Preuve que Manuel Valls n’est pas fou (pour Henri Nayrou)

 

Nous avions, à l’époque, posé la question de savoir si Claude Guéant était un nazi comme le supputaient les réseaux. Et nous avions conclu qu’il ne l’était pas car, forts de notre expérience, nous avions tenté de le faire entrer dans un costume de SS. Et comme nos lecteurs ont pu alors le constater, Claude Guéant n’entrait pas dans ce costume. Force était de conclure que nous tenions là la preuve que Claude Guéant n’était pas nazi.

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Aujourd’hui, compte tenu des critiques qui empoisonnent l’existence de Manuel Valls, nous n’avons pas osé le soumettre au test du costume nazi. Nous avons donc essayé celui de la camisole de force. Et là, notre bonheur fut de constater que le premier ministre y entrait parfaitement. Conclusion : nous avions choisi la bonne taille.

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« Claude Guéant est un nazi ! »

 

En quittant les bancs de l’Assemblée nationale sans l’autorisation des députés, François Fillon, secouant ses petites fesses de communiant solennel, a commis une faute qu’aucun premier ministre ne s’était avisé d’envisager jusque-là. En effet, le gouvernement est assis à cette place parce que c’est son devoir de répondre aux questions du peuple. Le premier ministre n’est donc pas autorisé à prendre ce genre de décision.

Il faut dire que la critique adressée à Claude Guéant par le député Serge Letchimy ne manquait pas de légitimité. En traitant le ministre de l’Intérieur de nazi, il exprimait une douleur qu’il n’est pas insultant d’associer à celle qu’ont subie des milliers d’Européens au contact du nazisme et de ses dérivés. La moindre des choses, de la part de Claude Guéant, eût été de s’excuser et de peaufiner un peu son propos. Mais ce triste sire est un fonctionnaire zélé, un second couteau, et c’est François Fillon qui a décidé de marquer l’histoire de notre République de la pierre qu’il lui a lancée en pleine gueule.

Il faut dire aussi qu’à droite, à l’image du modèle proposé par Jean-Marie Le Pen depuis de longues années, on se veut très sensible à la critique, n’hésitant pas à s’en plaindre sous le prétexte qu’elle est quelquefois insultante. En fait, elle ne l’est jamais. Elle le serait si, par exemple, Claude Guéant avait été touché dans sa vie privé. Ce qui n’est pas le cas de la critique du député Serge Letchimy qui sait exactement de quoi il parle. La référence à Aimé Césaire est juste et justement évoquée. En réponse, le petit Guéant tient un discours de comptoir tout au plus.

Mais était-il nécessaire de se référer au nazisme pour jeter encore un peu de lumière sur le passé esclavagiste de la République française ?

Prenons un exemple concret :

Se référer aux superstitions religieuses soigneusement entretenues par François Fillon, c’est par exemple le caricaturer en curé, sous-entendant que l’Inquisition n’est pas loin.

 

 

Il n’y a pas de mal à ça. Cette image contient une certaine dose de raillerie, mais rien d’insultant.

Par contre, présenter Claude Guéant comme un nazi pose un sérieux problème.

 

 

On voit bien ici que la question de l’appartenance ou non de Claude Guéant à l’idéologie nazie ne relève pas de l’insulte. En réalité, si Claude Guéant entre bien dans le costume de Himmler (nazi ET SS), il n’en épouse pas toutes les formes. Il y est entré, sans doute pas par inadvertance, mais ce costume n’est manifestement pas le sien.

Il faut en conclure que Claude Guéant donne l’impression d’être un nazi, ou du moins d’adhérer à cette idéologie européenne et bien française quelquefois. Mais il y a loin de l’impression à la réalité. Le député Serge Letchimy s’est laissé emporter par sa pensée. En traitant Claude Guéant de nazi, il a en fait projeté cette image dans un futur sans doute proche et surtout proche d’un passé qui fait encore débat et mauvaise figure. Ce ne serait qu’alors que Claude Guéant donnerait toutes les apparences d’être un nazi. Hypothèse d’ailleurs contestable.

On voit bien comment François Fillon, autre second couteau, n’est pas insulté par l’image qu’on peut se faire de lui alors que Claude Guéant, qui pourtant n’entre pas dans le costume malgré ses efforts, se sent offensé par une image ambiguë.

Le député Serge Letchimy a raison sur le fond, mais il est intervenu trop tôt. Il fallait attendre encore, non pas que le costume de Himmler rétrécît, mais que Claude Guéant, poussé par le zèle que lui insuffle l’exécutif, se croie assez gonflé pour aller au bout de sa pensée sans se sentir insulté par les critiques.

 

La victoire est proche, fifille !