Discours sur la cohérence mercenaire de Louis Marette – par Patrick Cintas

 


Patrick CINTAS

Patrick CINTAS
©jcc-communication

« M. de Corville, digne d’obtenir les premiers emplois de sa patrie, y parvint, et n’en fut honoré que pour faire à la fois le bonheur des peuples, la gloire de son maître, qu’il servit bien, quoique ministre, et la fortune de ses amis, » écrit Sade ironiquement en conclusion de sa deuxième Justine.

Les rendez-vous électoraux sont toujours l’occasion de s’arrêter un peu pour réfléchir à ce que nous faisons ensemble et dans la perspective d’un renouveau.

Les listes présentées par les plus actifs d’entre nous ne manquent pas de s’intituler de la sorte. Nul ensemble ne se fait sans renouveau à la clé et pas un renouveau n’imagine de ne pas le faire ensemble.

Ainsi, chez nous, Pascal Lecerf s’emploie à promettre un renouveau, non sans insister sur le caractère collectif, social de son projet.

Par contre, Louis Marette, fidèle à lui-même, et conforme à ses exhibitions narcissiques, n’envisage aucun renouveau, conscient que celui-ci ne peut que signifier sa mise au rencard.

Louis Marette n’entretient donc aucun projet, ni même un renouveau de ce qu’il a obtenu du château.

Il faut bien constater que Mazères est morte. Et qu’en toute logique, quelqu’un l’a tuée.

Quelle ville plus triste que Mazères ! On voit bien, à en observer les paysages, qu’il y a longtemps qu’elle ne fait plus l’objet d’aucun projet.

Mazères subit une cohérence et n’impose rien à l’auteur de cette soi-disant cohérence, laquelle n’est rien d’autre que la pratique d’une autorité supérieure.

Mazères n’est d’ailleurs pas unique en ce genre particulier de la soumission administrative. Des milliers de communes françaises, ou réputées telles, subissent le même sort.

Et il se trouve toujours un maire, et des partenaires intéressés d’une manière ou d’une autre, pour tenter de faire croire que les décisions les plus déterminantes se prennent en conseil au sein même de la ville, dans cette annexe du pouvoir qu’est ledit hôtel de ville.

Louis Marette est de ceux-là, toujours prompt à retourner sa veste pour ne pas laisser échapper les miettes de pouvoir qui lui sont consenties par ce qu’il faut bien appeler ses patrons.

Ayant naguère traité Augustin Bonrepaux de « dictateur », aujourd’hui il le remercie bassement, jusqu’à terre parce qu’il ne peut pas aller plus loin, à moins de s’enterrer avec toutes les trivialités qu’il a commises depuis 36 ans d’activité municipale.

Louis Marette, comme tous les domestiques investis d’un pouvoir le plaçant au-dessus des autres, remplace la honte par le spectacle constant d’un orgueil de pacotille qui lui colle à la peau.

Mais, n’est-il pas justement cet « homme providentiel » qu’il prétend ne pas être pour se démarquer un tant soit peu de son modèle ? Car, si Louis Marette était un autre, autrement dit si le maire de Mazères était un de ces redoutables Français que rien ne fait reculer, Mazères ne serait-elle pas l’objet des pires persécutions administratives, voire judiciaires, que le pouvoir peut infliger à ceux qui ne se conforment pas à son idée autoritaire de la « cohérence » ?

En votant Louis Marette, pour parler français, ne baissons-nous pas la culotte ? Nos aïeuls tombés en tant d’occasions tragiques ne se retournent-ils pas dans la tombe pour regarder en bas et ne plus nous voir ?

Cela ne fait aucun doute. Nous votons utile.

Mais est-ce que c’est si utile que ça de voter pour une « société apaisée », pour reprendre les termes de Louis Marette qui s’y connaît en apaisement et qui sait surtout faire l’âne pour avoir du foin ?

C’est une question de compromis.

Si le maire est un Français vivace, un vrai de vrai, il nous attire des ennuis et, comme nos aïeuls demoiselles, nous finissons dans la poubelle de l’Histoire.

Si le maire est un bon larbin comme Louis Marette, certes la ville meurt, mais dans une espèce de beauté qui est celle des quartiers préfabriqués, des rues fraîchement goudronnées, des installations sportives et culturelles dont il vaut mieux ne pas se plaindre sous peine d’y faire de mauvaises rencontres.

Mais tout cela, cette beauté sans charme, celui de nos traditions perdues à jamais, ne tient qu’à un fil : celui de l’emploi.

