et aux races et l’abjection suprême qui s’appelle le pouvoir de l’argent. »

 — 4. « Ce poème n’était rien de moins que le plus grand moment lyrique de son temps. »

 — 5. « Un poème à sujet, sinon à thèse. »

 — 6. « Le don du chant, la capacité de refus, le pouvoir de transmutation spéciale dont il vient de s’agir, il serait trop vain de vouloir les ramener à un certain nombre de secrets techniques. Tout ce qu’on peut valablement en penser est que tous admettent un plus grand commun diviseur qui est l’intensité exceptionnelle de l’émotion devant le spectacle de la vie (entraînant l’impulsion à agir sur elle pour la changer) et qui demeure jusqu’à nouvel ordre irréductible. »

 — 7. « Derrière cela encore, à peu de générations de distance il y a l’esclavage et ici la plaie se rouvre, elle se rouvre de toute la grandeur de l’Afrique perdue [145], du souvenir ancestral des abominables traitements subis, de la conscience d’un déni de justice monstrueux et à jamais irréparable dont toute une collectivité a été victime. »

 — 8. « Il est normal que la revendication le dispute dans le « Cahier » à l’amertume, parfois au désespoir et aussi que l’auteur s’expose aux plus dramatiques retours sur soi-même. Cette revendication, on ne saurait trop faire observer qu’elle est la plus fondée du monde, si bien qu’eu égard au droit seul le Blanc devrait avoir à coeur de la voir aboutir. [146] »

Après cela, comment imaginer que Louis-Ferdinand Céline est plus grand que Césaire ? En tout cas, ce n’est pas au texte que je le demande. Car si Céline donne à l’écrivain les moyens d’une revendication tonitruante mais essentiellement xénophobe, que des scribouillards ne se privent pas d’évoquer pour aller encore plus loin dans la dépréciation de l’autre, Césaire offre le flanc de qui a trouvé le ton de la sagesse humaine et de la transmission orale. On a tort d’assimiler les gesticulations verbales, la petite musique, à la littérature qui est, sinon le silence dont nous parle Maurice Blanchot [147], au moins cette immobilité de contemplateur et d’homme d’action, qu’il ne faut pas confondre avec la paralysie des périodes de convalescence, les instants de désespoir ou les moments d’égarement de la raison aux prises avec son contraire et ses contradicteurs.

[…]

Patrick Cintas

La suite dans Cosmogonies, essai sur le roman,
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[139] Je n’en ai pas noté les références, trop occupé à lutter contre le sommeil que m’inspire d’ordinaire les programmes de télévision.
[140] John Huston – The Treasure of the Sierra Madre (1948).
[141] Terme barrésien, donc.
[142] Métabase subtile, remarque Vian qui se réfère dans cet article à une rhétorique pointilleuse héritée de l’école et de la tradition ! Dans « Textes et chansons » recueillis par Noël Arnaud.
[143] Entre la vélocité acquise d’André Masson et l’oxygène actif d’Aimée Césaire.
[144] J’associe ici librement le texte du « Cahier du retour au pays natal » à son auteur.
[145] Note de Breton : Léo Frobenius, se référant aux observations des navigateurs européens de la fin du Moyen Âge, écrit : »Lorsqu’il arrivèrent dans la baie de Guinée et abordèrent à Vaïda, les capitaines furent étonnés de trouver des rues bien aménagées, bordées sur une longueurde plusieurs lieues par deux rangées d’arbres; ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habités par des hommes vêtus de costumes éclatants dont ils avaient tissé l’étoffe eux-mêmes ! Plus au sud, dans le royaume du Congo, une foule grouillante, habillée de « soie » et de « velours », de grands États bien ordonnés, et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! » (Cité dans Tropiques, nº 5, avril 1942)
[146] Les soulignements sont de moi.
[147] Maurice Blanchot – « Le livre à venir.Le dernier écrivain. »