Or, dans ce pays où les entreprises battent des records de faillites, nous savons que le maire, tout soumis qu’il soit et respectueux de ses maîtres jusqu’aux petites trahisons quotidiennes qui émaillent sa trace d’escargot, n’a aucun pouvoir sur l’emploi. Quand une usine ferme, elle ferme et un point c’est tout. Et la ville, déjà morte, mais en état d’embaumement social, se met à pourrir, à se décomposer, à se désertifier. C’est sans doute ce qui arrivera à Mazères tôt ou tard. Nous savons, en Ariège, exactement ce que cela veut dire et où cela mène au bout du compte.

Louis Marette, en père Noël de l’apaisement qui vaut mieux que la confrontation à laquelle nous invite la vérité, sait bien que le « complexe sportif », le « domaine des oiseaux » (et du caca), le camping et autre chalet élevé à la dignité de chose, non pas publique, mais « d’intérêt général » (Sérié n’en revient toujours pas, d’ailleurs il est en fuite), tout ça ne garantit en rien l’avenir de Mazères et de ses habitants. Et si cet avenir se noircissait au moins un peu aux entournures, le mieux serait de filer au large et d’aller nager dans des eaux moins sollicitées par les exigences du crédit et les dépassements de coût.

Telle est la situation dans laquelle nous nous trouvons. Et elle est particulièrement inquiétantes pour les plus jeunes, ceux qui en sont encore à se nourrir de promesses faute de pouvoir décider librement de leur sort.

Se voir promettre un avenir au son d’un complexe sportif et d’oiseaux porteurs de maladies lointaines apparaît comme une foutaise de plus à mettre au crédit de Louis Marette et des vieux cons qui l’assistent dans sa croisade d’un autre âge. L’avenir passe par d’autres réseaux, lesquels ne sont pas aussi facilement corrompus que les systèmes de copinages et autres népotismes dont Louis Marette fait un usage savant et indélicat.

Autrement dit, l’avenir proposé par Marette confine au vieillissement à la fois des structures, dans leur nature, et des esprits, car il est bien entendu que les meilleurs ne resteront pas ici à se morfondre jusqu’à ce que mort s’ensuive.

L’avenir proposé par Louis Marette est, autant par sa nature que par ses usages, déjà dépassé et promet de sentir l’eau de boudin avant même qu’une éventuelle faillite de l’emploi n’affecte les revenus municipaux et familiaux.

Alors, vu que d’un côté comme de l’autre l’avenir ne semble ni séduisant ni sûr, que convient-il sinon de faire, du moins de penser ?

Faire, aujourd’hui, cela veut dire d’abord être compétent.

On entend beaucoup dire, ces temps-ci, que les politiciens ariégeois, les élus comme les autres, sont des voleurs, des magouilleurs, des mafieux, et autres passions du pouvoir et de l’argent qui va avec.

Ceci est une facilité de langage, tout au plus.

On nous cite des affaires. Un juge d’instruction confirme le doute par de paresseuses mises en examen. Et chacun a son avis là-dessus, en fonction de ses intérêts ou plus honnêtement de ses convictions relatives.

Cependant, dire qu’Augustin Bonrepaux est un bandit n’a aucun sens. Pourquoi ? Parce qu’il ne l’est pas. Il faut ici parler de compétence.

Les compétences manquent en Ariège. Ce n’est pas nouveau. Un simple instituteur sachant lire et écrire, et ayant acquis de républicaines et fallacieuses notions de l’Histoire, peut être amené à traiter avec de redoutables hommes d’affaires sur la base de beaucoup de millions d’euros. Si tout se passe bien, selon les règles qui régissent les affaires, l’instituteur finit par se faire baiser. Et il se fait baiser d’autant plus qu’il n’a pas rechigné franchement à profiter de petits cadeaux qui n’ont en rien l’allure obscène que la corruption confère en principe à ce qui relève de son application.

Pour pallier ce genre d’aventure, il faudrait que les hommes d’affaires se retrouvent systématiquement en face de techniciens compétents capables de mener la barque sans se faire avoir et pourquoi pas sans accepter les petits cadeaux de remerciements auxquels ils ont légalement droit, n’en doutons pas.

Seulement voilà, les compétences manquent.

D’ordinaire, chez les gens bien équilibrés du point de vue social, celui qui reconnaît son incompétence fait appel à la compétence pour résoudre le problème posé par les hommes d’affaires, lesquels ont l’habitude d’accompagner toujours leurs bienfaits de sous-jacentes conditions. Mais comment un incompétent peut-il choisir les compétences qui lui font défaut ? C’est un problème sans solution.

Il faudrait donc, pour bien faire, n’élire que des gens réellement compétents. Or, c’est impossible. Il n’y en a pas. Et s’il n’y en a pas, c’est parce que les gens comme Louis Marette ne font rien pour les retenir et même pour les créer. On se retrouve dans un petit monde d’instituteurs, pour ne citer que cette petite profession qui n’a d’intérêt qu’à l’heure d’enseigner des rudiments certes nécessaires, mais auxquels il manque ce qui ne doit en aucun cas manquer au pouvoir décisionnaire : la science.

C’est un fait. Et sa portée ne se limite pas à nos montagnes et à nos plaines. C’est tout le territoire national qui en est affecté. Même notre premier ministre est un petit homme sans envergure. Et l’ancien président n’avait pas même l’allure d’un président.

En France, nous sommes pauvres en compétences dès qu’il s’agit de politique et de droit. Alors que beaucoup de nos entreprises sont porteuses d’avenir et savent s’appliquer au présent avec efficacité et attirer les reconnaissances nécessaires à leur diffusion.

Pourquoi ?

Mais parce que nous n’avons pas su, dans le passé, d’où viennent Louis Marette et ses acolytes mercenaires, préserver la connaissance au détriment de l’arrogance et de la paresse.

La solution ?

Il n’y en a pas. En tous cas pas d’immédiate. La société française ne s’est pas adaptée. Sa fraction moderne n’arrive pas à jouer le rôle de la nécessaire locomotive. À la place, on intronise des marettes et des bonrepaux, le bas de l’échelle intellectuelle et même de l’honnêteté qui l’élève. Et le haut du pavé de l’orgueil au service d’une « cohérence » qui aplatit tout ce qu’elle rencontre sur son passage.

Il ne faut donc pas s’étonner que Louis Marette se conforme bassement à la cohérence d’Augustin Bonrepaux. Hors de la mafia, point de salut. Et sans le système « cohérent », pas d’issue, l’impasse, comme on le voit dans beaucoup de villages où les esprits ne sont pas prêts à se plier à la raison du plus fort, ou, mieux dit, du plus complaisant serviteur des hautes œuvres de l’État et des basses besognes de ses administrateurs élus ou désignés.

Il faut donc vivre au jour le jour. Tel est le destin du Français, du moins dans les jours qui viennent. Et du coup, la règle typiquement française du « chacun pour soi et Dieu (ou l’État) pour tous » est un impératif. Chacun sa peau.

Une société de profiteurs et de dilettantes. Voilà ce qui se retrouve en conseil municipal. Rien pour l’avenir. Dans la perspective d’un sauve-qui-peut qui ne fera pas date, car Mazères est une anecdote dans le courant de l’Histoire. Et pas même exemplaire, si l’on en juge par les commentaires qui se retiennent de tout dire alors que nous sommes à la veille de voter, c’est-à-dire de choisir une majorité en principe respectueuse des minorités parce que celles-ci sont nécessairement le berceau de la Connaissance et du savoir-faire. Tu parles !

Au fond, c’est la loi anti indésirables qui s’applique, comme elle s’est naguère appliquée aux Juifs, aux communistes, aux Gitans et autres différences notables. « Si tu n’es pas content de vivre à Mazères, proclame Louis Marette, va-t-en ! »

Cette exclusion non forcée, c’est tout ce qui nous distinguera des méthodes plus radicales des pétainistes. L’écart n’est pas si grand que ça, d’un point de vue moral. Mais il permet tous les abus et toutes les aliénations.

Un monde de salauds qui compromettent l’avenir de leur propre succession. Je l’ai dit : chacun sa peau !

Et c’est en essayant de sauver notre propre peau qu’on ira voter, en principe pour Louis Marette qui n’a pas de projet, mais qui correspond à ce que recherchent les autorités qui nous gouvernent par simple effet de domination sans autre consultation que cette mascarade sérielle que sont les élections.

Alors pourquoi ne pas voter pour Pascal Lecerf ? Mais pour cette raison, je vous dis !

Seuls les plus courageux, et les plus fermes, voteront pour lui. On dit qu’ils sont plus nombreux que le dit Louis Marette qui est en train de mouiller sa culotte, et non pas le maillot comme il voudrait le faire croire. Attention à la fierté mazérienne, Loulou. Tu n’es pas d’ici, toi. Le gendarme me l’a dit. Et c’est la première fois que tu te confrontes à une véritable compétition démocratique. Ta formation fascisante va te coûter un bras. Ce sera toujours ça de moins à ton corps défendant. Ce n’est pas tous les jours que le violeur accouche contre toute attente.

Patrick Cintas.

 

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One Comment on “Discours sur la cohérence mercenaire de Louis Marette – par Patrick Cintas”

  1. […] Discours sur la cohérence mercenaire de Louis Marette – par Patrick Cintas Louis Marette est sorti flou sur la photo mais il conserve sa casquette de chasseur […]


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